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30.01.2017 : Shinrin Yoku est de retour ! ♥ Un nouveau thème, l'ère Neoboros, refonte des prédéfinis... Venez découvrir notre màj !

contexteShinrin Yoku, institut de magie d'excellence, est prêt à vous accueillir ! Dans une période de crise où vous autres, Magis, êtes les cibles du virus M, Shinrin Yoku vous promet sécurité et encadrement au sein de son île à la pointe de la technologie magique. Vous y serez suivis au quotidien par un personnel compétent et expert dans son domaine - nous sommes après tout les pionniers de la recherche scientifique sur les Yajuus. Médecine magique, Forces spéciales, Métiers de l'art, les parcours proposés sont nombreux et vous assureront un emploi à la fin de vos études, le tout dans un environnement unique en son genre !
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Intrigue

Il y a peu encore, Neoboros était un nom qui faisait rêver de nombreuses personnes. Cet organisme nous avait laissé croire que le problème des Yajuus et du Virus M pourrait être résolu grâce à leurs médicaments. Cela aurait pu être une bonne chose. Mais il semblerait que tous les grands noms cachent leur secrets.

Un scandale.On ne s'est rendu compte de rien, alors que sous notre nez. Sous nos nez, les Magis disparaissaient, tous les jours. Nous n'avions plus aucune nouvelle des habitants de Shinrin Yoku. Ils n'avaient plus aucune nouvelle de nous.

Et désormais, Neoboros s'est emparé du pouvoir.

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Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori
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Kinmokusei

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MessageSujet: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Mer 10 Aoû - 19:22

Paint me a wish on a velvet sky
FEAT. Chi ♥



― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Tu avais reçu dans l'après-midi un message te demandant si tu étais disponible et tu n'avais pas besoin d'en voir le destinataire pour savoir de qui il s'agissait. Si quelqu'un t'avait vu, certainement qu'il aurait pu témoigner du léger rictus qui a étiré le coin de tes lèvres. Tu avais répondu par une affirmation, ne donnant pas d'heure précise autre que le début de la soirée. Tu savais très bien que dans tous les cas, tu serais là assez tôt pour qu'il ne soit pas trop tard mais que tu ne serais pas non plus là trop tôt afin de ne pas bousculer ses plans -ou est-ce simplement les tiens que tu as peur de bousculer ? Ce n'est pas comme si tu avais grand chose à faire, à vrai dire mais il y a pourtant ce rituel que tu ne peux te résoudre à abandonner. Si tu ne le fais pas, certainement que tu te sentiras bien trop angoissé pour profiter de la soirée. Ce n'était pas le but, loin de là.

La journée n'avait pas été particulièrement bonne, tu crois, tu ne sais pas. Tu as perdu plusieurs fois pied sans que personne ne le remarque -tu n'es pas allé pleurer, c'est déjà bien. Tu as comme l'impressionq qu'il t'est vraiment impossible de passer ne serait-ce qu'une journée tranquille, normale et tu rigolerais presque à ce mot. C'est peut-être parce que tu ne l'es pas toi-même que l'adjectif te semble si loin, comme un rêve que tu ne peux même pas effleurer du bout des doigts. Tu avais paniqué à cause d'une histoire d'élève qui s'est mis à éternuer. En soit, ce n'était rien, ça arrive à tout le monde et même à toi, pourtant le fait que sa main n'est pas trouvé chemin jusqu'à sa bouche ni même qu'il ait pris le temps de s'essuyer ou d'aller se rincer t'a semblé plus qu'infecte. Et il était là, si près de toi. Tu n'avais jamais fait attention à ton voisin de rang jusqu'à maintenant, jusqu'à ce jour, cet instant précis où les microbes se sont répandus dans la salle de classe. Tu sais maintenant qu'ils sont là, bien là et que tu ne peux rien faire pour les fuir. Alors tu as essayé de cacher ton visage, un peu comme tu as pu -et si tu avais été autorisé, certainement que tu aurais sorti l'un de ces masques de chirurgien qu'ils portent tous mais voilà que le professeur t'avait repris, presque trop heureux de pouvoir te faire une remarque, toi qui essaye de te montrer si parfait.

Tu as pris deux douches, quand tu es rentré. Sorti de la première fois, tu avais l'impression d'être encore sale et alors que tu avais enfilé des vêtements propre pour lui rendre visite, il t'a fallu repasser sous la douche une nouvelle fois avant de ressortir de nouveaux vêtements. Et certainement que tu aurais entendu ta mère rigoler au loin, comme pour te faire comprendre que ce n'est pas normal ce que tu viens de faire. Mais tu t'en fous. Pour la première fois de la journée, tu as l'impression de te sentir bien, propre, sans que rien ne te dérange -puis, tu sens bon, c'est un plus à ce qu'il paraît.
Prenant simplement les clefs de ta chambre, tu as fait ton chemin dans le couloir pour rejoindre la chambre de la dite personne, et vraiment, on pourrait peut-être déceler de la joie dans ce regard. Tu as caché ton poing dans ta manche pour laisser le tissu taper contre la porte -hors de question que tu touches cela avec tes doigts et lorsqu'elle te laisse entrer, de ton accent bien tranché, tu la salues d'un « Hey » ainsi que d'un vague geste de la main. Tu sais qu'elle ne prendra pas mal le fait que tu ne la touches pas -tu espères, en tout cas, qu'elle comprend depuis le temps que tu ne le fais pas exprès, l'idée de toucher quelqu'un te semble toujours autant difficile. Et tes yeux se sont posés sur la pièces, tu as observé autour de toi et tu as laissé échapper un léger pouffement que tu as caché de ta main ; « Tu as rangé ? » as-tu demandé en connaissance bien entendu la réponse -ce n'était pas comme si cet ordre là était habitue et ça te fait plaisir, vraiment. « Tu savais qu'il ne me fallait que vingt-deux pas pour venir jusqu'ici ? » et tu partageais cela, parce que ce résultat semblait te satisfaire. Etrangement, le nombre vingt-deux te semble plutôt parfait. Pair et fait d'un chiffre pair, il aurait presque tout de la perfection. Et certainement que tu lui as déjà dit, le nombre de pas que tu as fait pour venir jusqu'ici, ce qu'elle ne sait probablement pas c'est que parfois tu refais le chemin plusieurs fois afin d'arriver au même résultat. Et c'était certainement une bien drôle façon de saluer la belle, que tu avais là.
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Mer 10 Aoû - 23:41
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feat. jasmin

tu n'as jamais aussi bien rangé ta chambre, chidori.

Tu avais déjà commencé à tout ranger, à peine rentrée, avant même de sentir ton holokit vibrer contre ton bras tandis que tu t'appliquais à enlever les ronds qu'on laissé ta tasse sur ton bureau. Fichu café que tu ne sais visiblement pas boire correctement. Tu fais une pause dans tes efforts pour nettoyer le bois, le sourire plaqué sur tes lèvres alors que tu t'assures du nom de l'expéditeur. Aujourd'hui encore, tu as bien fait de te concentrer sur cette tâche sans attendre la réponse, sans savoir s'il viendrait. Tu as juste croiser les doigts, mais tout cela t'aurait permis de ne pas le faire pour la prochaine fois. Car il y a toujours une prochaine fois, avec Jasmin. Tu ne sais pas ce qui le pousse à revenir sans cesse mais tu ne t'en plaindras pas. C'est avec plaisir que tu le vois, durant des soirs comme celui-ci, ou tu n'es pas obligé de travailler à la supérette, ou tu as un peu de temps à toi, pour toi. La vraie toi. Tu n'as pas pris le temps de lui répondre, d'ailleurs, que tu t'es déjà attelée à une autre tâche, te jurant de revenir sur ce problème de café plus tard, te concentrant à jeter toutes ces boules de papiers traînant par terre. Des cours, des gribouillis mais aussi des notes ou des feuilles vierges froissées. Ta chambre n'est absolument pas propre et tu te dois d'y remédier, ceci au nom de Jasmin.

Tu fais en sorte de tout préparer, tu as tout planifier. Tant de temps ici, tant de temps sur cela, mais aussi un minimum de dix minutes pour passer dans ta ville sur ta 3DS afin de vérifier si tu n'as pas de courrier, trouver le rocher aux clochettes, mais aussi celui aux pierres précieuses, sans oublier récupérer les fossiles. Au fond de toi, tu te déculpabilises en te disant qu'il comprendrait forcément cet écart de conduite, car qui peut en vouloir à ses adorables créatures peuplant ton village. Or, l'heure te rappelle bien vite à ton devoir et tu ne t'es jamais autant dépêchée à tout ranger, tout nettoyer et tout frotter, rangeant ta console sous ton oreiller alors que tu regardes le résultat final, la poitrine gonflée de fierté. T'as chambre n'a jamais été si propre, bien que tu es horriblement sale suite à toutes ces roulades afin d'enlever la poussière de sous ton lit et dans les coins de ton bureau. Tu as des poussières dans les cheveux, d'ailleurs, et tu es pleine de sueur. Un rapide regard sur ton portable te fait comprendre que tu dois faire très très vite avant qu'il n'arrive. Dix minutes maximum, probablement. Alors tu files, plus rapide que la lumière, manquant d'écraser ton visage contre la baie vitrée de ta douche dans la précipitation. C'est probablement la douche la plus rapide du monde, d'ailleurs, mais elle était probablement nécessaire. Non pas à cause de tes activités de la matinée où tu es juste restée avec ton petit groupe à les écouter parler, parlant de temps à autres, mais bien à cause de cette course aux ménages pour tenter de faire la surprise à Jasmin. Tu n'as jamais compris ce qu'il avait vis-à-vis de la saleté, mais tu penses savoir qu'il s'agit d'un maniaque du ménage, alors pour une fois après toutes ces années, tu comptes l'épater.

Le bruit de la porte cogne enfin alors que tu te précipites sur la poignet. Tu l'ouvres quand bien même très délicatement afin de ne pas déranger les voisins et surtout de ne pas prévenir les autres de votre petit rendez-vous. Tu as du mal à empêcher tes lèvres de s'étirer et des yeux de briller de quelques étoiles, même si tu vérifies rapidement qu'il n'y a personne d'autres dans le couloir. Tu as l'impression de l'avoir entendu des centaines de fois son « hey » qui lui sert de bonjour. C'est sûrement le cas, d'ailleurs. Tu hoches la tête pour lui rendre la pareille, te décalant sur le côté pour le laisser entrer. Il rit et tu ne sais pas quoi en penser, mais ses mots te rassurent et, toute fière de toi, tu écartes les bras comme pour lui montrer l'étendu de tes talents de ménagères.

— C'est tout de suite plus propre, n'est-ce pas ? J'ai pensé que ça serait plus agréable, pour une fois !

Tu en envie d'ajouter que même les moindres recoins sont nettoyés, ce qui n'est pas chose naturelle chez toi, mais tu es sûre que cela ne l'aurait pas empêché de venir, dans tous les cas, où tout du moins tu l'espères. Tu t'es appliquée, faisant en sorte que le nettoyage de printemps ne soit plus retardés de nombreuses années et d'autres jours où la motivation ne se présentait pas. Tu es tellement heureuse et surprise par toi-même que tu as presque loupé ses paroles, choses que tu veux à tout prix éviter. Vingt-deux. Cela semble familier, te laissant une impression de déjà vu. Au fond, ton esprit ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement entre le podomètre et les vingt deux pas. En un peu plus de quatre aller, tu peux avoir une pièce Nintendo. En neuf allers, tu peux voir un meuble spécial dans Animal Crossing. Tu sais que tu t'es déjà fait cette réflexion, alors tu supposes que ce n'est pas la première fois que vous avez cette discussion. Néanmoins, cela t'étonne toujours, cette exactitude des chiffres.

— C'est une bonne chose, que ce soit vingt-deux et non un autre ?

Tu ne sais pas si cela signifie que c'est trop loin, trop fatiguant, ou juste pour te signaler que ce n'est qu'une balade qui ne signifie rien, qu'il ne vient ici que parce que vous vivez à vingt-deux pas. Vingt-deux pas l'un de l'autre, seulement. Tu es inquiète, inquiète que ce soit cela. Tu as le cœur qui se pince tristement et tout ce que tu veux, c'est te dire qu'il fait ses vingt-deux pas pour toi, car il pourrait tout aussi bien les sauvegarder. Mais tu ne restes pas là, à attendre la réponse. Tu fermes la porte derrière vous, afin de refermer votre forteresse. Celle que tu vois avec tant de couleurs, tant de bonheur. Aussitôt, tu te diriges vers ta bouilloire, lui tournant le dos afin de sortir une tasse, demandant au passage,

— Tu veux quelque chose à boire ? Café, thé, eau ?

C'est un peu tout ce que tu as ici; ton palace n'est pas adapté au plus grand des gourmets mais tu te doutes qu'au fond, il n'est pas ici pour boire et que cela devrait lui convenir. Tu ne sais même pas pour qu’elle raison il continue d'être là, mais cela te convient si bien que pour un peu tu en aurais oubliais de mettre de l'eau à chauffer afin de sortir ton établi et ta palette que tu as tendance à dire aux miles et une couleurs, extravagants mensonges. Tu continues de parler, comme animée par un désir fou de faire la conversation. Il faut dire, aussi, Chidori, que tu as l'impression que tu ne parles que dans d'un instant comme celui-ci.

— Ta journée s'est bien déroulée, Jasmin ?

Le sourire sur tes lèvres, tu ne peux pas t'empêcher de vouloir savoir ce qu'il en est de sa petite vie. Probablement l'habitude de commérer, bien qu'avec lui; jamais.



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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Jeu 11 Aoû - 10:38

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― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Elle te dit que c'est probablement plus agréable ainsi, pour une fois et tu n'as pu que acquiescer ses paroles. Tu ne sais pas vraiment si c'est agréable, si c'est le mot à utiliser mais il est vrai que tu te sens mieux dans un espace rangé, droit, carré. Tu ne te souviens pas lui avoir expliqué pourquoi. A vrai dire, tu n'es même pas certain que cela s'explique ou que tu sois capable de venir placer des mots sur cette chose terrible ; tu aurais pu, si tu avais décidé de te faire soigner -ou s'ils avaient décidé de te faire soigner, de te mener voir quelqu'un. Ce n'était pas qu'une phase, apparemment, comme pouvait le penser les membres de ta famille. Enfant, ils étaient là à te prendre dans leurs bras en disant que ce n'est pas grave, que ça va passer -il est juste propre, comme enfant, disaient-ils en essayant de sourire, sans vraiment faire attention. Ils ne se sont pas rendus compte que les années passant, ça ne s'est jamais arrangé, voire ça s'est aggravé. Tu sais pourquoi, au fond. Elle te pensait déjà différent, un peu plus, un peu moins, ce n'était pas si important, n'est-ce pas ? Il n'y avait qu'à rajouter sur une longue liste de bizarrerie, celles-ci. Il n'avait qu'à pas avoir des pouvoirs, peut-être aurait-il été normal, des mots qu'elle pensait très certainement soufflés à ton paternel sans que tu ne les entendes, mais tu étais là. Encore, toujours, peut-être trop souvent d'ailleurs. Tu as bien les oreilles qui trainent là où il ne faut pas, quand il ne faut pas et tu te doutes que ces mots ne t'étaient pas directement adressés. Ils contrastaient tellement avec les quelques phrases pleines d'amour qu'elle pouvait te dire ; tu en ris un peu, maintenant, quand tu y penses. Ses je t'aime en bois qui semblaient si vrais dans tes oreilles d'enfant un peu niais. Tu aimerais croire un peu plus en ce qu'elle te disait, tu aimerais croire un peu plus en ses vérités mais tu n'y vois plus que quelques mensonges -tu ne vois, de toute manière, plus que des mensonges partout autour de toi, comme si l'Homme ne savait faire que ça sans aucune sincérité. Tu n'es pas forcément mieux, n'est-ce pas ? Et tu ne dis rien de plus. Au fond, tu devrais la remercier, non ? C'est peut-être pour toi -ou en tout cas tu oses l'espérer, qu'elle a fait ce genre de choses. C'est peut-être pour toi qu'elle s'est démenée -et tu en es reconnaissant, vraiment. Tu lui as adressé un autre sourire, quand tu as hoché la tête, pour lui dire oui. Parce que tu ne sais comment la remercier autrement et tu aurais l'air bien idiot, si ce n'était pas pour toi, si elle avait juste eu envie de faire du ménage, si elle n'avait même pas pensé au fait que tu n'aimes pas le désordre. Tu aurais l'air con de te croire un peu, en quelque sorte, important alors que peut-être, tu n'es rien de plus que Jasmin, juste ça. Et bien que cela te semble déjà assez, tu n'as pas le droit de te hisser à une place que tu ne fais peut-être qu'imaginer -rien ne te dit que tu es le seul. Tu ne sais pas si de toute manière, cela a une vraie importance. Oui, peut-être. Peut-être que si elle te disait que tu es le seul, ça te ferait plaisir, peut-être que tu serais heureux, mais tu ne peux pas dire non plus que tu es triste ; non, à vrai dire, malgré tout, t'as un peu le coeur qui bat fort, t'es content d'être là, c'est certainement tout ce qui importe.

Elle te demande si c'est une bonne chose et tu hausses les épaules, sans vraiment comprendre où elle veut en venir ; « C'est... juste... » et tu ne sais pas trop comment expliquer ça, elle te pose comme une colle, là. C'est une bonne chose ? Tu hoches la tête. « Hm, oui. C'est une bonne chose. » C'est une bonne chose pour toi, en tout cas, certainement pas pour les autres. « C'est un joli nombre, vingt-deux. » et tu ne sais pas très bien si elle va comprendre où tu veux en venir, si elle va comprendre ce que tu veux dire mais tu ne peux pas la laisser croire que ces vingt-deux pas est la seule raison de ta visite. Il est simplement important pour toi de dire ce genre de choses -ou simplement de les compter, c'en est presque vitale et tu le sais bien vu le nombre de fois où tu as recommencé ce trajet, pour une raison où une autre, parce que tu n'arrivais plus à vingt-deux mais à vingt-quatre ou vingt-et-un, parce que tu n'avais cette perfection -vous savez, celle qui t'obsède, qui semble te gâcher quelque peu la vie, qui semble régner sur chacune de tes actions. C'est bien vingt-deux, tu pourrais t'attarder sur la beauté de ce nombre, sur à quel point il semble satisfaisant mais tu n'en fais rien parce que c'est probablement trop bizarre pour elle, puis ce n'est pas vraiment normal, pas vraiment compréhensible. Tu lui laisses juste savoir que c'est joli -et tu ne peux attendre d'atteindre tes vingt-deux ans, quelle année satisfaisante, n'est-ce pas ? Elle ferme la porte de vos rêves et te propose à boire, léger sourire sur ton visage pâle ; « Du thé, s'il te plaît, merci... » parce que c'est très certainement ce qui te gardera en forme mais qui te détendra aussi. Le café semble un peu trop taper sur tes nerfs et l'eau... Tu ne vas pas t'étendre sur l'eau ; c'est de toute manière le chose que tu sembles boire le plus souvent, non ? Le thé sera très bien. Ca fait un peu comme une grande occasion, un peu la boisson spéciale de ce soir. Elle te demande de ta journée. Tu as haussé les épaules. « Je ne sais pas trop, quelqu'un a éternué en classe tout à l'heure, j'ai paniqué je crois... » Il n'y a pas une journée que tu passes sans paniquer une seule fois et tu le sais, à quoi bon préciser ? « J'espère juste ne pas tomber malade, j'ai pris deux douches en rentrant et j'ai changé plusieurs fois de vêtements aussi, ça devrait aller...Peut-être. Je prendrai certainement une autre douche en rentrant... » et ta peau doucement irrité de tout cela, comme si elle n'arrivait pas à s'y habituer et tu adresses un léger sourire à Chidori, comme si c'était normal ce que tu venais de dire, alors tu rajoutes, un peu ; « C'est une journée plutôt normale, j'ai envie de te dire... Quelque chose du genre. » Et tu as légèrement pouffé. Ton quotidien n'était pas vraiment fabuleux depuis trois ans que tu es ici, mais tu commences à t'y faire. Tu es un peu mieux, oui, certainement. Moins paniqué, moins stressé -quoi qu'il t'arrive encore de pleurer. « Et toi ? Vas-y, raconte-moi, je veux savoir. » Tu l'as invitée à raconter sa journée à son tour. Tu ne portes habituellement pas ce genre de commérage dans ton coeur et pourtant, tu sembles t'intéresser à sa journée -tu t'y intéresses vraiment, en plus de ça, ce n'est rien d'un mensonge. Bien que la vie des autres n'est probablement pas ton roman préféré, tu sembles tout ouïe quand il s'agit de la journée de la belle, et tes grands yeux rivés sur elle, tu ne boiras que ses paroles -et le thé qu'elle te prépare avec autant de gentillesse.© Napster
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Jeu 11 Aoû - 14:53
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Tu ne peux pas t'empêcher de sourire, parce qu'il vient de t'avouer que ces vingt-deux pas sont une bonne chose, qu'il s'agit d'un joli nombre. Alors toi, tout ce qui te vient à l'esprit, c'est que c'est une belle façon de voir le monde. Vingt-deux. Tu as envie de le répéter à tue-tête. Vingt-deux. Tu veux le garder au fond de toi, comme un précieux trésor. Vingt-deux. C'est un peu ce qui vous uni, lui et toi. Cela rend ton cœur léger, serein. C'est la beauté du nombre qui l’intéresse. Tout est souvent question de beauté, avec vous. Sans cette notion, tu ne lui aurais probablement jamais parlé, à Jasmin, tout du moins pas comme tu le fais là, pas comme tu le fais depuis désormais des mois, si ce n'est des années. Tu te souviens encore de la première fois où tu l'as aperçu. Tu t'en rappelles comme si c'était hier. Ton regard avait été attaché, capturé par cette personne. Tu ne connaissais ni son nom, ni son âge; tu ne savais alors rien de lui. Pourtant, son image avait été gravé dans ta mémoire, comme au fer rouge, sans que le temps n'efface le visage. Tu te souviens ne jamais avoir eu envie de fermer les yeux, ce jour-là, d'être restée là, immobile avec la clé de ta chambre en main. Déjà, ce jour-là, il n'y avait que vingt-deux pas. Vingt-deux pas entre lui et toi. Vingt-deux pas que tu n'avais pas tout de suite traversé, bien que ton esprit te criait de les faire. Les vingt-deux pas auraient pu être dix grandes enjambées, qui sait. Mais ce jour-là, tu étais juste restée là, avant de te rendre compte que tu l'avais déjà bien assez fixé, rentrant rapidement dans ta chambre. Le visage en tête, les idées affolées. D'aussi loin que tu t'en souviennes, tu n'avais jamais été aussi intriguée par quelqu'un, Chidori. Pourtant, c'était là, au fond de toi, l'envie de peindre ce que sa présence t'avait murmurée si discrètement à l'oreille. Le serpent du jardin d'Eden, mais tu ne pouvais pas résister à ses mots. Alors tu t'es laissée charmée, allant jusqu'à demander à la source de tes maux s'il accepterait, à tout hasard, de poser pour toi, ou ne serait-ce qu'être à côté lorsque l'envie de peindre est là. Tu avais fait ces pas, ces vingt-deux magnifiques pas pour lesquelles résultent ces si beaux moments. Ces vingt-deux pas que tu ne regrettes pas, et que tu ne regretteras pour rien au monde. Alors tu hoches la tête en signe de compréhension, car tu ne sais pas comment être en désaccord avec cet homme. Tu as même envie de le prendre dans tes bras pour lui faire comprendre que tu sais, que tu penses savoir ce qu'il y a de beau dans ce vingt-deux. Mais, hélas, il ne s'agit que de ton opinion, rien ne prouve que ses raisons soient les même. Tu te retiens, car un faux mouvement et tout s'écroule. Une incompréhension et ce palace de calme se brise, causant le pire tintamarre que ton esprit pourrait connaître.

Tu te décides à sortir une autre tasse alors que l'eau chauffe encore, prêtant toute ton attention aux mésaventures de l'autre. Tu l'écoutes te raconter ce qui semble être un enfer et qui, pour toi, est tout à fait commun. Tu ne ris pas. Tu ne te moques pas. Tu compatis, tout simplement. Tu ne peux pas oser te tordre de rire en entendant cela, tu n'oses même pas imaginer le faire. Venant de lui, cela n'est pas drôle, car cela résonne comme une horrible histoire. Tu sais que tout cela est étrange, que tu ne comprends pas ce besoin d'être propre, d'éviter tout contact avec ces micro organismes. Tu ne pourrais pas, toi. Mais lui, lui le fait, et tu le respectes pour cela. Tu ne comprends pas ô combien cela est grave, tu ne comprends pas la véritable nature des choses et pourtant, tu te dis accepter ce choix, alors qu'il s'agit d'un mal qui ronge l'esprit. Au fond, peut-être devrais-tu faire pareil, afin d'enlever de ta peau, d'éloigner de toi, tout ce qui pourrait être la cause de ces horribles transformations. Mais tu n'es pas assez courageuse pour le faire. Tu n'es juste pas Jasmin, après tout. Tu ne montres rien de ton tracas, préférant lâcher quelques mots sur un ton que tu veux blagueur.

— J'espère que je ne tomberais pas malade à cause de toi, parce que sinon attention, je sais où tu habites !

Tu croises mentalement les doigts afin qu'il n'ai pas pris cela d'une mauvaise manière. Tu as l'impression de marcher sur un fil de fer, accroché à deux tours, et qu'un seul faux pas, une seule parole de travers suffirait pour couper ce sol d'infortune. Simple funambule incapable de prédire l'impact de tes mots, ne pouvant que prier pour ne pas retomber brutalement dans la réalité de la froideur. Parce que Jasmin est un rayon de fraîcheur, mais non glacial. Il est comme le premier rayon du matin, qui découvre la rosée sur les herbes fraîchement lavée. Il est ce qui semble être la première chose à voir le réveil du monde. Jasmin est celui a qui tu permets de voir certaines choses que tu caches à tous ces autres que tu fréquentes, que tu fais semblant de connaître. Il s'intéresse à toi comme tu t'intéresse à lui, de manière sincère et non pas ironique, non pas juste pour faire semblant. Il veut savoir, te dit-il, mais au fond tu ne sais guère quoi lui dire. Ta vie n'a rien d'extraordinaire en dehors de ces murs, elle est même dégoûtante. Pourtant, tu ne peux pas te résoudre à lui dire qu'il ne s'est rien passé, ou que tu as fait semblant d'exister. Tu ne peux pas t'y résoudre, parce que tu aurais l'impression de lui avoir extirpé des informations que toi, tu ne veux pas donner. Plusieurs fois, tu ouvres la bouche afin de commencer un récit, mais rien ne sort, alors tu la refermes tout aussi vite, alors que tu sers en même temps le thé dans une tasse, préparant ton café dans une autre. Finalement, tu lui as déjà tendu sa tasse que tu n'as toujours pas raconté ta journée. Alors, tu lâches un soupir, te disant que cela ne sert à rien d'autant réfléchir, que le pauvre risque de penser que tu ne veux rien lui dire de ce que tu as fait. C'est d'une manière beaucoup moins enjouée que tu finis par parler, comme si le peau du monde était sur tes épaules, tel Atlas.

— Je pense que c'était ce qu'on peut considérer comme une bonne journée … enfin je crois ? Un rire nerveux s'invita alors que tu fis une courte pause afin de savoir comment continuer. Je n'ai pas du travailler cette après-midi, alors j'ai pu nettoyer ma chambre de fond en comble, comme tu peux le voir. J'ai pas fait grands choses d'autres, tu sais, parce que ce matin j'étais avec les autres … et je pense que tu vois le genre de matinée que j'ai pu avoir, non ?

Parce que les autres, tu ne veux pas les nommer amis devant Jasmin. Parce qu'avec eux, tu ne partages rien, si ce n'est du temps et quelques mots. Dehors, c'est juste pour l'image, pour la forme; parce qu'ils ont bien voulu de la fausse toi. Mais au fond, ces gens là, ce n'est rien pour toi. Ces gens là, ils ne méritent pas que tu parles d'eux à Jasmin. Jasmin qui mérite d'être au dessus de tout cela. Jasmin qui mérite tellement mieux que ce que tu fais en dehors de cette chambre quand tu le croises. Tu es une horrible personne Chidori, si horrible que bien souvent, tu te hais pour ce que tu fais. Mais tu ne pleureras pas pour ça, parce que Jasmin mérite du bonheur et de la joie; non pas des larmes.
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Ven 12 Aoû - 12:08

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― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Sur le coup, tu as probablement eu l'air un peu déconcerté. Peut-être que tu n'as pas vraiment compris ce qu'elle t'a dit quand elle a émis  le vœu de ne pas tomber malade par ta faite. Tomber malade, c'est un de tes pires cauchemar et rien que d'entendre ces mots, tu as un peu l'impression que les microbes vous ont envahi, quelque chose du genre. Ils sont là à vous tourner autour, prêt à vous contaminer et tu as alors passé une main dans tes cheveux. Il fallait que tu te changes les esprits, que tu ne penses plus à ce genre de choses et tu as secoué négativement la tête doucement à ce qu'elle t'a dit. Oh non, ce n'est pas de toi qu'elle tombera malade, ça tu en es certain. Tu ne peux pas vraiment le lui dire ainsi, que ses potes sont sûrement ceux qui sont le plus sales, que ses potes sont sûrement ceux qui risquent de la laisser tomber malade, qu'ils sont ceux qui ne prennent pas soin d'eux, en tout cas pas comme tu le fais toi, en tout cas pas autant que toi. Tu voudrais lui dire qu'elle devrait faire attention, se méfier d'eux, un peu, parce qu'elle ne sait pas sur quoi elle peut tomber mais tu n'en fais rien, ce n'est pas ton rôle et tu n'as pas ta place pour faire ce genre de choses, de toute manière. Toi, tu ne te tomberas pas malade de toute manière, ça ne t'es jamais arrivé, rarement en tout cas. Tu n'en ris pas vraiment et tu te souviens de ce rhume en plein été que tu as attrapé parce que tu as réussi à tomber dans la rivière trop froide du voisinage. Tu veux bien être un homme, tu sais que vous avez tendance à exagérer quand vous êtes malades, que vous avez tous l'impression que vous allez tous mourir et ce genre de choses mais toi, là, tu avais vraiment l'impression d'être prêt à tomber. C'était un peu un enfer, et tu ne cessais de tousser, de chouiner, de geindre et de te plaindre, tellement qu'un jour on t'a dit que quand même, il vaudrait mieux que tu te taises parce que tu commences à saouler, n'est-ce pas ? Tu guériras, ce n'est pas la mort, tu es jeune encore et tu as bien le temps de tomber encore plus malade. Mais à partir de ce jour, d'une certaine manière, tu t'es promis de ne jamais retomber malade et c'est le cas ; tu n'es plus jamais tombé malade. Ni même le nez qui couple, ni même un petit rhume de rien du tout. Tu es en pleine forme -c'est comme ça que tu le dis mais il n'est étonnant de rien quand on voit que tu prends soin de toi peut-être un peu trop. Tu te dis qu'il vaut mieux ça que le contraire et certainement que c'est depuis bien longtemps une obsession, que c'en est devenu une maladie mais tu ne sais pas non quoi en faire. Mais la menace qu'elle fait suivre n'est qu'une plaisanterie et tu comprends qu'une fois de plus, tu as très certainement beaucoup trop réfléchis pour rien. Tu te sens comme soulagé, apaisé. Elle sait où tu habites, et ça te fait rire. Oui, tu rigoles. Doucement, quelque peu gêné même et tu as passé ta main devant ta bouche comme pour te cacher de cet acte qui semble honteux. Tu aimes bien rigolé, en vérité. Tu peux sentir tes yeux se fermer, la peau se plisser à leurs coin, tes lèvres s'étirer, tes joues se contracter et les muscles de ton visage faire quelque peu mal. Et tu ne rigoles pas souvent, alors, c'est une sensation toute particulière. Chidori est peut-être la seule à te voir rire ainsi. En quelque sorte. Ce n'est pas que tu n'aimes pas rire, ce n'est pas que tu ne sais pas rire avec les autres mais tu ne trouves pas le temps de le faire, l'extérieur te semble si dur et compliqué que tu n'as pas le temps de penser à ce qui t'amuse, à ce qui les amuse.

Et le silence retombe quelque peu entre vous, comme si elle réfléchissait à ce que tu lui as demandé. Tu t'en fous bien, du silence, il est tout aussi beau que les paroles et alors tu la laisses faire. Minutieusement, tu regardes ses gestes. L'eau qui se verse dans la tasse, le café qui suit la même route et la fumée qui s'en échappe en des formes abstraites et douces. Elles se mélangent en un harmonieux ballet et toi, tu trouves ça plutôt agréable alors quand elle te tend la tasse chaude que tu attrapes entre tes doigts sans cesse tremblant, tu souffles quelques instants sur l'objet de ton observation pour doucement lui donner une autre forme, pour t'en amuser. La brune se décide alors à parler, mais tu vois bien que son ton a changé, tu te rends compte qu'elle n'est pas vraiment contente et peut-être que tu n'aurais pas dû demander ? Peut-être que tu n'aurais pas dû lui en parler, très certainement qu'elle ne voulait pas te dire des choses comme ça ; ou peut-être que ce n'était juste pas une bonne journée ? Et tu réfléchis quelques instants où t'asseoir et tu vois le lit et tu te dis qu'elle a pris le temps de le faire et les draps sont tirés quasiment à la perfection, il te ferait presque mal au cœur de devoir les froisser alors avec un petit geignement parce que c'est de l'effort et une petite pensée du genre « que la Terre est basse », tu as posé tes fesses sur le sol en appuyant ton dos contre le dit lit. Et elle parle, elle te dit. Ce n'était pas forcément une bonne journée -tu l'avais deviné rien qu'à son petit air, rien qu'on hésitation et le soupir qu'elle a lâché en disait déjà bien long sur son état d'esprit. Tu t'en veux un peu, peut-être, de plomber l'ambiance en quelques sortes. Tes yeux se perdent dans la tasse dont le liquide calme ne semble pas faire une vague et voilà que la douce fumée vient s'échouer sur ton visage -peut-être même te rend-t-elle les joues rouges et tu écoutes ses paroles qui s'écoulent doucement. Et puis elle te dit qu'elle était avec les autres. Tu as alors relevé tes yeux vers elle, tu as un peu hoché de la tête ajoutant un : « Hm » d'affirmation qui signifie que tu comprends bien ce qu'elle veut dire mais que surtout, elle n'en parlera certainement pas plus que ça. Ca ne te dérange pas, les autres, tu ne les aimes pas non plus. Que ce soit avec elle ou avec d'autres, tu n'aimes pas l'inconnu, tu n'aimes pas l'Homme de toute manière et tu as tellement appris à le détester que tu n'es plus sûr de savoir comment l'aimer. Pourtant, il y a bien des exceptions à tout cela, tellement d'exceptions ; il n'y a qu'à voir Chidori, tu ne serais pas là si elle n'en était pas une, tu ne te retrouverais pas sur le sol de sa chambre à boire du thé si tu n'avais pas appris à faire des exceptions, à voir la vérité et alors tu as voulu lui adresser un sourire ; certainement pour la rassurer, certainement pour la faire oublier, certainement parce que tu veux que sa journée soit alors un peu meilleure. « C'est pour que je te remonte le moral que tu m'as demandé de venir, alors ? » as—tu alors demandé en rigolant légèrement et tu portes la tasse du liquide chaud à tes lèvres. Oui, certainement et au fond, ça te remonte un peu le moral aussi.

Tu ramènes tes jambes contre ton torse et tu poses ta tasse sur tes genoux. « Tu vas peindre aujourd'hui aussi ? » C'était une question idiote, parce que tu savais très bien qu'elle allait se mettre à peindre. N'est-ce pas ce qui vous lie, ses tableaux ? Alors oui, bien sûr qu'elle va se mettre à peindre et toi tu vas regarder ses gestes, tu vas regarder ses doigts habiles contre l'immaculée blancheur de la toile, et tu vas regarder ses mèches brunes qui contrastent avec sa peau pâle glisser quelque peu sur son front tandis que l'encre fera le même effet sur le tableau ; c'est un peu d'elle qu'elle met sur ces choses, tu le sais, des fois tu as l'impression de la voire dans ce qu'elle peint et même si apparemment, peut-être, elle ne s'en rend pas compte, toi ça te parle. N'est-ce pas fait pour ça, de toute manière ? Tant mieux, si les gens comprennent et simplement merci à ceux qui parviennent à dire que c'est beau parce que c'est ainsi qu'ils verront ses sentiments, la vérité de son âme ; ils verront quelque chose de beau. C'est toujours apaisant de la voir faire et même si vous ne parlez pas forcément, vous avez simplement votre manière de vous exprimer, de vous faire passer les choses et tu l'as alors regardé, soudainement un peu plus sérieux -peut-être ? Et puis tu as replongé ton regard dans ta tasse, laissant échapper quelques mots : « Tu sais qu'un jour, j'aimerais bien un de tes tableaux pour le mettre dans ma chambre ? » Tu dis ça comme ça mais en vérité, tu y tiens vraiment. Ce n'est pas vraiment une demande, juste une idée, ou tu ne sais pas trop, un truc comme ça que tu proposes, un truc qui permettrait peut-être de sceller ce lien dans la pierre -et peut-être que tu vas trop loin, peut-être que tu te fais trop d'idées et peut-être même qu'elle te rira au nez et pourtant, tu es si sérieux. « C'est pas juste d'avoir le droit de te voir faire tout ça mais de ne jamais en obtenir un ! Je suis jaloux. » tu exprimes cela en rigolant, tu n'es pas vraiment jaloux ce n'est pas ça mais  il est vrai que peut-être un certain sentiment de frustration a su faire son chemin dans ta poitrine. « Enfin, je ne dis pas ça pour que tu m'en peignes un, hein ! Je... C'est pas ça hein ! » Et soudainement, t'es un peu paniqué, tu ne veux pas qu'elle croit ce genre de choses, tu ne veux pas qu'elle pense que tu la pousses ou quoi et tu redresses enfin ton regard vers elle, comme pour voir sa réaction. Tu as presque envie de t'excuser, soudainement. Pardon, pardon mais tu ne dis rien.© Napster
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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Ven 12 Aoû - 18:25
J'ai tout rédigé sur ça si tu veux. https://www.youtube.com/watch?v=GJtsT5wVFvY

Paint me a wish on a velvet sky

feat. jasmin

Ton cœur, il se sert doucement alors que ton sourire est au plus radieux. D'habitude, tu ne réagis pas comme cela. D'habitude, tu restes droite, le visage froid, coupé des notions de bonheur qui existent dans le monde. Mais pas cette fois, pas là. C'est impossible de rester sans rien faire, sans que tes lèvres ne s'étirent pas d'elles-même. C'est impossible d'agir ainsi, alors que Jasmin rit. Tu as cessé d'essayer de combattre tes propres réactions depuis longtemps, car tu sais bien que cela est vain. Cette joie qui remplie les quatre murs est contagieuse, elle se développe si rapidement que la ralentir n'est plus utile. Alors, tu te laisses emporter par le flot, condamnée à savourer cette sensation à l'arrière goût sucré. Il a beau se cacher derrière cette main, il y a ces trémoussement du corps qui ne trompent pas, et tu les vois. Tu les repères aussi clairement que tu aperçois ses yeux se fermer alors que le rire résonne un tant soit peu dans la pièce. Le plus beau son qui est résonné ici en ta présence. Tu as cette envie de fermer les yeux, de l'apprécier de tout ton être, de respirer cette sonorité comme certains respirent ces fumées remplies toxines. Non, ce son n'est pas ta drogue mais pourtant, tu l'apprécies et tu ne t'en lasses pas. C'est là, ça sonne à ton oreille et sa résonne entre les murs. C'est là et tout d'un coup, disparaît. Mais pas ses effets. Pas ce sourire qui s'étale sur tes pommettes alors que plus rien ne se passe entre vous. Il reste ce calme, ce sentiment de paix et de bien être. Et pour une fois, rien qu'une fois dans ta vie, Chidori, tu as l'impression de comprendre le mot euphorie. Non pas bonheur ni même joie, mais cet état de béatitude où l'être se sent en harmonie avec le reste, sans que rien ne puisse le détacher. L'effet Jasmin, de ceux que tu ressens sans savoir par quel moyen. Tu ne sais pas s'il s'en rend compte, s'il a la moindre idée de ce qu'il se passe dans ton esprit quand il est ici; parce que même toi, tu ne sais pas. Tu ne te rends pas compte de tout. Tu sais des choses mais elles sont infimes. Tu ne sais pas que le mot qu'il manque lorsque tu veux le décrire est ami, bien plus que quelqu'un. Tu ne sais pas que ce que tu vis dans ce château de toiles, c'est ce que tu pourrais vivre en dehors si tu n'étais pas si imbue de te protéger du reste du monde. Tu ne sais pas tout cela, mais aussi bien d'autres choses. Tu ne sais guère ce qu'il y a dans sa tête, dans ses pensées, mais tu sais qu'il ne sait pas non plus ce qui vit dans les tiennes. Il ne connaît pas l'effet Jasmin, lui, et tu te dis parfois qu'il en aurait tellement besoin. Tu ne sais pas si c'est l'effet Chidori qui le fait rire, car tu ne sais pas vraiment comment il est ailleurs, dehors. Et tu ne sais pas si tu peux te permettre de savoir cela.

Tu as fait en sorte de lui donner la tasse la plus propre que tu possèdes, non celle qui jaunis à cause des litres de café qu'elle rencontre. Tu étais arrivée avec une unique tasse, d'ailleurs, mais l'achat d'une seconde t'avait semblait obligatoire. Tu n'invites pas souvent des personnes chez toi, et rarement assez longtemps pour leur proposer à boire, s'agissant bien plus souvent de passages en coup de vent, mais tu avais du acheter une seconde tasse. C'était obligatoire, non négligeable. C'était sa tasse. Celle que tu laves après chacune de vos rencontres, avec concentration afin de ne pas la laisser s'incruster de la couleur du thé, mais aussi celle que tu ne prêtes à personne d'autre. C'est sa tasse après tout, la sienne. Tu ne sais pas s'il s'en rend compte, mais cela a à tes yeux une signification très profonde que tu renies probablement inconsciemment. Cela veut dire que tu tiens à lui plus que ces personnes avec qui tu parles, avec qui tu te montres. Cela veut dire qu'au fond, tu le considères un peu comme ton ami, et des amis, tu en as si peu. Alors oui, tu es là, à devoir expliquer que tu as passé ta matinée en compagnie de ces personnes que tu supportes à peine mais que tu as choisi de côtoyer. Tu lui expliques alors qu'il s’assoit à même le sol alors que lit est à quelques pas à peine. Tu le vois perdu arrière, à fixer le thé que tu lui as servi et au fond, tu ne sais pas si c'est une bonne chose. S'il ne t'écoute pas à ce moment-là, cela ferait comme s'il ne savais pas que tu es une horrible personne, une terrible amie. Mais ses yeux se relèvent vers toi et tu sais qu'il sait. Il hoche la tête et tu te sens condamnée, jugée, car tu oses te montrer avec toutes ces personnes. Tu n'as pas dit grands choses à ce sujet et pourtant, tu as ce sentiment que cela était déjà de trop entre vous. Ils ne méritent pas que tu lui en parles, mais pire encore, Jasmin ne mérite pas d'en entendre parler. Pourtant, il te décoche un sourire et tu ne sais pas ce que tu as fait pour mériter cela, pour le mériter lui. Et il est là, à comprendre peut-être ce que toi, tu ne comprends pas. Parce que sa présence te remonte le moral et que tu ne peux pas le nier. Alors tes lèvres s'étirent de plus belles, comme pour acquiescer ses dires. Mais ce n'est pas tout, Chidori, car tu as cette envie de reprendre la parole, de lui annoncer qu'au fond, c'est une bonne journée aujourd'hui, parce que celle-ci n'est pas finie. Qu'au fond, il est celui qui la rend incontestablement meilleure, rien que par sa simple présence. Et le pire dans tout cela, c'est que tu ne sais pas si cela te rendrait égoïste à ses yeux si tu lui avouais. Alors tu réponds avec malice.

— Tu sais très bien que non, Jasmin.
Et tu mens, encore une fois.

Tu le vois toujours par terre et c'est presque instinctivement que tu te diriges vers ton lit afin d'en retirer l’oreiller et de lui tendre. Tu ne sais pas s'il va l'accepter, mais tu y tiens, car le voir ainsi te fait un peu mal au cœur, sachant que tu possèdes quand même un lit. Tu ne peux pas le forcer à s'asseoir dessus, mais tu espères qu'il accepte le coussin afin d'être plus confortable, car tu crains que le sommier ne soit clairement pas confortable. Il y a sa voix qui résonne et tu as presque l'impression d'entendre un enfant demander à ses parents s'il va manger ce soir. Tu ne sais pas s'il s'agit d'une question rhétorique mais tu hoches la tête, car il s'agit bien de ce que tu fais ici alors que ses yeux regardent les couleurs se rencontrer. Dans ces instants-là, tu te concentres sur tes idées, tes pensées, mais aussi sur lui, parce que tout à tendance à être plus simple, plus clair et plus concis quand Jasmin est dans les parages. Tu es plus satisfaite de ce que tu fais alors que ce n'est toujours pas assez, toujours pas assez bon à tes yeux. Mais c'est mieux, mieux qu'avant, mieux que ce qu'il t'arrive de faire alors que Jasmin n'est pas là. Tu espères qu'il sait, qu'il est au courant de tout ce qu'il te permet de faire et que tu ne pourrais pas le remercier assez si tu le remerciais. Mais tu ne le remercies pas, tu n'oses pas. Tu ne sais pas s'il comprendrait pourquoi tu lui dis « merci » ou même « merci Jasmin » afin de prouver que ce mot est bien pour lui, qu'il lui appartient entièrement. Parce qu'il les mérite que tu lui dois bien ça. Pourtant tu ne lui as toujours pas donné, de peur qu'il s'envole après l'avoir reçu. Au fond, tu ne supporterais probablement pas la séparation, alors tu gardes ce simple mot pour toi. Tu es un peu dans tes pensées, à force de t'interroger à ce sujet, que tu entends à peine les mots de l'autre. Tu dois te faire force pour les mettre bout à bout, pour les comprendre. Mais la réalisation est brutale. Tu sens ton visage se réchauffer et tu as envie d'enfouir ta tête dans l'oreiller que tu tiens dans ta main. Ce n'est pas de la honte, mais de la gêne. Tu ne sais pas s'il blague mais cela te fait tellement plaisir que ton cœur fait doki doki. Il n'y a personne qui ne t'ai jamais demandé ça et soudainement, cela ressemble presque à la plus belle chose du monde. Et il continue, le rire à la gorge, mais tu sais à la suite qu'il ne se moque pas, qu'il est sincère et tu bafouilles à moitié. Tu ne pensais pas te retrouver dans cet état là un jour, Chidori, justement dans tous tes états, mais te voilà bel et bien à te retenir de rouler en boule par terre en voulant te morfondre comme une autruche. Tu as les yeux qui pétillent de joie alors que tu sais très bien que tu n'as toujours pas replis de ta pâleur. Mais tu t'en fiches, parce que tu te retiens si mal que ta voix à une intonation d'enfant à qui on offre un merveilleux cadeau quand tu demandes;

— C'est vrai ? L'envie de sauter au plafond qui cogne dans ton ventre, dans ta poitrine. Vrai de vrai ?

Tu ne sais pas comment y croire, car tu n'as jamais espérer cela. Il s'agit là du plus beau compliment que tu n'ai jamais eu et tu n'arrives pas à t'en remettre. Tu veux presque le prendre dans tes bras, tellement tu es heureuse. Pourtant, tu te retiens, car tu sais qu'il n'aimerait pas, que ce genre de choses ce n'est pas pour vous, ô combien l'envie peut parfois être présente. Pourtant, tu te rapproches, tu t'assois par terre, juste devant lui, l'oreiller serré contre toi, comme s'il s'agissait de lui. Tu ne peux pas t'empêcher de pétiller de joie alors que ton regard ne sépare pas de son visage. Et tu sais qu'au fond, il n'a qu'à demander pour que tu lui donnes. Tu es décidé à lui faire comprendre, à lui dire clairement ce qu'il en est.

— Tu sais Jasmin, tu peux choisir n'importe laquelle de mes toiles, ou même de mes dessins. Parce que c'est vrai, il peut avoir n'importe laquelle. N'importe lesquelles, même. Tu peux même en choisir plusieurs, tu sais ?

Parce que tu serais honorée que sa chambre soit ornée d'une de tes œuvres. Cela sonnerait comme un résultat concret dans ta vie d'artiste. Tu pourrais t'arrêter là, à ce moment précis, et le laisser choisir ce qu'il veut prendre, mais ce n'est pas suffisant. Car Jasmin mérite mieux que tout cela et tu as besoin qu'il le sache. Tu as besoin qu'il soit au courant tout ce que tu as là n'est rien comparé à tout ce qu'il mérite. Il mérite un Géricault, si ce n'est plus. Rien ne serait trop beau pour lui si ce n'est l'apogée de l'art elle-même. Et ton esprit est trop encombré de joie pour réfléchir à ce que tu dis, à ce que tu annonces fièrement, sûre de toi.

— Mais tu sais Jasmin, tu mérites tellement mieux que ça. Avais-tu commencé, le cœur battant. — Toi, tu mérites mon plus beau chef d’œuvre, celui pour qui tout artiste est né afin de l'accomplir. Celui qui n'existe pas encore mais que tu te sens capable de créer, pour lui, pour Jasmin. Celui que je n'ai pas encore fait, mais que toi seul peut m'inspirer.

Parce qu'au fond, c'est pour cette raison que ce jour-là, tu avais franchi ces vingt-deux pas.
C'est pour cette raison que vous êtes là.
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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Sam 13 Aoû - 16:02

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― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Elle prend soin de toi. Elle. Prend. Soin. De. Toi. Toi. Toi de qui on rigole. Toi de qui on rigole. Toi de qui on s'amuse. Toi qui n'est pas vraiment le genre de personne qui attire l'attention de la bonne manière. Toi qui ne prend soin de personne. Elle prend soin de toi, le petit cas comme ils le disent si bien, et ça te fait rire, ça te fait sourire. Elle prend soin de toi, te répètes-tu encore et encore, tu le sais, tu le vois. Il y a plein de petites attentions qui peut-être pensent-elles inaperçues mais que tu as relevé ; parce que tu es observateur, parce que tu prends ton temps, parce que c'est tout simplement pas très difficile de voir les efforts qu'elle fait mais qu'elle tait. Tu te tais aussi, parce que tu sais que ce n'est pas toujours agréable d'en parler. Peu habile avec les mots, toi comme elle, vous êtes de ceux qui ne savent pas comment dire les choses et qui alors préfèrent agir que parler. Tu la comprends très certainement et pourtant, tu voudrais peut-être essayer quelques mots un jour, placer peut-être quelque chose sur ce que tu penses d'elle, sur ce que tu penses de ses gestes. Tu es certain que ça lui fera plaisir, que tu relèves ses efforts -et il n'y a qu'à voir la propreté de ta tasse pour en témoigner. Elle semble prendre cela à cœur, vraiment et toi, ça te prend le cœur avec. Elle prend soin de toi, dis-tu encore, quelque part dans ton petit crâne, parce qu'au fond tu n'arrives pas à le croire. Tu ne peux pas dire que personne ne prend soin de toi, tu sembles t'être amélioré quand il en vient à faire pitié, mais très certainement qu'ils sont peu à le faire comme elle, pour rien, comme ça. Pour rien ? Tu ne sais pas si c'est vraiment le cas, tu attends toujours qu'elle te demande quelque chose en échange, tu attends toujours qu'elle te dise que sa bonne action est terminée, qu'elle n'a plus besoin de s'occuper de toi. Tu ne sais pas si dois continuer de penser cela et tu ne sais pas sic 'est une bonne chose que de penser qu'elle se sert de toi pour soulager ses épaules d'une quelconque culpabilité ; si c'était le cas, perdrait-elle vraiment son temps à te mettre ainsi à l'aise ? Tu devrais cesser d'être méfiant, d'elle, des autres. Tu devrais cesser de te penser persécuter, ignoré, mal-aimé parce que ce n'est pas ce qui te mènera à la réussit. Elle prend soin de toi, n'est-ce pas la plus belle chose qu'on puisse faire quand on apprécie quelqu'un ? Et tu ne sais pas très bien si tu prends soin d'elle, toi. T'es peut-être encore un peu égoïste, égocentrique, peut-être que tu ne sais pas très bien faire ou peut-être que tu n'as jamais réfléchi à comment le faire. Tu aimerais pourtant qu'elle se sente comme toi, tu aimerais pourtant qu'elle te dise que d'une certaine manière, elle a l'impression que tu prends soin d'elle. C'est un peu comme ça que ça devrait marcher, n'est-ce pas ? Il faut donner pour recevoir, recevoir pour donner. Un prêté pour un rendu, disent-ils et toi tu as comme l'impression de ne jamais vraiment prêté. Tu ne sais pas, pourquoi elle est comme ça avec toi, en vérité, tu n'as jamais compris ce qu'elle trouvait de si intéressant en ta compagnie. Tu manques probablement bien trop de confiance en toi pour accepter le fait que ta simple présence soit quelque chose qui puisse plaire ou être demandée. Tu te dis qu'il y a toujours quelque chose, une anguille sous roche -un éléphant sous caillou, un peu comme si tu n'étais pas quelqu'un en soit mais un simple moyen pour accéder à autre chose. Il faut savoir te considérer comme une fin en soit et non comme un objet qui permette d'atteindre un but ; tu auras peut-être ainsi une estime bien plus grand de toi, et pourtant, il te semble vraiment difficile de faire face à une telle chose. Pourtant, toi, pourquoi est-ce que tu continues de venir la voir, la douce Chidori ? Y a-t-il quelque chose que tu attends en retour, quelque chose que tu n'oses pas demander ? Non, ce n'est pas ça, tu n'attends rien d'autre que ce qu'elle peut donner habituellement sans s'en rendre compte, tu n'attends rien d'autre que de la voire être elle-même ; tu ne veux rien d'autre de toute manière, que de la voire sourire et peindre, que  de la voir se perdre dans ses toiles, dans ses pensées, dans ses histoires, dans son monde, dans tout ce qu'elle veut tant qu'elle semble s'y trouver bien, tu as comme l'impression que tu t'y trouves bien aussi. Un peu comme si son humeur déteignait sur toi, un peu comme si elle te contaminait avec son univers, un peu comme si l'espace d'un instant tu te perdais aussi dans un endroit qui ne devrait très certainement pas être le tien. Et peut-être qu'un jour, tu voudrais qu'elle se perde dans ton univers -puis peut-être qu'en fait, ce n'est pas une si bonne idée, parce que ton univers n'est pas si coloré, parce qu'il n'est pas très beau, parce qu'il serre le cœur comme on serre une main, parce qu'il t'empoigne l'estomac et te le fout en vrac, alors non, peut-être lui laisseras-tu ses couleurs, celles dont elle te peint chaque fois pour quelques instants avant que tu ne regagnes ton tableau monochrome, celui qu'elle ne pourra très certainement jamais atteindre. Tu es reconnaissant pour tellement de choses mais tu ne le dis jamais, ce ne sont que des regards et des actions que tu peux faire passer. Tu es reconnaissant pour tellement de choses mais tu restes tout de même muet, parce que tu ne sais pas le dire, et parce que si tu le dis c'est comme mettre des mots sur une entente mutuelle, peut-être détruiront-ils ce lien que vous semblez avoir tissé, encore fragile, encore tremblant. C'est très souvent muettement que tu la remercies d'être là, en quelque sorte.

Elle te dit que tu sais très bien et peut-être que ton regard s'est fit quelque peu interrogateur à cette affirmation ; tu sais très bien que non ? Dommage, tu aurais peut-être aimé l'entendre dire oui, tu te serais senti utile pour une fois dans ta vie mais tu supposes que tu ne peux pas servir à grand chose, certainement que c'est ainsi que le destin a décidé de l'écrire, et pour toi, c'est un peu le cas tout de même mais parce que tu ne veux pas qu'elle prenne la fuite, qu'elle s'inquiète, tu ne le dis pas. Tu ne dis pas que la visite chez elle est quelque chose qui redresse un peu ton humeur, qui te fait sentir mieux, peut-être un peu plus léger. Tu supposes que c'était trop espérer que de croire que tu pourrais lui servir réellement à quelque chose au lieu de te retrouver dans ses pattes et tes mots étaient peut-être maladroits quant à eux aussi. Tu aurais certainement dû exprimer les choses comme tu les entends, comme tu les penses « je suis content d'être là parce que ça me remonte le moral, à toi aussi ? » mais rien d'y penser il t'est tout à fait impossible de dire ce genre de choses sans avoir peur du rejet, de la défaite, et il valait mieux que tu tournes tes mots comme tu l'as fait, au fond, ça pince bien moins le cœur parce que tu semblais t'attendre à cette réponse. Non, c'est souvent ce que tu entends malgré les gens et quand tu le fais remarquer, ils te disent encore que non, ce n'est pas ça, ce n'est pas ce que tu crois et toi dans ta barbe -inexistante, tu te marres bien quand même parce qu'ils l'ont encore dire, non c'est de toute manière une facilité quelconque que d'utiliser la négation même lorsqu'il faut dire oui. C'est plus rassurant de se dire que peut-être on résisté quelque peu quand ce n'est pas le cas, ça fait paraître fort que de dire non, si fort quand on est si faible et toi tu le sais, c'est bien ton genre que de céder à ce doux mot qui raisonne toujours comme un défi dans les oreilles des plus honnêtes. Non dit-il, on va lui apprendre à dire oui, et c'est bien comme ça que les choses marchent n'est-ce pas ? On cherche toujours à faire acquiescer ceux qui ne veulent pas.
Pourtant son attitude change du tout au tout face à tes paroles et ce soudain changement te fait légèrement sourire, la gêne sur son visage semble t'amuser et tu as laissé échapper un nouveau rire, un de ceux que tu ne sais pas cacher tellement il te brise les cordes vocales, tellement il te racle la gorge. Il fait un peu mal, ce rire, parce qu'il n'a pas tellement l'habitude se frayer un chemin par-ci et pourtant le voilà sorti. Des fois, Chidori ressemble à un enfant, un enfant dont tu veux ébouriffer les cheveux, dont tu veux rigoler, consoler, cajoler, t'occuper. Tu n'avais probablement jamais vu ses yeux briller autant -un peu comme les étoiles dans le ciel de la nuit, un peu comme cette voie lactée qui ne cesse d'éblouir, un peu comme ces milliers de pépites, de joyaux qui se dessinent dans un ciel bien trop noir. Tu as toujours pensé qu'elle était, de toute manière, un peu comme la nuit. Des étoiles, la lune, le ciel bien trop sombre, un doux mélange de cette atmosphère et tu ne saurais comme l'expliquer non plus -peut-être faudrait-il qu'un jour tu essayes de le peindre à ton tour ? Peut-être sauras-tu faire passer ton sentiment ? Elle est la nuit avec ses cheveux bruns, les étoiles avec ses yeux qui brillent, la lune avec sa peau diaphane et tu te sens un peu idiot avec une telle comparaison -tu la garderas pour toi, pour l'instant. Et elle te demande confirmation de ce que tu as dit, comme si elle ne te croyait pas, comme si elle avait besoin d'être rassurer. « C'est vrai ! » essayes-tu de la rassurer, tu as essayé d'être vif dans ta réponse, d'y mettre du tien, et ça t'a fait un peu rire qu'elle ait ainsi besoin de ton approbation -a-t-elle besoin de ces mots pour être rassurée, lui permets-tu de se sentir un peu mieux, un peu plus en confiance ? Et ça te fait sourire, quand elle s'asseoit en face de toi, quand vos regards se rencontrent et peut-être que le tien aussi, il brille un peu, peut-être que le tien aussi est heureux quand elle te dit que tu peux en choisir plusieurs, quand elle te dit de faire ce que tu veux. Tu ne saurais choisir ; « Tu sais très bien que je les prendrais tous si je m'écoutais... » et tes mots ont une nouvelle fois rien d'un mensonge, ce serait bien trop grand pour ta bouche. Tu n'aimes pas mentir -tu n'aimes pas les mensonges en général. Et tu te dis qu'elle devrait simplement te donner celui qu'elle aime le moins, quelque chose comme ça, ça la débarrasserait et toi tu n'en serais que plus heureux -parce qu'à tes yeux tout est beau. Mais non, ce n'est pas ce qu'elle te dit. Bien loin de là.

« Pardon ? » est ce qui t'a d'abord échappé quand tu l'as entendue parler et puis le silence est retombé entre vous. La tasse ne fait plus de fumée, c'est à peine si tu sens sa chaleur sur tes doigts et tu as voulu cacher ta gêne certaine dans la céramique, tu as voulu cacher la teinte rosée de tes joues et certainement le tremblement de ta lèvre -elle te ferait presque pleurer, cette tête de linotte. Parce que tu n'as pas l'habitude des mots si beaux, parce que tu n'as pas l'habitude de tant d'attention et alors, tu essayes de le prendre à la rigolade, et alors tu rigoles un peu, tu essayes, tu pouffes peut-être et en secouant ta tête -quelques mèches brunes te tombent sur le front et tu les dégages du bout des doigts, tu dis ; « Ne dis pas n'importe quoi, Chi, je ne mérite rien de tout ça et encore moins quelque chose d'aussi beau, tu le sais bien. » tu ne mérites de toute manières aucune beauté qui soit née sur cette Terre, ; « Je ne pourrais jamais t'inspirer quelque chose de beau, rien qui puisse être parfait, rien qui puisse être le but ultime d'un artiste -déjà t'inspirer me semble bien difficle.. » Ne sais-tu pas pourtant que c'est le cas ? Tu es d'une innocence, d'une ignorances telle que tu ne sembles pas avoir compris ce pourquoi tu es ici et ça te fait un peu rire, un peu sourire, et certainement que tu as toujours les joues empourprées quand tu passes une main un peu tremblante, un peu moite sur ton visage pour cacher cette soudaine gêne qu'elle t'inspire -qu'elle cesse de te regarder, tu ne sais plus où te mettre. « Je suis tout à fait certain que tu n'as pas besoin de moi pour peindre la plus belle de tes œuvres, mais si un jour tu y arrives.. » Et tu la regardes peut-être, une nouvelle fois ; « si jamais tu arrives à faire bien plus parfait que tu ne le fais maintenant, je serais vraiment honoré de pouvoir poser ne serait-ce que le regard dessus » et c'est la vérité, et tu lui souris, et toi tu as toujours trouvé parfaits ses doigts sur la toile, ce qui sort de son esprit pourtant tu connais la frustration de ne pas aimer ce que l'on fait, d'avoir l'impression de n'effleurer que du bout des doigts un certain rêve. Tu aurais beau lui dire que c'est beau, que c'est bien, tu mettrais ta main à couper que jamais elle ne sera satisfaite et pourtant, tu voudrais qu'elle se rende compte à quel point ce qu'elle peut peindre ferait pleurer n'importe qui tant la beauté du sentiment exprimé peut frapper fort, si fort qu'elle secoue toutes les âmes.© Napster
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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Dim 14 Aoû - 0:46
Paint me a wish on a velvet sky

feat. jasmin

Il te semble parfois que tes mots sont maladroits. Tu les veux protecteurs autour de toi, mais ils blessent ce qui s'approchent, même quand tu ne le veux pas. La preuve est là, aujourd'hui encore, alors que ta parole voulait cacher ce que tu as sur le cœur. Tu t'en veux. Tu t'en veux à mourir, tu veux à crever. Il ne mérite pas ça, loin de là. Il mérite que tu t'arraches la bouche à coup de non-dits avoués, que les sens que tu sous-entends te brûle la langue et les lèvres. Il mérite de connaître, de savoir. Mais toi, dans tout cela, tu ne le mérites probablement pas. Tu t'es octroyée ce quelqu'un qui était peut-être destiné à faire le bonheur d'un autre. Tu ne sais même pas si tu ne le forces pas à refuser d'autres choses pour toi, égoïste créature qui n'assume pas son caractère d'homme, habité par le vice. Peut-être aurait-il pu voir des amis si tu ne lui avais pas demandé de venir; mais tu l'as fait. Tu sais consciemment que s'il se trouve ici, il ne sera nul part ailleurs. La réalité est si compréhensible qu'il sait peut-être le mal qui te ronge; pêché de l'être, jalousie ardente. Toi même, tu ne le comprends pas encore. Tu n'es plus habituée à tout cela, loin de là, car tu as abandonnée tout idée de réel attachement avec quelqu'un d'autre. Pourtant, il y a ce détour au coin d'un chemin. Il n'était guère prévu, Jasmin, tu ne l'avais pas planifié et pourtant, il t'avait suffi de le voir pour comprendre que tu ne pouvais pas le laisser partir. Tu l'aurais regretté, Chidori, mais cela aurait-il été autant que maintenant ? Dévorée par le poids de la culpabilité, à profiter de sa bonté. Tu ne le mérites pas et il mérite mieux que toi. Pourtant, tu t'accroches, désespérée, sans savoir pour quelle raison. Tu ne peux te résoudre à lui dire qu'il devrait aller voir ailleurs, que d'autres seront mieux placés que toi pour lui parler, pour l'apprécier, si ce n'est plus. Tu apprécies d'autres personnes, mais jamais aussi maladivement. Il est le seul. Il est l'intouchable que tu as osé profaner de ta souillure. Tu es un monstre pour avoir ainsi osé le corrompre par ta présence. Tu te dis vouloir le faire rayonner à travers tes œuvres mais tu es sûre de l'enlaidir. Tu te dis vouloir son bonheur à travers gestes mais tu le contamines de ta crasse. Tu es une boule de sue, laissant un dépôt partout où elle passe. Tu es aussi bien trop aveuglée par cette attache qui vous lie pour t'en rendre compte, que tu vois désormais en lui une partie de ton être. Et tout cela, Chidori, tout cela te ronge. L'inconscient de ton esprit le sait, s'en doute, mais tu refuses catégoriquement de l'avouer. Tu préfères jouer l'ignorante, à ne pas savoir ce qui t'aimante ainsi vers lui. Tu préfères te dire qu'il s'agit tout simplement de quelqu'un, et que tu aurais pu en rencontrer un autre qui t'aurait prodigué les mêmes idées, si ce n'est le même lien. Mais tu sais aussi que tout cela est faux, car il s'agit de Jasmin et non pas d'une vulgaire personne que tu peins à l'occasion. Il s'agit de Jasmin et de votre lien, et même si tu ne peux te résoudre à t'écorcher les lèvres avec ce mot, ni même tes pensées, il s'agit bel et bien de ton ami.
Jasmin, celui pour qui tu pourrais déplacer des montagnes, juste pour un rire.

Et rien que pour cette raison, tu aurais pu lui avouer que oui, tu étais heureuse de le voir ce soir. Que oui, sa présence te réconforte, te réchauffe le cœur. Que s'il n'était pas si peu tactile, tu te serais probablement déjà écroulé sur lui, les bras au-dessus de ses épaules, la tête coincée contre sa nuque, afin de te ressourcer. Une simple étreinte que les personnes non-handicapées des sentiments font quand ils sont amis. Car oui, si tu n'étais pas amputée d'une partie de ton cœur, alors peut-être lui dirais-tu ce qu'il est. Mais peut-être te rejetterait-il. C'est aussi, dans un sens, ce qui t'empêche d'avancer dans tout cela. La peur des autres, celle qui te ronge le ventre quelques nuits. Sur cette île plus que nul part ailleurs, tu as peur. Peur de te lier aux autres et de découvrir que ces derniers sont condamnés. Peur de vouloir te rapprocher et de te retrouver brisée. Les relations sont difficiles, tout comme l'homme, et tu le sais. Alors tu ne risques pas, car tu es sur tes gardes. La sécurité avant tout, te dis-tu parfois, mais pourtant, tu es là et lui aussi. Jasmin est un risque, un de ceux que tu es prête à prendre. Tu pourrais le regretter, quelques fois, mais après toutes ces années, tu ne l'as pas fait une seule fois, malgré tout cela. Tu ne l'as pas fait et tu ne le feras pas. Qu'il te rejette, qu'il te détruise, qu'il te brise et tu assumeras. Tu comprendras, après tout, tu es prête bien qu'effrayée à cette éventualité. Il en a le droit et tu n'as pas celui de l'en empêcher. Jamais tu ne regretteras d'avoir rencontré Jasmin. Tu le regretteras, souffriras probablement de sa perte, de ce trou béant au fond de toi, mais tu ne regretteras pas ces moments, ces mots échangés, ces sourires et ces rires. Tu ne regretteras pas non plus cette après-midi de nettoyage, ni même toutes ces choses qu'il t'a inspiré. Parce qu'au fond, Jasmin a marqué ton histoire. Si tu t'en sors vivante, de ces longues années d'attente sur cette île, ce que tu espères, alors tu penseras forcément à Jasmin, car il faudrait perdre la mémoire pour pouvoir l'oublier. Il est forgé au fer rouge dans ton esprit. Il s'est marqué une place importante alors même que vous ne vous vous étiez jamais parler. C'est étrange de voir ainsi les choses, mais il semble que le destin ai si bien fait les choses et cette fois-ci, tu n'as pas tes grands airs et tes regards pour cacher tout cela, car tu ne le regardes pas avec cet air de savoir-tout. Tu le regardes comme si tu découvres encore les choses, le monde. Tu le regardes comme si tu le découvrais, comme si le monde te parlait de nouveau et te raconter des histoires dont tu n'aurais su conter l'existence. Et Jasmin est un conte qui te fait rêver de son pays, de ses traditions. Jasmin est une bouteille à la mer qui a vogué jusqu'ici et qui a été récupéré mais tu as tout pris voulu lire le contenu, la lettre distraitement rédigée, sans aucun espoir d'être regardée un jour. Mais toi, tu es là. Toi tu es là pour le voir, pour écouter ses maux et ses peurs. Tu es là comme il l'est toujours là pour toi.

Il te touche, Jasmin, il lui suffit de quelques mots pour te rendre heureuse. Tu as l'impression que c'est un magicien, mais pas dans le sens Magi, mais de ceux qui sortent des foulards de leur manche. Il inspire du mystère mais aussi de l'émerveillement, mais il a aussi ce don de faire rougir en quelques mots à peine. Parce qu'un rire est suffisant à effacer tous les malheurs du monde, si ce n'est le virus M. Tu sais qu'il est sincère, qu'il n'est pas offensant. Il est chaleureux, celui-ci, mais aussi si rare que tu te promets de le chérir de tout ton être. Il est aussi sincère que ses mots qui font battre ton cœur de miles et une couleurs. Tu le crois, tu le crois sur paroles. Tu ne le remets pas en question ni même en doute, peut-être à cause de l'émotion. Parce qu'il a l'air si sincère alors qu'il t'annonce qu'il pourrait prendre toutes ces choses qu'il fait. Et toi, tu lui donnerais. Tu lui donnerais toutes ces choses si cela pouvait être assez suffisant pour le remercier.
 
— Alors prends les tous !

Toi aussi tu es sincère, et pour une fois tu l'es aussi avec toi même. Tu parles sans réfléchir, aujourd'hui, parce que tu sais que tu ne devrais pas dire de telles choses, que ça n'a jamais fait parti de ce que tu lui dis. Pourtant, tu te sens légère alors que tu lui annonces cela. Parce que même tout cela réuni, cela n'aurait pas un centième de ce que mérite Jasmin. Il mérite un château fait de toiles et de tuiles. Il mérite que la chaudière de son palace soit faites d'amour et de bonheur et qu'il possède des femmes de ménages dévouées à sa santé et à la propreté de sa demeure. Tu as presque envie de te lever, de tout emballer et de les apporter toi-même dans sa chambre, à travers ces vingt-deux pas. Mais tu restes sage, assise et attentive, car tu sais qu'il ne supporterait probablement pas cette intrusion dans sa demeure. Et tu lui avoues ta pensée, car il mérite la plus belle chose du monde. Mais sa réaction te choque, te refroidit presque. Il semble si surpris, comme s'il ne se rendait pas compte de ce qu'il représente. Tu le vois gêné et tu te dis que peut-être, rien que peut-être, tu aurais du te taire. Pourtant, tu ressens encore ce besoin de lui faire comprendre qu'il a tord, qu'il mérite tellement et que tu ne mens pas, que tu es plus franche que jamais en cet instant précis. Tu le vois rire, tu l'entends, mais ça n'a rien de celui d'avant. Cela te casse le cœur, parce qu'il n'y a pas à rire de ce que tu dis là. En cet instant précis, tu as la folle envie d'exploser ta tête contre le sol tellement tu es désespérée. Ces mots t'agacent plus qu'ils ne t'énervent, mais non car ils sont vexants pour ta personne mais pour lui. Tu ne supportes pas qu'il se dénigre ainsi, qu'il se jette la pierre sur la visage, se rabaissant à tout ce qui est plus bas que lui. Car Jasmin est grand et sa grandeur t'éblouit encore.

— Tu sais très bien que c'est faux, Jasmin. Tu y mets toute la sincérité du monde, celle que tu aimerais parfois savoir imiter. Tu sais très bien que tu le mérites, n'est-ce pas ? Tu veux lui faire comprendre, lui faire savoir. Tu as cette envie de le faire monter sur ce piédestal alors que même lui n'y croit pas. Ceux qui diront le contraire sont des fous, Chidori, et tu serais prête à te battre pour que cette vérité résonne partout où Jasmin passe. Tu es prête à devenir tel un ange gardien, protecteur de cette âme qui mérite tellement plus, tellement mieux que ce qu'il n'a là. Tu ne cesses de le répéter, de le redire, qu'il est parfait tel qu'il est et qu'il mérite tellement mieux, tellement plus. Alors tu continues, tu forces, parce qu'au fond tu es une forceuse. Jas, c'est toi qui m'inspire tout ça, tu sais ? Tu lances la bombe, la terrible nouvelle que tu ne lui avais toujours pas avoué. Tu as les mains qui tremblent, accrochées au coussin. Tu as les yeux qui pétillent moins, tout de suite, qui sont peut-être trop sérieux, trop sincère. Et y a cette voix qui tremble, qui est la tienne. Y a ta voix qui ne sait pas pourquoi elle ne peut pas être sûre d'elle ou bien même froide et pourquoi elle déraille comme ça. Parce que là, tu as l'impression d'être faible, Chidori. Tu as l'impression que le monde va s'écrouler d'une seconde à l'autre sur tes épaules et tu n'y peux rien, tu as pris le risque de faire explosé une bombe sous le sol et tu ne sais pas si cela va entraîner les fondations avec. C'est trop tard, tu as peut-être tout brisé. C'est trop tard, te répètes-tu inquiète. Tu veux disparaître, ne jamais entendre les réponses qui suivent mais tu sais que tu ne peux pas rester sur cela, que tu dois continuer, que tu as d'autres choses à dire car il a besoin de savoir que tu disais vrai, plus tôt, qu'il est celui qui provoquera peut-être ta plus belle création. Tu m'inspires depuis des années. Et il ne s'en rendait pas compte. Est-il seulement véritablement au courant maintenant ? Tu espères qu'il comprenne le message, car c'est peut-être nécessaire pour percer la bulle entre vous. Je ne veux pas simplement que tu vois cette œuvre, car ta folie ne s'arrête pas là pas une fois, pas deux fois ni trois. Tu sais qu'il sera gêné, qu'il prendra peut-être les jambes à son coup, qu'il te repoussera comme jamais personne ne l'a fait avant. Mais ce n'est pas tout, il a besoin de comprendre et de savoir comme tu aimerais comprendre et savoir ce qui se passe dans sa tête. Alors tu le dis à voix haute, ce qu'il devrait savoir depuis longtemps, ce qui ne devrait même plus être une question ou bien une hésitation, mais un savoir universel que toutes les langues comprennent. Cette œuvre elle sera tienne, pas un jour, pas deux jours, mais pour toujours. Et s'il l'accepte, quand tu l'aurais faites, alors tu seras la véritable personne honorée. Tu seras celle dont la poitrine se gonfle de fierté de savoir qu'elle orne sa chambre si ce n'est sa maison plus tard. Parce que tu espères qu'il sorte de tout cela indemne, sain et sauf. Après tout, c'est improbable que Jasmin tombe malade, lui qui est si précautionneux, lui qui est si méticuleux. Lui qui est si Jasmin. Jasmin pour qui peut-être, un jour, si le malheur vient frapper à sa porte, tu surmontera cette peur de la transformation, juste pour ne pas voir ces instants détruits. Jasmin qui est ta bouffée d'air, celle qui fait du bien. Jasmin que tu ne regardes plus, parce que tu n'oses pas. Tu as peur de ce regard qui peut te juge, tu as peur de te mettre à pleurer pour ce que ses yeux peuvent te dire. Alors tu restes là, le regard bas, presque piquant. Tu ne sais même pas comment vous en êtes arrivés là, à ces stupides paroles qui peuvent tout briser, tout balayer et que tu assumes si difficilement, mais presque obligatoirement. C'est instants sont ton supplices et, comme une dernière prière, tu sembles décider à t'achever, à ne pas te laisser ne serait-ce qu'une seule once de dignité.

— J'ai besoin de toi, Jasmin.
Et ces mots crèvent de vérité.
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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Dim 14 Aoû - 9:46

Paint me a wish on a velvet sky
FEAT. Chi ♥



― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Tes mots en nuage sont venus cacher les étoiles. Tu as assombri son regard avec tes mots tordus, tes mots vilains, ceux qui te poignardent, te tuent. Tu as assombri son regard avec tes mots d'ignorant, ceux que tu dis parce que tu crois que tu les mérites, parce que c'est ainsi que tu vies, parce que tu veux faire comprendre à qui veut l'entendre que tu es plus bas que Terre même quand tu crois un jour toucher le mot parfait. Peut-être te crois-tu inférieur à elle, certainement que tu te crois au plus bas quand elle semble se trouver au sommet. Tu ne peux pas dire que tu mérites quelque chose quand tu as l'impression qu'elle mérite tout ce que tu as ; parce qu'au fond, c'est un peu comme ça, non, que tu vois les choses ? Tu as l'impression de lui devoir beaucoup, tellement que tu ne pourras jamais lui donner tout ce que tu voudrais lui donner alors, dire que tu mérites quelque chose quand tu ne peux même pas lui donner ce qu'elle semble elle mériter, ce n'est pas possible. A tes yeux, on ne te doit rien. A tes yeux, tu es quelconque, comme tout le monde, un homme qui fait ses petits pas sur Terre et qui jamais ne pourra se démarquer. Être spécial ? Tu l'es, tu es un être spécial mais pas dans le bon sens des mots, pas dans le bon sens de spécial, pas dans la beauté de l'extravagance. Tu es spécial parce que dans ta tête, il y a quelque chose qui ne va pas, parce que tu as les muscles qui se tendent quand tu penses à ne serait-ce que la poussière qui peut se trouver sur le sol où tu te trouves, parce que tu as le cœur qui s'emballe quand tu te dis que tu pourrais mourir de ces petites poussières qui doivent être là, parce que t'as le crâne concentré sur le nombre de gorgées que tu avales -tu en es à quatre, parce que tu as l'envie de vomir quand tu vois que forcément, tous les tableaux ne sont peut-être pas droit et ça t'étonne, ça t'étonne tellement d'estimer ce qu'elle fait quand on voit que ce n'est rien de ce que tu parais aimer. Et pourtant, c'est bien là un peu au fond de toi, surtout dans ta peau, surtout dans tes yeux et tu ne peux que dire que toi, à côté, tu ne fais tellement rien. Tellement rien que tu en aurais presque envie de pleurer et tu sais qu'elle te dirait de ne pas te prendre la tête et tu sais qu'elle te dirait quelque chose comme « tu es parfait » mais au final, tu ne sais même pas si elle le pense, tu ne sais même pas si ses mots sont vrais, tu ne sais même pas si elle veut y croire à ce qu'elle dit. Peut-être le dit-elle simplement pour te rassurer et peut-être qu'elle ne cherche qu'à te faire sourire d'une manière ou d'une autre. Un peu comme les parents rassurent leurs enfants, elle voudrait te rassurer, un doux mensonge qui ne fait que construire la confiance d'un adolescent mais toi, tu es depuis bien longtemps sorti de cette phase de vie, tu es depuis bien longtemps devenu papillon -saviez-vous qu'il ne vivait que très peu de temps ? Et tu as comme l'impression qu'on ne peut plus rien faire pour toi ni même pour cette confiance depuis longtemps effondrée. C'est parce que dans ton enfance on est venu piétiner tout ce en quoi tu croyais sans jamais s'arrêter. Là et ici, tes châteaux de sable complètement détruit, toi qui avait passé des heures à construire chaque tour, il n'y avait qu'un pied d'adulte pour faire s'effondre la construction fragile. Fragile, c'est très certainement ce que tu es et ce que tu seras et même si tu veux faire des efforts, même si l'on essaye de te construire de brique, il sera difficile de te faire tenir. Tu es bancale, un peu, tu tangues comme un navire prêt à s'échouer et peut-être que tu es déjà sur le sable, peut-être que tu es déjà au fond des mer, tu n'es plus qu'une épave qu'un jour peut-être on cherchera à découvrir, à comprendre, dont on essayera de comprendre les secrets ; mais il sera déjà bien trop tard.  Ce n'est pourtant pas quelque chose que tu devrais connaître, trop tard, et pourtant, les mots sont là, au fond de ta gorge. Trop tard et tu as peu qu'un jour ça le soit vraiment, alors peut-être que tu devrais vivre mieux, peut-être que tu devrais arrêter les regrets ; et si tu pouvais, que dirais-tu au toi du passé si tu avais la possibilité du parler ? Surtout, ne voile pas ce regard, surtout, ne dit rien qui puisse la blesser parce que c'est l'impression que tu as eu, comme si tes mots s'étaient changés soudainement en poignard, comme si tu avais essayé de l'assassiner ; ses yeux étoilés n'étaient plus qu'une brume légère, un peu comme si ta tasse de thé lui avait envoyé de sa fumée et toi, tu ne veux pas. Mais encore ? Tu lui dirais tellement que certainement, le passé ne serait plus toi et si tu n'es plus toi, alors tu ne rencontreras jamais cette jeune femme. Bonne ou mauvaise chose, qu'en sais-tu vraiment ? Peut-être qu'il aurait été mieux que tu ne sois pas dans sa vie, peut-être qu'il aurait été mieux qu'elle ne te connaisse pas. Peut-être qu'elle regrette, au fond, et peut-être que toi tu regrettes de lui faire vivre tout ça. Tu n'aimes pas ça, pas vraiment, pas comme ça, et toi tu voudrais changer les choses mais tu es celui dans les fondations s'effritent, s'effondrent et elle qui se tient si droite, elle n'a rien à recevoir de ta part. Tu te convaincs certainement de ce genre de choses, elle ne t'a jamais rien dit et ne te le dira probablement jamais, elle essaye même de te faire entendre le contraire, mais c'est comme si soudainement en plus d'être idiot, tu étais devenu sourd. Sourd de ses mots, tu ne veux plus entendre ce qu'elle raconte parce que le doute t'habite, parce que le doute t'a toujours habité parce que malgré tout, tu souffres à ne jamais savoir faire confiance et doucement, tu coules.

Toi, tu ne sais rien et quand elle te pose ces questions, tu ne sais que répondre ; oui, non ? Mentir ou la décevoir ? Et tu as gardé tes yeux dans la céramique à moitié vide -n'est-ce pas comme ça que tu vois la vie aussi ? Quelle ironie. Tu sais très bien c'est qu'elle insiste et toi, timidement, tu as secoué la tête pour dire que non, tu ne sais rien. Tu ne sais rien du tout, tu ne sais rien de ce qu'elle veut te faire comprendre et peut-être qu'au fond,t u n'as pas vraiment envie de savoir ; mériter quelque chose, c'est pour les gens beaux, c'est pour les gens grand, c'est pour ceux qui se regardent dans le miroir et qui se disent que chaque jour est un nouveau départ, que chaque jour est un jour meilleur. Toi tu ne mérites rien de tout ce qu'elle te dit, et pourtant elle te le dit. Et voilà que ça explose. Voilà que ça a l'effet d'une bombe. Ton visage s'est redressé, trop vite peut-être, pour la fixer. Tu as tes yeux qui se sont rivés sur son visage presque honteux -honteux de te mentir ou juste honteux de te le dire, ou peut-être n'est-ce même pas de la honte ? « Moi ? » as-tu répondu, incrédule, pas certain de comprendre. Te dis-telle la vérité, est-ce vraiment toi qui lui inspire ce genre de choses ? Et tu regardes autour de toi, gêné, peut-être à la recherche de quelque chose pour accrocher ton regard, pour l'occuper ou peut-être cherches-tu simplement ce dont tu es la source d'inspiration, comme pour vérifier, comme pour comprendre, comme pour croire ce qu'elle et te dit et tu ne comprends pas, tu ne comprends en quoi tu peux lui inspirer des choses si belles et elle te le demande encore, si tu sais, mais toi tu ne sais pas et peut-être que tu paniques un peu, parce que ça t'échappe, parce que tu ne comprends pas, parce que tu as l'impression que tu vas te perdre, que tu vas mourir, parce que tu as l'impression qu'elle te raconte des choses dans une langue étrangère, comme si elle le faisait exprès. Toi, te dit-elle, c'est toi qui l'inspire et tu ne sais pas si c'est un honneur ou une source de stress, tu ne sais pas si tu dois lui sourire, lui dire merci ou si tu dois tout simplement faire comme si tu n'avais rien entendu ; mais c'est impossible de faire comme ça, impossible de faire croire que tu n'entends pas quand elle te le dit encore, et depuis des années ? Ca te fait un peu rire, peut-être, mais tu ne le montres pas, tu ne laisses échapper aucun son. Tu ne te moques pas, tu te dis juste que tu n'y crois pas, elle se moque de toi n'est-ce pas ? Mais tu n'oses pas la regarder, parce que ta gêne est là, parce que tu as peur de la voir sourire et si son visage se dessine en l'homme qui rit, toi tu ne le supporteras pas, tu ne supporteras pas parce qu'on a jamais mené la blague si loin, parce qu'on ne t'a jamais élevé si haut pour te faire tomber si bas. Pour la première fois de ta vie, peut-être, tu as l'impression d'avoir des ailes, de t'envoler et tu ne sais pas si tu as le droit, tu ne sais pas si tu peux. Mais que te dit-elle ? Tu ne comprends toujours pas et tu as un peu l'impression que ton esprit se fait la malle, que tu es parti ailleurs, que tu n'entends plus ce qu'elle te raconte, plu vraiment, tu ne veux plus parce que tu ne sauras le supporter -et pourtant, il le faut n'est-ce pas ? Que tu sois fort, que tu l'écoutes, que tu paraisses comme quelqu'un qui bombe le torse et pourtant ce n'est pas ton genre, tellement pas ton genre qu''au lieu de te lever, qu'au lieu de redresser la tête, tu finis par te rouler un peu plus en boule si c'est possible. T'as serré tes genoux contre ton torse et la tasse que tu tenais, tu la posais à côté de toi pour venir te serrer un peu plus, tes bras entourant tes tibias, ton visage s'enfouissant là, caché, perdu, parce que tu ne veux pas qu'elle te voit, tu ne veux pas qu'elle t'entende, tu ne veux rien et tout en même temps. Et tu ne comprends pas pourquoi est-ce qu'elle te dit tout ça si soudainement ; croit-elle que tu sauras encore te présenter devant elle maintenant que tu es au courant qu'elle a pour modèle la chose la plus médiocre sur ce monde ? Et tu as envie de la plaindre, tu as envie de lui dire de prendre quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux, quelqu'un qui lui fera vraiment faire des belles choses. « Pour toujours ? » as-tu soufflé en écho alors que tu te libérais de ta propre emprise, alors qu'elle ne et regardais plus, alors que tu voudrais sourire mais que tu ne sais plus le faire. « Pour moi, pour toujours ? Ce n'est pas possible... » que tu as dit comme pour toi, comme pour rien, comme pour ce tableau qui n'existe pas encore. Ce n'est pas possible d'accepter ce tableau si un jour il existe, parce que c'est quelque chose qui vient de toi, un morceau de ton âme qu'elle aurait enfermé dans son œuvre et tu ne peux la laisser gâcher son œuvre, son talent comme ça et tu voudrais lui dire, tu t'apprêtais à le dire, tu avais ouvert la bouche mais tu l'as bien vite refermé quand de nouveau, elle lance une bombe. Quelque chose qui explose au plus profond de toi, quelque chose qui fait boom et c'est certainement ton cœur qui bat trop fort contre tes os, ô qu'il est douloureux de le sentir ainsi vivant quand tu te pensais si mort.

Elle a besoin de toi. Et tu as les larmes aux yeux. Elle a besoin de toi. Et tu as les larmes qui coulent. Elle a besoin de toi et tu te le répètes encore et encore, comme si c'était quelque chose que tu ne croyais pas ; « Tu as besoin de moi ? » l'as-tu même répété à voix haute comme pour avoir confirmation, et tu l'as regardée parce que tu voulais qu'elle te regarde, parce que tu voulais peut-être qu'elle voit les quelques larmes de joie qui ont trouvé demeure dans le creux de tes joues. « Vraiment ? » et tu as la voix fébrile, la tension palpable et tu ne sais pas si tu peux la croire, tu ne sais pas si tu peux espérer que quelqu'un ait vraiment besoin de toi -tout autant que tu as besoin des autres. Ses mots n'avaient rien d'un mensonge -est-ce ce qui fait mal, si mal dans ta poitrine ? Et tu voudrais qu'elle te regarde encore, et toujours et peut-être même que tu voudrais la prendre dans tes bras -mais l'idée de la tenir contre toi te donne des frissons, si fort, que tu ne le feras pas. Pourtant, tu as caché tes doigts dans ta manche pour gentiment venir la poser son épaule ; « Chi, Chi... » Dis-tu, la secoues-tu peut-être un peu. « Tu as besoin de moi ? Je peux le croire ? Ce n'est pas une blague ? » et tu voudrais qu'elle le confirme, qu'elle te dise qu'elle ne se moque pas de toi, jamais, que c'est bien impossible de se moquer de toi -et si seulement tu croyais à tes mots toi aussi, peut-être que cela serait bien plus simple. « Je m'en fiche bien, tu sais, de t'inspirer ou de faire je ne sais trop quoi... Je ne comprends même pas comment c'est possible... Quelqu'un comme moi ? Tu devrais trouver quelqu'un d'autre. » et tu le penses sincèrement, lui fais-tu du mal ? « Mais si tu as besoin de moi, je serai là, tu sais ? Je serai là parce que toi... Toi, tu es là ? » et elle n'est pas la seule à être là, parce que tu sais que tu as Shion, parce que tu sais qu'il compte sur toi en quelque sorte mais tu as l'impression de ne jamais rien lui donner en retour, un peu comme si tu comptais sur lui sans jamais qu'il puisse compter sur toi ; c'était certainement pareil avec Chidori et maintenant qu'elle te l'a dit, et maintenant qu'elle te l'a fait comprendre, maintenant qu'elle a mis des mots sur tout tes espoirs, tu ne peux que la croire, essayer en tout cas, parce que tu ne veux pas que tout cela t'échappe, te glisse entre les doigts. « Je... Je veux pas que tu sois déçue et je veux pas que... Je ne sais pas mais... Merci. » et tu es le premier à le dire, tu crois, alors tu continues sur ta lancée ; « Merci d'être là et merci de croire en moi et merci de me dire tout ça et merci même si tu ne le penses pas... » Et tu ne sais pas si c'est clair et tu as l'impression d'avoir les idées en vrac et tu ne sais plus ce que tu dis alors tout simplement tu dis « Merci » et tu souris, vraiment, sincèrement, et tu souffles, encore, une dernière fois ; « Moi aussi j'ai besoin de toi » parce qu'il n'y a que cette vérité qui compte.© Napster


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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Dim 14 Aoû - 22:59
Paint me a wish on a velvet sky

feat. jasmin

Le cœur aux ébats, t'as envie qu'il sache. C'est la tourmente des émotions, l'aspiration à toute sensation. Il est beau, Jasmin. Pourtant, tu ne vois pas sa beauté physique en premier, tu vois celle qui dégage. Il est beau, Jasmin. Il t'inspire, te guide. C'est le chemin que tu suis, l'aspiration à toutes tes créations. Il est beau, si beau, que tu en perds la tête. Tu sens que t'es plus légère, qu'il manque un truc dans ta caboche. La logique, peut-être. Mais pas tes sentiments; ils sont présents et battent à plein temps. Jasmin, Jasmin, Jasmin. Jasmin. Y a ce nom qui résonne, que tu ne peux pas sortir de là. Il est là, bien présent, depuis longtemps. T'as craqué, tu lui as tout avoué. T'as craqué et t'as parlé. C'est pas trop grave, à la rigueur. C'est pas trop grave parce que c'est lui et qu'au fond t'as qu'un espoir c'est celui qu'il comprenne, qu'il sache. Parce que Jasmin, Jasmin. T'as plus de raisons, t'as plus d'explications. C'est juste parce que Jasmin. T'as besoin de rien d'autre, que de lui. T'as besoin de rien d'autres si c'est tes mains et des trucs qui colorient. Même des crayons de couleurs pour gamins, ça serait bon. Même des sables pour y tracer des formes, en fait. Il te faut juste Jasmin, juste lui et rien d'autres. Au diable le reste, au diable monde. Au diable toi-même et tes scrupules, tes craintes et tes peurs. Jasmin il est là, devant toi. Jasmin il est là et t'as quand même trouver le moyen de te morfondre dans ta tête. T'as failli pleurer, avec tes mains qui tremblent. D'ailleurs, ça a coulé, mais c'est pas une larme, c'est juste une goûte. C'est juste de la sueur, pas l'encre de tes sentiments. T'assumes pas. T'as déjà trop assumé aujourd'hui. Mais tu voulais faire quoi d'autre, aussi ? Te taire et le laisser souffrir devant tes yeux ? Tu n'aurais pas supporté. C'est Jasmin, pas un putain de chien. Et même un chien, tu l'aurais pas laissé dans un tel état. Mais c'est pas fini. Tu ne peux pas t'arrêter en si bon chemin, Chidori. Parce que dans tout cela, le pauvre à l'air encore plus perdu que toi. Toi qui sait ce que tu dis, ce que tu penses. Lui, il a que tes mots vulgairement enchaînés, il a que le son qui s'échappe de tes lèvres alors que tu chantes miles louanges, contées comme des promesses.

— Oui, toi. avais-tu répondu alors que ses yeux avaient rencontrés les tiens. Tu ne sais pas ce qu'il pense, mais tu le dis sincèrement, sans hésitation. Tu ne veux pas qu'il doute, car tu le sais fragile et à protéger. Jasmin, c'est la pierre précieuse à l'état brute, celle qui faut savoir visualiser au delà des tics et manies et de la prendre comme elle est. Toi tu t'en fiches de ce que les gens disent sur lui, parce que de toute façon ils ne savent pas ce qui se passe ici. Pourtant, pourtant tu te dis que ce n'est pas que pour cette raison. C'est parce que Jasmin, s'ils en disent du mal, tu sais qu'ils se trompent. S'ils en disent du mal c'est parce qu'ils ne le connaissent pas. Qu'ils ne voient pas ce que toi tu vois. À toi pour toujours. Parce que son souffle t'es audible et que tu sais que tu le feras, que tu lui donneras sans hésiter, quitte à l'installer toi-même dans sa chambre, sur son mur, tel Carl, sans qu'il ne s'y attend. Ainsi, il ne pourra pas te le refuser. Parce que tu refuses qu'il refuse ce qui lui est du. Tu es têtue, Chidori, et il s'agit bel et bien d'un point sur lequel tu ne reviendras pas. De la même façon que tu ne reviendras pas sur le point « Jasmin » tu ne reviendras pas sur « l'apogée de mon art revient à Jasmin » et ce, peu importe ce qu'il te dira à l'avenir.

Mais te voilà, là, maintenant, le visage baissé avec tes joues chauffées. T'as cette larme qui a roulé car oui, tu as le cœur gros, rempli de tristesse et peut-être même de regrets. Tu ne sais pas si tu as bien fait. Bien fait de parler, bien de lui raconter ce qui se passe dans ta tête. Il méritait bien que ça, qu'une artiste accroc à sa personne. Jasmin, c'est pas une piqûre à se faire à dose régulière. Jasmin ça va et vient au gré du vent, mais surtout au gré de tes demandes. Parfois, t'as l'impression qu'il ne viendra pas si tu ne lui demandes pas et pourtant, ta maison est sa maison. C'est un peu ça, comme un membre de la famille qui ne devrait pas demander pour rentrer dans la chambre de sa sœur. Et pourtant, tu te demandes ce qui t'attend. S'il va te haïr à jamais. Parce qu'il répète tes mots. Parce qu'il a l'air d'en avoir gros sur le cœur, lui aussi. Tu as envie de lever les yeux pour le voir, tu en meurs de désires et pourtant tu gardes la tête basse. Tu es en dessous de lui, cette fois-ci, inférieure à cette créature qui t'est si chère. Parce que oui, Jasmin t'es cher, tu le sais au fond de toi. Et il a l'air si fébrile, ce Jasmin que tu aimes tant. Tu te fais violence pour garder la nuque penchée. Tu as l'impression qu'on te transperce l'être entier et que ça fait mal, fichtrement mal. Mais tu prends tout, parce que c'est de lui. Y a ce vraiment que te tue, qui t'achève mentalement. Tu veux tellement le prendre dans tes bras, même s'il est plus vieux, afin de le rassurer. Quelle monstre tu fais, Chidori, à avoir lancé cela ainsi. Et puis tu sens cette pression sur tes épaules et tu ne plus t'empêcher de relever la tête et c'est la catastrophe.
Il pleur, Chidori. Il pleur et ton cœur aussi.

Il y a ce Chi qui résonne et tes yeux qui s'accrochent à son visage, ses mains que tu retiens pour qu'elle n'essuient pas ce visage. Tu ne l'as jamais vu comme ça, Jasmin, et tu ne sais pas si tu veux le revoir ainsi. Les mots ils sont coincés dans ta gorge et toi tu es là, à l'entendre, à attendre ta sentence. Mais la sentence est belle. Elle est douce et si belle. Belle, belle, belle. Belle à en crever. La sentence est belle et tu es si heureuse. Il ne te renie pas. Il. Ne. Te. Renie. Pas. Tu crois rêver mais même un rêve est plus triste que cela. Non, ça c'est juste Jasmin qui s'ouvre à toi et toi qui accepte tout, tout ce qu'il a à te donner. Ses merci qui te fendent l'âme, et cet aveux que tu n’espérais pas. Vous êtes deux. Vous êtes. Tu veux vraiment le toucher, tu as besoin de contact pour savoir si c'est réel mais tu te retiens, tu te retiens si fort et pourtant, pourtant t'as l'esprit qui se tord dans tous les sens parce que Jasmin est là il est toujours là et tu as l'impression que tu pourrais en mourir; de Jasmin, Jasmin, Jasmin.

— C'est pas une blague je te jure, je te le promet si fort. T'as la voix rauque, prête à casser. T'as la tête qui se hoche et tes dents qui mordent tes lèvres après parce que tu ne sais pas quoi faire mais que tu as besoin de faire quelque chose et que tu ne peux pas le toucher – pas lui et tu – tu ne sais pas tu ne sais plus tout se passe trop rapidement dans ta tête que tu t'es perdue. Tu es perdue Chidori mais c'est une bonne chose parce que tu sais désormais qu'il est là pour te retrouver, lui et lui seul, lui parmi tant d'autres. Je veux pas de quelqu'un d'autre c'est toi et toi seul. Et c'est vrai, c'est lui et lui seul, parce que personne ne te fait autant d'effet. Tu veux rajouter des s'il te plaît de désespoir mais à ce moment là tu es justement désespérée. Ton esprit se raccroche à lui comme une ancre, pour ne pas dériver. Je suis là. Je suis là je te jure. Me laisses pas je t'en supplie Jasmin, me laisses pas. Pas par pitié, par amitié. Tu ne veux pas être seule à souffrir et tu veux être là pour lui alors tu l'avoues car lui t'as avoué ce qu'il y avait à savoir. Et tes les lèvres qui tremblent, le cœur qui balance. Merci à toi. Merci du fond du cœur que tu retrouves, que tu as. Merci de ne pas avoir cru en toutes ces choses que les gens disent sur toi. Merci de rester. Merci d'exister. Merci d'accepter tes paroles et tes maux. Merci, Merci. Merci Jasmin. Parce que c'est pas un mensonge. Parce que c'est pas un mensonge. Parce que tu sais que tu le penses. Parce que tu ne peux pas vivre sans lui, Chidori. Merci, merci, merci. C'est fini, Chidori. Parce que finalement, finalement –

Et finalement tu craques.
Finalement tu pleurs.



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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Mer 17 Aoû - 15:03

Paint me a wish on a velvet sky
FEAT. Chi ♥



― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Ce n'est pas une blague, qu'elle te dit. Elle te promet fort, si fort que toi aussi tu as mal. Elle te le promet si fort que tu sens le poids de cette promesse sur tes épaules, que tu sens les coups qu'elle donne, qu'elle te tort l'estomac, qu'elle te pesse le cœur. C'est qu'elle fait drôlement mal cette promesse mai tu ne saurais dire quel genre de mal se dessine dans ton corps quand tu entends ces mots. Ce n'est pas une blague hein ? Elle ne se moque pas de toi, oh non, jamais, elle ne se moque pas de toi parce que ce n'est pas comme ça que ça marche entre vous ; il n'y a pas ce genre de blagues, pas ce genre de plaisanterie, de moquerie parce que vous savez tout deux à quel point elles peuvent faire souffrir, vous savez tout deux à quel point il est mal et douloureux de faire croire des choses. Tu es tombé, plusieurs fois, tu es tombé si fort que tu t'es brisé un peu comme un miroir qu'on aurait laissé éclater. Tu es tombé et personne n'était là pour te rattraper, mais personne n'était là pour te ramasser non plus ; et tu oses espérer que maintenant, il y a quelque chose de différent, tu oses espérer que tu n'es plus si seul que ça, que tu ne tomberas plus ou que peut-être tu attireras dans ta chute tout ceux qui ont voulu te faire chuter. Mais ce n'est pas ce que veut te dire Chidori quand elle te dit qu'elle tient à toi, ce n'est pas ce qu'elle te dit quand elle articulé son besoin de toi ; ce n'est pas ta chute qu'elle veut entraîner, c'est ta main qu'elle veut prendre dans la sienne, qu'elle veut serrer si fort que si elle pouvait, elle te la broierait. Elle veut te tenir, te tenir très fort, t'empêcher de tomber. C'est jouer le funambule au bord de la falaise que de prendre sa main dans la tienne et tu as semblé l'accepter parce que si elle te tient, ça veut dire que tu la tiens aussi, que tu es là, que ta main se serre dans la sienne. Si elle a besoin de toi, c'est parce que vous vous retenez, parce que vous observer le creux sous vos pieds tout en résistant à cet appel du vide, celui qui vous dit de vous jeter, ces sirènes sans nom qui dans le fond de vos esprits vous dit que ce n'est pas si mal de tomber ; mais dieu que c'est douloureux, toi tu le sais, elle doit le savoir aussi et votre piédestal, vous ne semblez plus vouloir vous ramasser. Elle te le promet fort, n'est-ce pas ? Et toi tu le crois encore plus fort et tu te dis que cette promesse, c'est un peu comme celle des enfants, tu te dis qu'elle est là, gravée n'importe où, dans le ciel, dans vos peaux, elle est là et tu veux y croire comme on croit à n'importe quoi, tu veux y croire comme on le prie à l'Eglise. Ce n'est qu'une promesse et tu sais ô combien les promesses sont détruites, tu sais ô combien l'homme ne les tient jamais, tu sais ô combien il est compliqué de se plier à de simples mots qui un jour s'envoleront. Parce que toi tu sais qu'un jour elle en aura marre, tu sais qu'elle ne voudra plus de toi, tu sais que cette promesse ne sera plus qu'un simple souvenir, tu t'en doutes -tu ne veux en aucun remettre sa parole en cause mais le temps passe et les gens s'oublie, c'est comme ça qu'on t'a appris la vie et même si toi tu ne voudrais pas l'oublier, qui se rappelle vraiment de toi ? Tu es déjà persuadé que chez toi, tu n'es même plus Jasmin, tu es « celui qui avait des pouvoir », ou quelque chose du genre. Et peut-être que ce sera pareil pour elle ; tu seras celui qui était bizarre, tu seras celui qui était plein de maladies, tu seras celui qui s'est mis à pleurer après de simples mots en croyant qu'ils sont vrais ; parce qu'ils le sont n'est-ce pas ? Elle te l'a promis, tu la crois et pourtant, le futur de ces mots te fait si peur, tu es effrayé qu'ils s'efface avec le temps, tu es effrayé qu'ils ne veuillent plus rien dire et tu es effrayé, si effrayé de les voir se perdre comme un simple promesse dans le vent. Certainement que tu es trop inquiet et certainement qu'on ne peut que t'en vouloir parce que si elle le dit, c'est que c'est vrai. Vie dans le présent, Jasmin, ne te laisse pas emporter comme tu le fais, ne pense pas à ce futur qui n'est pas encore prêt à se dessiner et laisse faire la Destiné ce qu'elle veut de toi, de vous, de ces mots qui semblent s'être encré dans tes veines. Elle a besoin de toi et toi, tu as promis aussi. Promis d'être là ; et tu n'as aucun droit quant à briser cette douce promesse, tu n'as aucun droit quant à la décevoir ; elle te le jure fort et tu réponds : « Moi aussi » parce que c'est la vérité, parce que tu le jures fort, parce que tu veux qu'elle sente cette promesse autour d'elle, parce que tu veux que comme des chaînes à ses chevilles, cette promesse soit sans cesse dans le fond de sa pensée. Tu es là, malgré tout, malgré toi.  

Elle ne veut que toi, dit-elle, et certainement que tu ne comprends pas ça. Pourquoi toi ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? C'est quelque chose que tu ne comprendras vraiment jamais et tu sais que le fait de te dénigrer n'aide en rien et tu sais qu'elle n'aime pas et tu sais que personne n'aime mais que peux-tu y faire, très sincèrement ? On ne t'a jamais donné les moyens de sourire, on ne t'a jamais donné les moyens de te dire que tu es beau, que tu es grand, que tu es fort. On ne t'a jamais donné les moyens de te dire que tu pouvais faire tout ce que tu voulais, comme tu le voulais, qu'un jour quelqu'un pouvait compter sur toi, qu'un jour quelqu'un pouvait te trouver inspirant, qu'un jour quelqu'un te dirait ce genre de choses. Tu ne te souviens pas des derniers mots agréables que l'on a vraiment pu te dire -et tu ne parles pas de Shion, parce que Shion est toujours agréable, parce que Shion est toujours là pour toi, parce que Shion sait toujours dire ce qu'il faut quand il faut et qu'encore maintenant, tu le remercies plus que quiconque, peut-être même plus que Chidori. Mais tu te souviens de cette confiance que l'on prend, que l'on écrase, que l'on piétine, que l'on roule dans la boue comme si ce n'était rien, comme si elle n'existait pas. Confiance dis-tu ? Est-ce vraiment un mot dans le dictionnaire, est-ce vraiment quelque chose que tu as le droit de connaître ? Il y a bien longtemps que l'on t'a privé de ce plaisir comme s'il était impossible pour toi de connaître le bonheur de la certitude. Tu n'as jamais été convaincu d'être quelqu'un de bien, encore moins quelqu'un sur qui on peut compter, toujours moins quelqu'un qui pourrait inspirer des choses aux autres. Oh non, tu es l'enfant né sans raison, l'enfant un peu à part, un peu spécial, celui qui semble être si différent, le malheur de tes parents eux qui ne semblaient pas supporter la différence. Tu es ce qui deviendra probablement la suprématie d'une race et pourtant on t'a regardé de si haut que tu n'arrives plus à te relever, on t'a tellement marché dessus que tu as encore des bleus au cœur, des bleus au corps. Et tu voudrais te persuader de ce que tu penses, et tu voudrais te persuader de ce que tu peux penser ; tu voudrais être certain que si vous, les magiciens, vous existez, c'est parce qu'il a fallu un développement supérieur au monde, parce qu'il a fallu que l'homme s'adapte et que c'était bien la seule technique, le seul moyen et on ne peut cracher sur la nature pourtant on t'a craché dessus. Il n'y avait pas besoin de respect pour quelqu'un qui n'était qu'une sorcière et tu rigoles un peu, un peu beaucoup peut-être, parce que tu te dis que quelques siècles plus tôt tu aurais terminé sur le bûcher, elle aussi, vous tous et maintenant vous êtes simplement enfermé dans cette prison ensoleillée, celle qu'on fait passer pour le beau des endroits alors qu'il n'est qu'une cage dorée. Elle ne veut que toi et toi seul et les mots raisonnent étrangement, parce que ne vouloir que toi, c'est un mensonge n'est-ce pas ? Une sorte de mensonge, un histoire qu'elle dit mais tu sais qu'il n'y a pas que toi, tu sais qu'il y a les autres mais ça, tu ne peux pas lui en vouloir et ce que tu ne comprends pas c'est que certainement, elle parle de son art, ce qu'elle dit, c'est qu'il n'y a que toi pour ça mais toi, tu ne veux tellement pas y croire, tu ne veux tellement pas le voir que tu as fermé tes yeux à cette vérité, tu t'es rendu aveugle à ses mots ; parce que ça t'échappe, parce que tu ne comprends pas, parce que cette partie de la vérité est bien trop gênante, bien trop effrayante ; en quoi peux-tu être seul, en quoi peux-tu être unique ? Et tu te souviens bien que c'est cette différence qui te causait du tort et même des années après tu as l'impression que ça te hante, que tu ne veux plus être le seul. On te l'a dit pourtant qu'ici, tu étais censé te faire des amis, que tu devais être comme tous les autres alors pourquoi est-ce qu'il n'y a que toi, pourquoi est-ce qu'il n'y aurait que toi ? Et tu voudrais lui faire ouvrir les yeux sur la vérité, sur le monde, tu voudrais lui montrer que tout est beau, que tout est magnifique, que tu n'as rien de spécial, rien qui pourrait lui plaire, rien qui puisse vraiment être unique. Elle est folle et toi tu es fou, vous avez à vous deux trouvé le terrier d'Alice et peut-être même que vous avez fini par tomber dedans. Elle est comme cette reine qui ne veut que des roses rouges ou peut-être est-elle comme cette chenille au calumet toi tu n'es rien d'autre que le chapelier, et tu voudrais en rire fort de cette histoire mais tu ne sais comment expliquer votre folie ; passagère ou non, tu ne pourras jamais te dire que tout va bien quand elle te dit qu'elle ne veut que toi, parce que toi, qu'est-ce que tu as ? Rien, rien. Tu n'es que Jasmin et tu n'es pas certain que ça suffise. Tu n'es que Jasmin et tu voudrais qu'elle s'en rende compte.
Attendez.
Si elle s'en rend compte, elle te quittera, n'est-ce pas ? Si elle s'en rend compte, que tu n'es que Jasmin, que tu n'as rien, elle partira non ? A la recherche d'une autre perfection, d'une autre personne pour lui tenir la main, et voilà que tu te sens déjà prêt à tomber à nouveau. Si elle se rend compte que tu n'as rien de spécial, que tu n'es qu'un fou de plus parmi les autres, elle s'en ira n'est-ce pas ? Comme un oiseau libéré de sa cage elle s'envolera très certainement et tu te rends compte que ce n'est pas ce que tu veux, oh non, loin de là, ce n'est pas ce que tu veux. Tu ne peux donc pas lui dire, pas vraiment, tu ne peux donc pas lui expliquer parce que si elle te laisse, que deviendras-tu, réellement ? Tu auras perdu une partie de toi, tu crois, et c'est là que tu comprends ; depuis quand est-elle si importante ? Depuis quand peux-tu dire que la voir s'en aller t'effraie au plus au point, depuis quand peux-tu dire que la voir partir est comme un cauchemar, depuis quand peux-tu dire que la voir te quitter t'arracherait la moitié du cœur ? -et l'autre moitié, c'est Shion qui l'emportera avec lui, tu peux le jurer.

Mais c'est elle qui s'accroche à toi, elle s'accroche si fort que tu es prêt à tomber, que tu t'étrangles. Elle s'accroche à toi et se montre comme elle ne s'est jamais montrée. Elle te supplie et jure, encore et encore, des promesses qui se grave dans ta peau, des mots que tu auras dans le sang jusqu'à ce qu'il soit vidé de ton corps. Des mots que tu n'oublieras pas, que ta mémoire ne saurait effacer, des mots qui finiront dans ton carnet. Et tu ne sais comment expliquer, et tu ne sais comment dire mais tu voudrais te souvenir de tout ça encore longtemps alors quand tu rentreras, tu prendras ton cahier et tu écriras tout, vraiment tout. Tu écriras les promesses, tu écriras les mots, tu écriras les cris, les pleurs, les tiens et les siens et vos désespoirs communs. Tu écriras tout ce qui est gravé dans ta mémoire et le papier sera encré de tes mots à l'envers et de tes idées en vrac. Peut-être y aura-t-il aussi ces questions que tu ne cesses de te poser, ces questions que tu ne comprends pas, ces questions qui ne franchiront pas la barrière de tes lèvres parce que tu ne saurais même pas mettre de mots corrects dessus, parce qu'ils sont là sans être là, parce qu'ils ne sont que des mots qui tournent encore et encore, toujours, qui te hantent et t'empêchent parfois de dormir et tu te dis ; et si tu mourrais maintenant ? Te traiterait-elle d'égoïste de l'avoir laissée, est-ce qu'elle se sentirait abandonner ? Et tu voudrais qu'elle ait d'autre personnes pour elle, et tu voudrais qu'elle puisse être comme avec toi, avec d'autre -ou peut-être que tu ne veux pas tellement ? Mais si un jour tu pars, si un jour tu crèves, si un jour tu n'es plus là, si un jour t'es malade ; tu ne veux pas que les sentiments qu'elle te montre se retrouvent de nouveau enfoui sous une tonne d'hypocrisie, de fierté, sous une tonne de toutes ces choses que toi aussi, tu montres, parce que paraître faible ce n'est pas un truc que l'on fait chez fou. Vous êtes bien trop fiers pour pleurer et pourtant voilà que tu ne sais faire cesser les larmes qui ont pris place sur tes joues comme les chutes du Niagara ont pris leur place dans le monde. Pourtant, ces pleurs ne font pas parti des merveilles du monde ; il n'y a rien à chérir dans les larmes salées qui te noient le visage et il n'y a rien à bénir sur ce visage déformé par la soudaine tristesse, par la soudaine douleur, par le soudain désespoir qui a pris tes tripes. C'est le sien qui te secoue comme il ne t'a jamais secoué, c'est le sien qui t'a pris par les épaules et qui t'a doucement fait faire des allers-retours pour te remettre les idées en place. Chidori, elle a peur d'être seul n'est-ce pas ? Elle a autant peur que toi d'être abandonnée et tu ne sais que dire, que faire ; « Je suis là.. » ce sont les seuls mots que tu peux articuler, la seule chose qui te vient à l'esprit, parce que c'est la vérité. Tu es là, tu seras toujours là, tu l'as dit non ? Tu l'as promis toi aussi, tu lui as promis si fort que tu espères qu'elle l'entende encore, cette promesse. Parce que toi, tu ne dis pas ces mots pour rien, tu ne dis pas ces mots en mensonge. Tu n'aimes pas mentir, parce que mentir, ça fait mal, si mal que toi tu souffres encore de tout ce que l'on t'a fait croire. Tu ne veux pas lui mentir à elle comme tu peux mentir aux autres, parce que ce serait la salir, parce que ce serait lui faire du mal et tu sais que ce n'est pas ce qu'elle a demandé ; pourtant, elle, elle semble pas hésiter quand elle se retrouve avec les autres, c'est à peine si elle te connaît. Mais tu ne le prends pas mal, tu es habitué, tu ne le prends pas mal parce que tu sais que c'est comme ça que l'homme agit, tu sais que c'est comme ça que tout le monde fait ; on est jamais soi-même autour des autres, il faut toujours jouer un rôle, porter un masque, faire du théâtre, rire et pleurer pour faire plaisir parce que si, ô dieu, tu ne t'intéresses pas à ces petites personnes, à quoi sert-il d'être ici ? Il y a un égocentrisme certain chez l'Homme qui parfois te dégoûte si fort que tu ne sais pas quoi dire, parce qu'au fond, toi aussi tu es un peu comme ça, toi aussi tu es un peu égocentrique, égoïste. Tu veux que l'on s'occupe de toi, tu veux que l'on fasse attention à toi, tu veux que l'on prenne soin de toi -et des fois, tu te rappelles, que l'on te disait que tout ça c'était pour de faux, que tu faisais semblant juste pour avoir de l'attention parce que tu n'étais qu'un enfant, parce que l'on t'ignorait, parce qu'on te laissait seul et il  y a des moments où tu les as crus, il y a des moments où tu pensais leur donner raison, qui sait ? Peut-être que si tu es comme tu es aujourd'hui, c'est parce qu'on ne t'a jamais donné l'attention que tu désirais, que pensais mériter et des fois, tu aimerais te cogner la tête contre les murs parce que si tu devais choisir, tu renoncerais à cette chose qui semble te ruiner la vie, si fort et si fort que quand Chidori plonge ses yeux dans les tiens, quand Chidori est là à se morfondre, toi tu ne peux même pas la prendre dans tes bras. Et pourtant, au fond de toi, tu voudrais la serrer, un peu, dans tes bras, rien qu'un peu, juste comme ça. Tu voudrais la prendre dans tes bras quand elle te dit merci et tu voudrais la prendre dans tes bras pour lui faire comprendre que ce n'est rien, pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas à te remercier, pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas à dire ces mots qui t'ont brûlé les lèvres, parce que ça a un peu écrasé ta fierté, parce que ça a un peu fait mal, parce que tu ne sais pas dire merci d'habitude, parce que c'est un mot polysémique auquel tu ne sais donner un sens réel, un sens premier et toi, tu as presque envie de pleure ; encore, plus fort, toujours parce que les larmes n'ont jamais cessé de couler, parce qu'elles sont toujours là, parce que tu renifles, parce que tu t'essuies sur la manche de ton haut, parce que tu te sens si faible face à tant de larmes mais si ridicule d'être le seul, oh oui, si ridicule. C'est une faiblesse comme une autre, que l'on dit, mais tu n'aimes pas montrer d'autres de tes faiblesses, tu détestes bien fort de te montrer encore plus à terre que tu ne l'es déjà. Tu ne sais pas pourquoi est-ce qu'elle te remercie, mais ça te fait plaisir. Tu ne sais pas pourquoi est-ce qu'elle te remercie mais ça te fait battre le coeur, tu ne sais pas pourquoi elle te remercie mais qu'elle continue de le faire parce qu'on ne te l'a jamais dit, parce que c'est une sensation que tu ne connais pas, que tu ne connais si peux. Et elle le dit encore, encore et toujours, en une douce litanie et toi ça te berce le coeur, ça te berce les maux et tu as comme l'impression que ça va mieux, comme l'impression que plus rien ne se passe, que le temps s'arrête peut-être.

Ce sont ses larmes qui te tirent de cette douce transe, celle de ton importance. Ce sont ses larmes qui brisent ta  tranquillité passagère et de la voir pleurer, tu ne sais pas quoi faire -qu'aurait fait Shion, s'il avait été là ? Certainement qu'il l'aurait prise dans ses bras, pour la serrer fort, fort fort, et peut-être que tu voudrais faire pareil mais tu ne peux pas, tu as peur, si peur de la prendre dans tes bras, si peur de la toucher, un peu comme si elle était un danger de mort, un peu comme si elle ça allait te coûter la vie et tu paniques, tu paniques si fort de la voir ainsi ; « Chi, pleure pas, oh pleure pas s'il te plaît.. s'il te plaît pleure plus… Je suis désolé. » désolé de quoi, tu ne sais pas. Certainement désolé de ne pas la consoler, désolé de ne pas la calmer, désolé de ne pas savoir y faire et elle pleure encore alors la seule chose que tu trouves à faire, c'est lui tendre ta manche, sans la toucher, sans rien, juste tu lui tends ta manche pour qu'elle essore ses larmes. C'est un peu comme un geste enfantin, anodin, la seule chose que tu peux réellement faire sans te poser de question. Va-t-elle t'en vouloir de ne pas la toucher ? Va-t-elle te dire que tu n'es qu'un con, qu'un abruti ? Qu'un bon à rien ? Va-t-elle te dire qu'elle fait énormément pour toi alors que toi, tu ne fais rien ? Non, non, tu ne sais pas ce qu'elle va te dire mais tu as peur du jugement qu'elle peut te porter, tu as peur de ta punition ; un peu comme on craint que le ciel ne nous tombe sur la tête. « Tu sais.. je.. » et tu inspires, expires, essayes de calmer tes larmes. « Je ne te laisserai jamais. » n'est-ce pas la seule chose que tu peux promettre, n'est-ce pas la seule chose que tu puisses dire ? Elle t'a coupé la gorge, elle a bouffé tes cordes vocales avec ses mots tranchants et si beau, avec le sublime de ses déclarations. Que peux-tu lui dire d'autre ? De rien serait pris pour de la suffisance, mais rien ne te vient. Les grandes déclarations, ce n'est pas toi, tu ne sais rien dire de concret, rien dire de beau, rien dire comme elle qui fasse sauter le coeur. Tu voudrais qu'elle ne comprenne qu'avec ton regard.
Et tu ne sais pas.
Si tu vas paniquer.
Tu ne sais pas.
Ce qu'il va t'arriver.
Mais tu as cédé.
Parce que l'homme est faible, parce que l'homme ne sait pas résister à la tentation, parce que l'homme ne peut qu'écouter son coeur, parce que merde si Eve a croqué dans la pomme ce n'est pas parce qu'elle était conne ou parce qu'elle était tentée, c'est parce que ce qu'elle avait dans la boîte crânienne lui a certainement permis de réfléchir aux choses de la vie et certainement qu'elle a compris l'arnaque. Si Pandore a ouvert la boîte, c'est parce qu'elle a cédé, si Oprhée s'est retourné, c'est parce qu'il a cédé et c'est cet abandon de toute volonté propre qui fait avancer l'histoire ; tu vas faire avancer la tienne d'histoire Jasmin, tu vas essayer et peut-être que tu as retenu ta respiration, et peu-être que tu n'as pas réfléchis et surtout, ce devait être soudain même pour la brune mais voilà que tu as passé tes bras autour d'elle. Il y a entre vous le coussin est peut-être est-ce cette barrière qui semble te sauver la vie et tu as fermé les yeux, tu les as serrés fort. Tu n'aimes pas la sensation du corps chaud sous tes mains. Tu n'aimes pas savoir que ce que tu touches, ce n'est pas propre. Tu n'aimes pas savoir que tu risques d'avoir des millions de microbes grouillants sur ta peau, un peu plus encore qu'au naturel. Tu n'aimes pas savoir qu'elle va te toucher, peut-être rendre l'étreinte mais, c'est Chidori. C'est Chidori et cette étreinte, elle la mérite, elle la mérite si fort que tu serres, serres, serres tellement que le coussin est compressé entre vous, si fort que tu as pu nouer tes bras dans ton dos, si fort que peut-être tu l'étouffes un peu ; mais c'est très certainement la seule et unique preuve de tout ce que tu as dit, la seule et unique promesse que tu scelles, c'est très certainement la seule et unique fois que tu la prendras dans tes bras. Et voilà qu'encore une fois, tu pleures, paniques.
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Sam 20 Aoû - 14:58
Paint me a wish on a velvet sky

feat. jasmin

Tu es toute cassée, toute brisée. Tu es là et tu ne sais plus quoi penser. Ta poitrine, elle est serrée et ça bat si fort, bien trop fort. T'as l'impression que tu vas exploser, que tout ce qui est en toi va se fissurer. C'est brutale, comme réaction, mais tu ne l'as contrôle pas. Tu l'endures, tu la supportes, mais si mal. Car ces sentiments sont les plus belles douleurs. Tu veux lui murmurer des monts et des mots, tu veux annoncer la couleur de tes larmes, de tes sentiments. Mais tu ne fais rien. T'es trop pétrifiée pour ça. T'es trop pétrifiée pour lui. Et tu ne peux rien faire. Tu ne peux rien faire car tu n'en as pas le cœur. Cette souffrance, elle te fait sentir vivante. Cette souffrance, elle fait battre le sang qui coule dans tes veines. Quelle est belle, cette douleur. Ce n'est pas corporel, c'est sentimental. Et c'est pire. Parce que les sentiments, tu fais semblant de ne pas en avoir depuis si longtemps. Tu t'es forgée un cercueil d'acier, mais tu as désormais l'impression qu'il s'agit de ceux remplis de piques. Ceux qui te font mal à en crever. Mais c'est toi. C'est toi qui te blesse, c'est toi qui en souffre. C'est toi la pitoyable, celle qui a mal, les mots au cœur, le cœur aux lèvres. C'est brûlant, dans ton ventre, et les brûlures coulent le long de ta joue. Tu te sens marquée à vie au fer rouge, comme si le monde entier allait savoir que tu as pleuré, que tu pleurs encore.
Mais tu t'en fiches.
Mais tu t'en moques.
Tu t'en moques si fort.
Tu t'en fiches tellement.

Ils peuvent aller au diable, les autres. Ils peuvent mourir demain que cela ne te ferait rien. T'as la poitrine en flamme, de celles qu'on n'arrête pas sans se brûler les doigts. C'est bouillant. T'as le sang en ébullition, tel un volcan, mais tu es tétanisée comme le magma qui se fige. Tu pensais être aussi dure que cette croûte mais là, face à cela, ce n'est pas le cas. Face à cela, toi tu te meurs. Tu les entends les booms booms qui sonnent dans tes oreilles et tu ne fais rien pour les calmer. Ils sont lourds, remplis de sens. Mais toi, toi t'en es dénudée, de ce sens. Toi t'es juste là pour observer. Tu t'es donnée ce discret rôle durant des années, à poser le regard sur les autres afin de les juger, comme si tu pouvais te le permette. Et là, c'est à ton tour de te faire voir, observer par celui qui est probablement le plus proche de toi sur cette île. Et tu comprends. Tu comprends ce que cela fait d'être mise à nue, à savoir que n'importe qui peut penser n'importe quoi de toi sans avoir la moindre idée de ce qui se produit dans ton esprit. Et tu te hais un peu, Chidori, tu te hais d'être immonde envers toutes ces personnes bien plus courageuses que toi. Car le problème est là; tu n'as pas de courage. Tu montes sur tes grands chevaux, exemple de droiture incarnée, mais au fond même un enfant de cinq ans ose plus que toi. Ose plus de vivre, ose plus d'agir. Toi, tout se passe dans ta tête. Les mots, tu les gardes au fond de ta gorge, parce que penses qu'ils ne méritent pas. Pourtant, cette fois-ci t'as parlé.
Pourtant, cette fois-ci t'as pleurer.

Tu t'es laissée aller en te disant que tu avais le droit, que tu le méritais. Mais la vérité, c'est peut-être pas ça. La vérité c'est peut-être que tu voulais te rendre pitoyable afin qu'il soit faible, lui-aussi, et qu'il ne te laisse pas. La vérité, c'est que tu en profites. C'est ce que les autres penseraient, s'ils te voyaient. Mais là, ils ne sont pas présents. Là, il y a juste lui et toi. Il y a cette envie de merveilles qu'on ne compte pas. Et tu veux qu'il te pardonne. Qu'il t'excuse pour ton égoïsme, pour tes faiblesses et pour tes erreurs. Tu te veux laver de tes pêchées afin de ne plus le souiller, simplement en respirant le même air. Cela te bouffe de l'intérieur, ça te dévore tes entrailles et c'est ça.
C'est ça le mal.

Tu es pourrie à souhait.

Il y a ces mots que tu as prononcés, ceux que tu penses de tout ton être mais que tu ne pensais jamais dire et pourtant, tu les as agonisé. Car oui, c'est l'agonie que tu ressens. Tu as peur, effrayée, mais tu souffres encore plus. Tu agonises de toi-même, car tu seras probablement la seule raison de ta mort, si ce n'est lui. Parce que oui, Chidori, il t'arrive de penser au rejet et de te demander ce que tu ferais. Tu ferais semblant. C'est ce que tu fais de mieux dans ta vie. Tu ferais semblant mais au fond tu aurais un trou béant où tous tes sentiments finiraient par se combattre et ne te laisser que de reste de souffrance. Et parfois, il t'arrive de penser que tu préférerais ne rien ressentir, dans ce cas là, tout comme la femme de glace qui ne cesse d'être au regard du monde.

Mais pas du votre;
Pas du sien.

Parce que Jasmin et toi, ce n'est pas ça. Ce n'est pas quelques âneries pour faire rire la galerie, ni même des phrases pour briller sous le feu de la piste. Jasmin c'est la pureté, c'est presque l'enfance rêvée. Il a beau être âgé, tu as l'impression que c'est un petit frère et toi –
toi t'es là.
toi tu es là, hideuse de l'être.

T'as l'espoir qu'il trouve mieux mais la perdre de le perdre. Tu n'as pas d'espoir, pour être honnête, juste des craintes. Parce que tu serais capable de détruire la personne qui t’enlèverait ce bonheur. Tu serais capable d'être monstrueuse. Et tu le feras probablement pleurer, ce jour-là. Tu le ferais souffrir et tu ne sais même pas si tu t'en voudrais. Parce que tu le ferais revenir, non ? Parce que c'est tout ce que tu veux; qu'il te reste, que son être imprègne ta peau. De son parfum à ses atomes. De son regard à ses paroles. Ô Jasmin, c'est d'avouer cela qu'elle ne peut pas. C'est d'avouer tout ça que jamais elle ne fera. Jasmin. Jasmin, Jasmin. Jas –
Jasmin.

Ce prénom que tu retiens si bien, mais que tu as parfois tant de mal à prononcer. Ces efforts que tu fais chaque jour afin d'y arriver. Parce que tu veux lui montrer. Tu es désireuse de lui prouver qu'il compte pour toi, que rien de tout ce la n'est une blague et qu'il peut avoir confiance. Jasmin. C'est l'enfant du bonheur, Jasmin. Alors, tu veux lui montrer que tu es là, qu'il peut compter sur toi, que tu ne fais pas cela que pour toi, mais aussi pour lui. Surtout pour lui. Parce qu'il est là alors qu'il n'y est pas obligé. Qu'il probablement mieux à faire, comme avec Shion par exemple, et que tu comprends si bien cette amitié qui est leur. Après tout, tu aurais peut-être pu avoir la même si tu te montrais, au-delà de ces murs, comme tu l'es réellement. Mais tu ne le fais pas. À croire que tu préfères semblant. Shion, lui, ne fait pas semblant. Shion, lui, se dévoile au monde. Et ton problème vient de là. Toi, tu te drapes dans un mensonge tissé avec le plus grand soin. Mais pas lui. Lui, brille aux yeux des autres. Lui, brille aux yeux de Jasmin.
Et tu le jalouses.
Tu le jalouses à t'en blanchir les mains.

Tu te dis qu'un jour, Jasmin disparaîtra. Qu'un jour, il te laissera. Et peut-être serait-ce pour lui, parce que Shion assume ce que tu caches et que Jasmin mérite de briller au côté de quelqu'un pouvant le lui permettre. Quand tu y penses, c'est compréhensible mais cela ne calme en rien le flot de larmes que tu ne sais retenir. Tu sais à peine si tu veux les arrêter ou les laisser couler, laisser le vrai ressortir. Tu ne sais même pas si tu le peux. C'est tout le poids de tes épaules qui disparaît, qui s'épuise, s'écoule le long de tes pommettes. Et tu le laisses faire. Tu le laisses partir, ce poids, s'échapper et s'enfuir, parce qu'au fond, cela fait du bien. Au fond, t'as l'impression d'être plus légère, un peu mieux. Tu sais aussi que ce n'est pas que pour ça, que c'est pour ces mots, cette promesse qu'il t'offre. Il est là. Il est là et tu désespères presque de le voir disparaître. Mais il est là, en ce moment même, avec toi. T'as les doigts qui se resserrent contre le coussin parce que t'as rien d'autre à faire. Parce que tu ne sais pas quoi répondre tellement cela est beau, que ça te bouffe. Tu es émue, Chidori, et tu le montres. À lui, tu ne lui caches pas, pas après ça. Pas après ces promesses et révélations, pas alors que tu as peur de le perdre à tout jamais. Parce que voilà;
Il est là et reste.

— Merci. Cela t'échappe. Merci tellement.

T'as la voix qui est cassée, qui est craquée. T'as l'esprit sur le point de chuter, de tomber. Tu le retiens, fier et brave, tel la plus belle de tour des hommes. Mais d'un autre côté, t'as envie de lâcher prise, de tout laisser partir. Tu ne sais pas si tu peux alors tu te fais force, tu te retiens. Tu te retiens de murmurer d'autres choses, de parler pour quelques vérités que tu n'oses pas encore avouer. Mais la plus belle est déjà sortie. Le besoin de lui, de Jasmin. Parce que c'est ce dont il s'agit. Un besoin. Une envie irrépressible de l'avoir près de toi. Tu ne sais pas s'il le comprend, s'il le voit. Tu ne sais pas et au fond, tu t'en moques éperdument, du moment qu'il te reste. Tu serais prête à utiliser ta magie pour le faire rester, Chidori, même si rien ne te le permet vraiment. Tu serais prête à te changer en cet oiseau de malheur, ce corbeau mal léché pour l'épier. Ce n'est plus de l'amitié, à ce niveau là, c'est de la folie pure, simple et dure. Mais c'est ce besoin qui te fait perdre la tête, ce besoin de Jasmin et de lui seul. Tu serais prête à laisser en plan Babylone pour lui, parce qu'il est tellement plus important que cette fausse relation. Tu serais prête à tellement, tellement de choses pour qu'il te reste. Mais si ses mots s’intègrent à ton esprit, alors il s'agit d'une petite partie de lui, alors …
Alors …
Alors, tu les gardes tel un trésor.

Tu lui fais comprendre que tu as besoin de lui, que tu ne te vois plus sans lui et qu'il se te laisse tu n'es plus rien. Que s'il te laisse te perdra goût à tout, si ce n'est à toi. C'est l'essence des couleurs, des sensations et des émotions. C'est l'essence d'un être, de toi. Tu ne sais pas depuis quand c'est comme ça, car à force de te voiler la face, ce détail t'a bel et bien échappé. Et pourtant, pourtant tu le sais. C'est écrit noir sur blanc dans ta tête. C'est écrit sur chaque parcelles de ton corps, sur chacun de tes mots et dans tous tes gestes. Et tu l'as nié. Tu l'as nié pendant tellement de temps que tu ne sais plus à quel moment cela a commencé, comment c'est arrivé. Mais c'est là et, c'est bien étrange de l'avouer, dans un sens, tu lui appartiens. Dans un sens, tu n'es plus rien sans lui alors peut-être es-tu devenue juste un moyen de le faire vivre, de lui faire passer le temps. N'es-tu pas devenue l'ombre de Jasmin, dans cette chambre que certains nomme palais doré ? Tu ne sais pas et tu ne l'as jamais su, ça. C'est un de ces mystères, de la même race de celui qui t'a fait voir le beau en lui. Mais c'est évident, te dis-tu, le beau émane de lui. Il est le beau, l'inspirant. Il est toutes ces choses que tu rêves de représenter, que tu ne fais que penser.
Il est l'incarnation d'un monde et tes larmes en sont la preuve.

Et ce monde, c'est en quelque sorte la représentation de la liberté. Jasmin, c'est la liberté. Jasmin c'est le libre incarné. Son monde, c'est là où toutes les choses sont possibles. Son monde, c'est là où rien ne t'arrête, où tu ne vois plus aucune limite. Et il est beau, ce monde, aussi beau que sa représentation. Tu demandes si, dans un sens, il ne serait pas une sorte de création divine, sortie de nul part, et qui serait pour redonner espoir. Parce que Jasmin, c'est ça aussi. C'est l'espoir. Ton espoir. C'est égoïste, ce moyen de te l'approprier. C'est égoïste mais tu n'as pas le choix, parce que tu n'as que les mots pour ça. Les gestes, il les refuseras. Ta main sur la sienne ou ne serait-ce que sur son épaule. Tout ça, il refusera. Il te l'a dit, après tout, il s'est déjà lavé tant de fois aujourd'hui que tu le vois mal recommencer encore une fois à cause de toi. Parce que tu es la fautive, dans tout cela. T'as craqué, tout à l'heure, t'as craqué et tu l'as fait souffrir, douter. Parce que le doute c'est sa souffrance mais que toi, toi tu ne veux que son bonheur.

Mais il est là, il te le dit malgré ses larmes. Il est là et toi aussi et pendant cet instant, c'est tout ce qui compte, c'est tout ce qui importe. Pendant cet instant il n'y a rien d'autres d'important. Tu t'en fiches que vous soyez par terre, à pleurer corps et âme. Tu t'en fiches tellement que tu n'y penses pas. Tu ne penses qu'à ses mots qui s'invitent dans ton esprit, qui s'accrochent et qui ne repartent pas. Il a suffit de trois mots et tu perds encore pieds. Il est magique, Jasmin, parce qu'il est tellement fort pour te chambouler que face à lui tu ne peux rien. Tu peux juste ressentir et être misérable face à toi-même. Il y a ton reflet dans ses yeux; tu n'es qu'une image à travers lui. Tu n'es rien, Chidori, parce que depuis que tu es sur cette fichue île, tu n'es plus que le reflet des autres. Et aujourd'hui, tu n'es qu'un reflet dans les yeux de Jasmin. C'est lui qui te fait vivre en ce moment-là. C'est lui qui pose les yeux sur toi et toi qui plonge dans son regard, qui te perd, qui te –
… perd.

Et il y a ces mots qui sont toujours présents, qui te guident dans ce labyrinthe de sentiments. Il y a ces mots toujours présents et tu as le cœur qui explose encore un peu plus. Il a l'air d'un enfant, Chidori, il a l'air d'un enfant et il s'excuse. Il s'excuse pour rien, pour toi, et tu sais pas quoi dire parce que tu ne fais que pleurer, que t'en as les épaules qui tremblent. Tu ne sais plus quoi dire parce que tu n'as pas les mots et qu'il n'y en aura jamais d'assez beau, d'assez fort pour décrire ce qui se passe en ce moment. Et toi tu pleures encore plus alors qu'il y a sa manche qui arrive devant toi mais à la place tu passes ton bras devant tes yeux pour essayer de cacher ça. Tu en meurs d'envie de l'utiliser, cette manche, tu ne peux pas. Tu ne te le permets pas. Tu n'as pas le droit de faire ça à Jasmin, pas à lui à qui tu dois le monde, à qui tu dois ta vie et ses quelques moments de bonheur. Ces mots ce sont des pansements mais guère tes mouchoirs. Il en rajoute, pourtant, et toi tu ne peux rien faire. Toi t'es juste là, bonne à rien, à pleurer alors qu'il t'annonce qu'il ne te laissera jamais. Et tu vois le croire. Tu le crois, même, docilement, mais ça ne te calme pas. Tu ne sais pas ce que tu as, pourquoi tu pleurs comme ça. Sûrement un autre effet de Jasmin que tu viens de découvrir, tout simplement.
Mais les larmes sont votre et cela ne change rien.
T'es juste encre plus faible.
T'es juste là à rien pouvoir faire.
T'es juste en train de le faire souffrir.
Parce que ça, tu sais faire.
Tu sais si bien le faire que tu te hais.
Parce que tu sais si bien le faire,
Que ça lui brise de sa beauté.

Mais le pire reste à venir. C'est pas ses mots qui sont beaux qui te font le plus d'effet. Tu étais persuadée que rien ne pourrait plus te chambouler, mais tu avais tord. T'étais pas prête pour ça. Dans un sens, tu l'as jamais été. Tu l'as toujours demandé, pourtant, t'as toujours voulu l'avoir. T'as toujours les yeux contre ta peau quand ça arrive. Tu l'as littéralement pas vu venir. Au début tu comprends pas ce qui passe autour de toi et puis d'un coup, tu as bougé. D'un coup, tu t'es laissée chavirer. Tu t'es laissée attirer parce que tu sais rien faire d'autre, à ce moment là, parce que tu penses que tu hallucines, persuadée que ce n'est pas possible.
Et t'as le cœur qui a stoppé de battre.
T'as le bras qui pend à la dérive.
T'as les grands yeux.
Et t'as l'impression que tes larmes se sont arrêtées.

C'est juste une impression, parce que ça reprend du plus belle et tu ne peux pas t'en empêcher, de le serrer entre tes bras, comme si ta vie en dépendait. T'es qu'une gamine dans ce moment-là. Tu te rends pas compte de ce que tu fais, ou alors si mais tu t'en fiches. Tu vas tout casser, tu vas tout briser. Mais là, t'es désespérée et tu t'entends pleurer. Tu t'entends pleurer. Toi, pleurer. Mais le pire c'est le son de ses larmes à lui qui résonnent et tu sais pas quoi faire et tu sais que ce tu fais là ne va en rien l'aider. Tu vas le détruire, un peu comme Esmeralda détruit tout amour propre chez moi. Mais toi, tu n'as rien d'Esmeralda. Tu viens pas des montagnes d'Andalousie ou toutes autres conneries. Toi t'es juste Chidori et tu te permets de le toucher ainsi et t’arrive pas à te rendre compte que c'est peut-être le contact le plus intime qu'il n'ai jamais eu avec quelqu'un et ça te rend heureuse tout comme cela te détruit. Parce que tu le brises. Tu le brises en le serrant si fébrilement. Jasmin. C'est toujours ce désespoir qui résonne. T'as dit son nom comme une prière, comme s'il n'était pas lui-même et que tu avais besoin de lui redire qu'il était. Comme s'il ne se rend pas compte de ce qu'il fait. Et c'est de ça que t'as peur et pourtant tu ne cherches pas à le repousser, parce que dans un sens t'en profites, t'es honorée. Mais il y a ce malaise, toujours là, qui t'empêche d'être calme. Tu trembles, voilà. Tu trembles comme tes mots qui s'échappent encore.Jasmin faut pas … C'est ta raison qui parle, pas tes sensations. Parce que toi, tu pourrais rester là jusqu'à te calmer. Toi tu pourrais resserrer ton emprise et apprécier encore plus. Mais pas lui. Lui, il a probablement déjà envie de vomir. Lui il est prisonnier de tes bras qui tu ne peux résoudre à dé serrer. C'est lui, qui t'a tendu la perche après tout. Toi, tu ne fais que l'attraper, t'es innocente, te dis-tu. Mais c'est faut et tu le sais.
Tu le sais dans tes tripes que c'est mal, que c'est pas normal.

Et pourtant t'aimes ce contact. T'en as jamais eu, des contacts comme celui là. Et tu te dis que c'est étrange, parce que c'est ce que les gens proches font. Avec Babylone, vous avez jamais eu ce genre d'étreinte. Avec Babylone, tu ne l'aurais pas permis, sauf aux yeux des autres. Mais là, c'est intime. Là, c'est profond et ça te rend perplexe. Tu te demandes ce que pourrait faire les autres dans ce genre de situation. S'embrasser à force de larmes, pour calmer les cœurs ? Tu ne sais pas. Tu ne sais même pas si tu as envie de l'embrasser, pour être honnête. Peut-être bien, oui. T'as peut-être limite envie de l'embrasser, en effet, mais ce n'est pas possible, parce que ce n'est pas ce genre de relations que tu entretiens avec Jasmin; parce que même si c'est ce que les autres font dans ce genre de situation, vous n'êtes pas les autres. Et t'as pas le droit de lui imposer cela, déjà que tu imposes tes bras, désespérés, autour de sa taille. T'as pas le droit de lui imposer quoi que ce soit d'autres, de ce genre de choses que tu n'aimerais pas qu'on t'impose. Et encore moins des choses dont tu n'es pas sûre. Parce que Jasmin il mérite pas ça, il mérite mieux. Même Shion serait mieux placer pour le faire, et tu le sais. Alors t'essaies de te reprendre, de ne plus déraper autant. Tu vas te faire mal … Arrête … Parce que je suis sale. T'as voulu que ça résonne comme un supplice, mais là encore y a que le désespoir. Tu pues le désespoir, ce soir. C'est ton nouveau parfum, ta nouvelle odeur. Une nouvelle facette de ta personnalité que tu comptes bien faire disparaître.

Mais pas maintenant.

Pas maintenant alors que tu te meurs pour ses bras, que tu te meurs pour ses mots. Pas maintenant alors que t'as ton être qui est brisé par ses mots. Et tu resserres encore, t'as les doigts qui blanchissent à force de fermer les poings sur sa veste. Et ta la tête qui s'enfouit dans son cou. T'osais pas le faire et tu le fais quand même. T'essaies de respirer un bon coup mais c'est pitoyable, parce que y a tes larmes qui glissent contre sa peau et tu sais qu'il va t'en vouloir. Mais dans un sens, t'es heureuse de l'avoir fait, parce que maintenant t'as son odeur. Celle du propre. Celle que tu ne connais pas trop, toi qui te salis pour l'art. Et ce soir, l'art, c'est Jasmin. T'as pleuré, tu t'es sali, pour lui. T'as perdu les mots et probablement tes coups de pinceaux pour le moment, pour cet instant. Et lui il doit perdre toute dignité, parce qu'il te serre toi, toi qui t'en veux tant et qui ne fait plus rien contre si ce n'est des mots désormais lancés dans le vide. Parce que t'es faible, comme une gamine. Vous êtes que des gosses, comme tous ceux sur cette île. Et rien qu'un instant, tu bénies cet endroit. Rien qu'un instant tu en arrives à apprécier cette maladie, à la remercier, juste parce que cela t'as permis de le rencontrer. C'est juste un instant mais c'est déjà trop. Et tu te hais encore, parce que tu remercies quelque chose qui pourrait te le prendre, qui pourrait te le retirer à jamais. Jasmin pourrait partir, disparaître en moins de trois années et toi, toi serais-tu là ? Parce que s'il l'attrape, tu sais que tu en auras peur. S'il l'attrape, tu ne sais pas comment tu réagirais. Parce que le virus M, c'est ton cauchemar. Mais là, là, ton cauchemar c'est de le perdre.
Là ton cauchemar c'est qu'il meurt avant toi.

Parce que t'es condamnée, comme les autres. Parce que l'homme est né pour mourir et que toi, t'es sûrement la plus faible des femmes, si ce n'est la plus égoïste. Mais lui, lui ne le mérite pas.
Lui, il est roi.
hrp; des fois je me demande pourquoi je t'aime et après je lis tes posts et je sais en fait J'espère que tu as aimé ma vengeance Jas. (en vrai j'aurais du écrire à chaud, j'ai l'impression que c'est du kk stp.




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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Mar 6 Sep - 23:55
[
Paint me a wish on a velvet sky
FEAT. Chi ♥



― La peinture est une poésie silencieuse et la poésie est une peinture qui parle


Ton cœur bat. Il bat fort. Trop fort pour ta poitrine, trop fort pour tes os, trop fort pour ta tête, tes tempes, ton corps et tu as comme l'impression que tu vas exploser. C'est douloureux là-haut, tout là-haut dans ton crâne et les larmes qui noient ton visage n'arrangent rien à ce que tu peux ressentir, oh non et elles sont tout autant douloureuse que l'étreinte que tu viens de donner. Tu ne sais pas pourquoi tu as fait ça et tu te dis que plus le temps passe plus tu as l'impression d'agir comme quelqu'un de normal, quelqu'un qui se laisse pousser par ses émotions, qui réponds à des besoins d'Homme. Tu as l'impression de vivre un peu mieux, un peu plus normalement, comme on voudrait que tu le fasses et tu as presque l'impression d'entendre quelque part ta mère qui te félicite grandement de ce que tu fais, des efforts que tu produis et tu serais presque fier de toi aussi, tu serais presque fier de ce que tu as fait, fier des bras autour de son corps frêle mais en vérité tu souffres, oh oui, tu souffres si fort de ce contact que tu en pleures un peu plus. Les larmes te noient, la noie et vous n'avez pas l'air très intelligent tous les deux à vous pleurer dessus comme si la fin du monde arrivait, comme si l'un de vous allait mourir et tu ne sais pas trop pourquoi tu t'accroches à elle comme ça, tu ne sais pas pourquoi est-ce que tes doigts serrent son haut comme si ta vie en dépendait et tu ne sais pas pourquoi tu pleures sur son épaule et tu ne sais pas pourquoi tu renifles et tu ne sais pas pourquoi tu l'as fait si tu ne le supportes pas, si ça te donne envie de vomir, si ça te fait tourner la tête et tu te maudis encore un peu, toujours plus quand tu te rends compte que c'est Chidori mais que tu n'arrives même pas à l'enlacer elle non plus. Tu voudrais pourtant, être capable de le faire, de te dire qu'elle ne t'est d'aucun mal, qu'elle ne te fera rien mais ton corps, ton esprit n'arrivent pas à se persuader qu'il y a quelque chose de bien  à cette étreinte. Probablement que tes doigts blanchis par la force de tes poings serrés sur le tissu maintenant froissés sont en train de trembler et probablement que ton corps aussi et pourtant tu serres, tu serres fort. Tu ne veux pas la lâcher, tu ne veux pas qu'elle parte, tu ne veux pas qu'elle t'échappe -parce que c'est un peu l'impression que tu as. Si tu la lâches, tu as peur qu'elle tombe  -non, tu as peur de tomber. Tu as peur que vous vous échouiez, deux navires à l'abandon au fond des mers, tu as peur de ne plus savoir quoi faire, tu as peur d'affronter la suite -quelle suite ? Et tu voudrais lui dire que tu t'en fous, tu voudrais encore lui dire d'arrêter de pleurer, que ce n'est pas grave, qu'elle n'en a pas besoin, que tu ne le mérites pas et qu'elle est bien plus belle quand elle sourit mais les mots sont bloqués dans le fond de ta gorge, comme si on t'avait coupé les cordes vocales, comme si on t'avait rendu muet et rien ne sort d'entre tes lèvres tremblantes de sanglots qui te secouent si fort. Tu n'as probablement jamais pleuré autant, jamais pleuré si fort devant quelqu'un -et tu oublies Shion quelques instants avant de te souvenir qu'il est le premier ici à avoir vu tes larmes, à les avoir séchées. Et Dieu que tu détestes pleurer, tu détestes te montrer si faible. Parce que oui, pleurer c'est pour les faibles, c'est pour ceux qui ne savent pas faire autrement, c'est pour ceux qui ne savent pas s'exprimer autrement et tu te souviens d'un de ces livres où l'enfant ne savait s'exprimer que par les cries ou les pleurs quand quelque chose n'allait pas, le silence étant le maître de l'apaisement. Tu es un peu pareil et si tu essayes de te montrer fier, si tu essayes de faire croire à quelque chose quand les autres t'approche, la fausse inaccessibilité de ton être ne te rend en fait que plus ridicule encore quand tu y penses ; parce que tu te montres comme ça mais te voilà qui pleure comme un enfant dans les bras de la belle et tu ne voudrais pas, oh non, tu ne veux pas te montrer ainsi et pourtant,t u ne sembles pas vraiment avoir le choix. Tu aurais pourtant voulu être à la hauteur, tu aurais pourtant voulu te montrer plus fort, pour toi mais certainement pour elle aussi,beaucoup plus pour elle, pour les autres ; parce qu'elle n'a pas besoin de sentir un peu plus écrasée par le poids de tes sentiments, de ton cœur trop lourd, de tes pensées trop vagues.  Elle était elle avec toi et tu sais bien que c'est déjà assez suffisant, parce que c'est fatigant d'être soi, parce que c'est fatigant d'arrêter de prétendre quand on a pris l'habitude de porter ce masque qui nous emprisonne. Tu ne sais pas si vous vous l'êtes promis, certainement que ce n'était qu'un regard muet entre vous, certainement que vous ne vous l'êtes pas vraiment dit mais vous étiez vous même, vous étiez sincère l'un envers l'autre et voilà à quoi vous a mené cette sincérité ; il semblerait que vous ayez fait face à vos peurs, face à vos inquiétudes. Un peu plus aujourd'hui, vous vous êtes révélés  comme vous ne l'avez probablement jamais fait -comme tu ne l'avais jamais fait et Chidori peut admirer ce côté que tu hais tant de toi, celui qui ne sait rien, qui ne maîtrise rien, qui ne peut pas et qui n'y arrive pas parce qu'il n'est pas si fort qu'il le dit, parce qu'il n'est pas aussi fier qu'il le dit, parce qu'il n'est pas aussi parfait qu'il peut le prétendre. Tu pensais avoir ne serait-ce qu'une fois pu te montrer parfait -c'est ce que tu voulais, non, en vérité ? Paraître parfait à ses yeux, parfait pour ce qu'elle voulait, parfait parce qu'il n'y a que la perfection qui peut toucher le papier, il n'y a que la perfection dont la peinture sait tracer les traits et si tu ne l'es pas assez, tu risques de tout souiller mais hélas ce n'était que de grands espoirs que d'être un jour cette chose que tu n'auras jamais, cette perfection que tu ne pourras jamais ne serait-ce qu'effleurer. Et tu ne sais pas, tu pleures, tu es un peu perdu, plus rien ne fait sens dans ton crâne et les pensées sont toutes coupée, hachées, perdues, floues et il n'y a que les sanglots qui te secouent, les sanglots qui te réveillent alors que tu pensais mourir là contre elle mais il y a aussi sa voix, sa voix qui raisonne contre ton cou.

C'est ton prénom qui raisonne, Jasmin, Jasmin qu'elle dit encore et encore parce qu'elle ne cesse de te rappeler que tu t'appelles ainsi, elle ne cesse de te rappeler ce doux nom que ta mère avait pour habitude de hurler quand elle était certaine que tout était de ta faute. Oh Jasmin, Jasmin, pourquoi es-tu toi, pourquoi t'appelles-tu ainsi ? Jasmin, Jasmin qu'elle répète encore en douce litanie et tu ne peux plus de ce nom qui te fait grincer les tympans. Et elle te dit qu'il ne faut pas, il ne faut pas non, elle a raison, parce que ton estomac fait des bons, parce que ton cœur ne tiendra pas, parce que tes larmes ne tiendront pas non plus, parce que tu risques de tomber si tu continues ainsi mais tu es un enfant, un vrai et des fois tu es un peu têtu, beaucoup trop même alors même si elle te dit qu'il ne faut pas, tu serres encore l'étreinte et le coussin toujours là entre vous ne demande qu'à respirer. Tu t'en fiches bien, toi, de ce qu'elle te dit. Tu te fiches bien qu'elle te dise qu'il ne faut pas, comment sait-elle qu'il ne faut pas ? Elle ne peut pas le dire, non, n'est-ce pas ? Elle ne peut pas le dire, ça ne se voit pas, ça ne se sait pas. Tu voudrais qu'elle se taise, qu'elle ne te rappelle à quel point tu regrettes ton geste parce que tu ne te sens pas bien quand tu y penses, parce que tu ne devrais pas le regretter, parce que c'est Chidori, parce que c'est elle, bordel et elle mérite certainement bien plus que cette étouffante étreinte. Pourtant, tu ne peux rien donner de plus, tu ne veux rien donner de plus, parce que tu ne te sen spas, parce que tu ne sais pas, parce que tu n'es pas capable. Incapable, c'est comme ça qu'on t'a déjà appelé, c'est comme ça qu'on t'a déjà dit, c'est comme ça qu'ils t'ont parlé un jour. Incapable, disaient-ils. Incapable de dire ce que tu ressens, incapable de montrer tes émotions, incapable d'être parfait, incapable d'être celui qu'on attendait, incapable de faire plaisir, incapable de répondre aux attentes ; et elle, est-ce que tu l'as déçu aussi ? Et elle, 'est-ce qu'elle pense que tu es incapable, est-ce qu'elle pense que tu ne sais pas faire les choses, est-ce qu'elle pense que tu ne dois pas la toucher parce que tu es incapable de le faire ? Et tu te sentirais si blessé, si mal, si triste si tu étais elle. Tu te mettrais en colère contre toi -tu es déjà en colère contre toi, parce qu'elle mérite mieux oh oui, tellement mieux que toi. Pourquoi est-ce qu'elle t'a dit ça, pourquoi est-ce que c'est de toi qu'elle a besoin ? Tu ne comprendras certainement jamais. Parce qu'on ne peut pas avoir besoin de toi, on ne peut pas te vouloir toi, on ne peut pas te faire confiance à toi, oh non, on ne peut pas, et pourtant c'est ce qu'elle fait n'est-ce pas ? C'est ce qu'elle t'a dit, d'une certaine manière, c'est ce qu'elle a voulu te faire comprendre non ? Elle t'a demandé à toi, oui, toi, Jasmin, de ne jamais la laisser, d'être là et même si tu as promis, même si tu le lui as dit, tu ne sais pas pourquoi c'est toi, tu ne sauras jamais, n'est-ce pas ? Parce qu'elle aura beau te donner les plus belles raisons du monde, tu auras toujours l'impression d'en être incapable. Parce qu'on te l'a dit, parce qu'on t'a persuadé, parce qu'on tué doucement, à petit feu, parce qu'on t'a toujours fait croire qu'il fallait être parfait pour retenir les autres et toi tu es prêt à te briser au moindre vent, tu es prêt à te briser sous ses mots, sous son étreinte ; ô âme si faible et pourtant voulant se montrer si forte, elle comme toi, vous n'êtes que deux enfants en vérité, deux pauvres âmes égarées, perdues et vous ne savez que faire de cela alors vous vous morfondez. Vous pleurez. Encore un peu. Toujours. Et tu pleures à t'en vider le corps, et tu pleures, à t'en vider le cœur. Peut-être que vous en avez besoin, peut-être que ça vous fera du bien, peut-être que demain ça ira mieux, que vous vous sentirez plus léger, un peu plus en tout cas, comme si certains maux se seraient envolés et même si tu n'y crois pas vraiment, même si tu sais que tu risques de t'accabler un peu plus encore de tous ces torts, là, maintenant, tu es presque soulagé de ces pleurs qui ne veulent en aucun cesser. Et tu serres encore un peu son corps contre le tien. Parce que c'est la première étreinte mais ce sera aussi la dernière -probablement, alors tu veux profiter tant que ton corps tient, tu veux profiter tant qu'on te laisse le droit de le faire ; ce n'est pas tous les jours que tu prends quelqu'un dans tes bras, pas tous les jours que tu peux serrer un corps, pas tous les jours que tu peux sentir cette chaleur humaine se diffuser un peu partout chez toi -malgré l'oreiller qui vous gêne mais que tu n'oses pas envoyer valser, parce que si tu le fais, ça veut dire qu'il n'y aura plus rien pour te protéger et tu ne veux pas qu'il n'y ait plus rien pour te protéger, tu ne veux pas qu'il n'y ait plus rien pour te permettre de t'échapper ; tu ne demandes qu'une issue de secours, rien que ça.

Et elle te dit que tu vas te faire mal, comme si c'était la vérité, comme si tu allais vraiment te blesser, comme si elle allait te piquer mais en vérité, tu le sais toi, qu'elle est la plus belle des fleurs, qu'elle est la plus tendre des pétales et tu ne peux pas lui dire mais toi tu sais qu'au fond d'elle, elle est belle, encore plus que là, encore plus que tous les jours. Et tu as envie de lui dire, de le lui crier, de lui faire comprendre, de la secouer fort, très fort, pour lui remettre les idées en place, pour lui faire comprendre que rien n'est grave, qu'elle n'est pas sale, qu'elle ne fait pas mal ; « Alors fais-moi mal... » que tu lui dis tout sérieusement, que tu lui dis vraiment. Blesse-moi parce que tu sais qu'elle ne le fera pas, parce que tu veux lui faire comprendre que ça ne te fait pas mal -et même si ta peau brûle, et même si ton estomac danse un tango et même si tu ne sais pas très bien comment tu te sens, tu ne veux pas la faire se sentir plus bas que terre, tu ne veux pas lui infliger cela, tu ne veux pas qu'elle croit, qu'elle pense que tu ne peux pas la toucher -ça fait du temps, maintenant, trop de temps et il faut que tu apprennes à faire des efforts, il faut que tu saches les faire, que tu saches prendre sur toi et tu n'assumeras probablement pas après, et tu te vois prendre la fuite et tu le sais, que tu ne vas pas tarder à partir en courant mais tu veux encore profiter de l'instant, rien qu'un peu, rien qu'un moment. Et elle te dit ça, mais elle ne te lâche pas non plus. Elle te dit ça, mais elle ne défait pas l'étreinte. Elle te dit ça mais elle te ment, n'est-ce pas ? Elle te ment, un peu, pour toi plus que pour elle, c'est comme un sacrifice n'est-ce pas ? Elle te dit tout ça mais elle ne veut pas quitter tes bras, en quelque sorte, ou peut-être que tu te fais des idées -sûrement que tu te fais des idées, mais tu veux croire, espérer que tu lui fais plaisir. Ainsi, tu as l'impression de lui avoir montré que tu es là, vraiment, tu as l'impression de lui avoir montré que tu peux prendre soin d'elle, essayer en tout cas, que tu n'es pas si effrayé que ça, que tu peux faire des efforts toi aussi. Elle a nettoyé sa chambre aujourd'hui, tu te souviens ? C'est à ton tour de « nettoyer ta chambre », de faire quelque chose pour elle, parce que tu ne peux pas laisser ce genre de choses marcher à sens unique, tu ne peux pas profiter égoïstement des autres indéfiniment les laissant faire les choses pour toi alors que tu pourrais à ton tour faire quelque chose pour aller mieux ne serait-ce qu'un peu. Est-ce que ça va mieux ? Non, certainement pas. Mais tu t'en fiches et te le lui dis, tu essayes ; « Je m'en fiche, si ça fait mal et je m'en fiche si je me sens pas bien et tu sais j'ai dit que je suis là, que je te lâcherai pas alors je suis là et je te ne te lâches pas, je veux pas et.. » et quoi ? Quoi ? Les larmes qui avaient cessé semble reprendre et finalement, malgré tes mots, malgré tout, tu as rompu l'étreinte parce que ça devenait étouffant, parce que tu ne te sentais plus, parce que tu sens ton corps tremblant et le besoin urgent de te lever, de te laver, de faire quelque chose mais tu ne vas pas la blesser elle, tu ne veux pas lui faire mal à aller, tu ne veux pas qu'elle se sente mal comme tu te sens mal et tu as presque l'impression que c'est trop tard même si tu osais espérer l'avoir rassurée ; ce n'est pas possible n'est-ce pas ? C'est bien trop là, bien trop au fond, bien trop dans le cœur, dans le corps, dans la tête, dans les yeux et la peau ; oui c'est dans tous les pores de sa peau, de ta peau et la douleur se dessine comme ça, elle circule dans vos veines et toi, tu ne sais plus tu es perdu, et tu renifles et tu oses demander, comme un enfant coupable, comme une âme blessée ; « Ca va ? » mais tu sais que ça ne va pas, oh non, et toi non plus, ça ne va pas, mais tu veux sécher ses larmes, tu ne veux plus qu'elle pleure, tu ne veux plus rien de tout ça et tu as passé la manche de ton pull sous ses yeux pour essayer de retenir le torrent qui coule de ses yeux, pour essuyer le sillon de son mal-être et tu as même essayé d'esquisser un sourire, mais tu n'y es pas arrivé, non, tu ne crois pas et certainement que cette tentative ratée s'est transformée en une drôle de grimace. Et tu voudrais détendre l'atmosphère, faire quelque chose pour que ça aille mieux et ce sont tes doigts qui ont glissé sur la joue blanche de Chidori, ce sont tes doigts qui ont effacé les traces de ses pleurs, ce sont tes doigts qui ont dégagés quelques mèches brunes et ta main est tremblante, ta main est fébrile, prête à se briser mais tu voulais le faire, tu voulais essayer en tout cas, d'une certaine manière, lui montrer que tu n'as pas peur d'elle, pas vraiment, que ce n'est pas ça et que tu en es que excuses et tu as finalement laissé retomber lourdement ta main avant de dire ; « Ne dis plus jamais...Ne dis plus jamais que te prendre dans mes bras va me faire mal. » Parce que ce n'est pas vrai, parce que tu es encoe vivant, parce que tu es là n'est-ce pas ? Tu es là, et tu l'avais dans tes bras.
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MessageSujet: Re: Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori Mer 30 Nov - 21:59
Paint me a wish on a velvet sky

feat. jasmin

Il y a toujours cette douceur sans nom chez Jasmin, celle que l'on décèle dans ses paroles, dans ses regards. C'est une candeur enfantine qui en ressort, quelque chose de pur et de doux; et tu es persuadée que si les nuages laissaient un ressenti sur les hommes – que si quelqu'un les frôlaient de ses mains – alors ce serait le même qu'être avec Jasmin. Et maintenant, tu es encore plus sûre, car pour une fois ce n'est pas seulement sa présence que tu ressens autour de toi, mais bel et bien ses bras. Et tu les sens si fébriles et serrés à la fois. Un peu comme ton cœur, d'ailleurs. Il bat d'un rythme endiablé, te donnant ainsi l'impression qu'il ne va pas tarder à céder, si ce n'est s'échapper; qu'il va finir par s'écouler hors de toi, se glissant dans tes larmes. Car tu pleures, Chidori, et tu te demandes parfois si les sons qui résonnent dans cette pièce sont ceux de tes sanglots ou des siens. Peut-être de vous deux, qui sait. Toi, pour être honnête, tu n'en as pas la moindre idée, car cela fait si longtemps que tu ne t'es pas montrée si faible face à quelqu'un, que tu ne t'es pas montrée si humaine, capable de ressentir des sentiments et bien plus que cela, les montrer. Parce que tu as peur du regard des autres, du jugement d'autrui. Mais, une fois de plus, il ne s'agit pas ici des autres, mais de Jasmin, là est toute la différence. Lui, il a réussi à s’immiscer dans cette carapace de glace, à la faire fondre sans même que tu t'en rendes compte. Tu lui as peut-être montré tes brèches, tu t'es peut-être même fissurée volontairement pour ne pas paraître superficielle à ses yeux, ou tout cas, moins. Tu avais voulu, sans t'en rendre compte, lui plaire. – Mais ça, tu te refuses de le penser.

Sauf qu'aujourd'hui, tu n'as rien pour plaire. Tu n'as rien de beau; tu es laide. Tes yeux sont rougis, tes joues collées par des larmes salées, mais tes narines aussi un peu bouchées. Mais le pire, dans tout cela, ce n'est pas ça. Non, le pire aujourd'hui, ce qui t'enlaidit le plus, c'est Jasmin. Car lui qui brille à côté de toi, ne peut te rendre que plus laide. Et tu t'accroches à lui, comme à ta vie. Tu t'abandonnes, ne comptant plus sur toi-même. Toi, entre ses bras, tu as une seule et unique envie : te faire absorber. Disparaître dans cette lumière que tu vois en lui, cette chaleur qu'il dégage et qui t'attire tout comme te brûle. Mais ce n'est pas vraiment possible, tout cela. Tu peux juste réchauffer le cœur, et peut-être même pas le corps, car vos corps ne sont guère les plus chauds du monde. Alors, dans cet ultime espoir de calmer les âmes, tu scandes ce prénom contre sa peau, l'agrippant encore. Jasmin. Jasmin. Jasmin. – Jasmin. Et tu sais que cela doit lui faire mal, que tu le dégoûtes peut-être, mais tu as tellement envie de le croire, lui et ses douces paroles. Tu as tellement envie de l'écouter, de te dire que tu peux, ne serait-ce que dans cet acte égoïste, le tenir contre toi, tout comme il te tient entre ses bras. Et tu ne cesses de le dire, ce nom qui n'appartient qu'à lui. Jasmin. Jasmin. Jasmin. – Jasmin. Et tu as beau lui dire que c'est mal, qu'il se fait mal, il n'écoute pas. Alors, tu ne sais pas. Tu ne sais pas si le problème vient de toi, ou de lui. Tu ne sais pas si c'est un véritable problème. Tu ne sais pas s'il est mal. Et c'est cette dernière possibilité qui te contracte la poitrine. Parce que tu t'en doutes, oui, qu'il doit souffrir. Tu t'en doutes et pourtant, tu ne sais pas. Tu penses, tu présumes, mais tu ne sais rien. Parce que toi, tu ne connais pas cette peur qui doit l'habiter, ces craintes qui le hantent.

Et tu te sens mal d'être une si mauvaise amie. De t'imposer à lui de la sorte, de lui avoir fait dire toutes ces choses. Tu te sens mal lorsque ses bras se resserrent contre toi, quand tu te laisses aller encore un peu, docile créature humaine qui se brise. Il mérite tellement mieux que ton corps et tes paroles qui doivent lui entailler l'esprit. Pourtant, tu ne lâches pas prise. Oh non, Chidori, tu ne le lâches pas. Pas tout de suite, te dis-tu d'abord. C'est trop tard, penses-tu ensuite. Le mal doit déjà être fait, de toute façon, et ta nature égoïste t'empêche de le lâcher alors que tu continues de pleurer. Et tu as envie de t'excuser, encore et toujours; t'excuser à en devenir muet. Tu veux qu'il sache que même si aujourd'hui, tu fut horrible, tu es désolée, que tu ne veux pas que cela change le lien si fort qui existe entre vous, que tu ressens pour lui. Parce que c'est quelque chose d'unique, un peu, et tu te dis que n'importe qui, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, devrait avoir le droit de ressentir cela. Et tu ne comprends pas pourquoi toi, tu as ce droit. Parce que tu n'as rien fait de spécial, et que cela est probablement à sens unique. Un mal pour un bien, dirons-nous. Et, tel ce don du ciel qu'il est pour toi, il ne fuit pas. Il te rassure, même, mais ton cœur coupable ne s’allège pas. Parce qu'il se remet à pleurer, Chidori, et que tu es la cause de tout cela. Tu t'en mords les lèvres alors que tes larmes coulent. Les dernières, sûrement. Des larmes que tu lui dédies, car elles sont pour sa souffrance, pour sa douleur à lui. Car tu as mal pour lui. Pour toutes ces choses que tu ne ressens pas et qu'il combat. Alors, lorsqu'il s'éloigne, tu n'arrives même pas à t'accrocher, à t'agripper. Tu as l'estomac dans les talons, le nœud au ventre. Pourtant, tu le laisses faire, la douleur au cœur. Encore un peu, aurais-tu aimé réclamer. Mais tu n'es plus une enfant et le temps des caprices est bel et bien passé. Alors, tes mains s'agrippent contre le coussin, comme si c'était son corps. Comme si l'odeur que tu connais désormais pouvait te permettre d'imaginer que ce n'est pas fini, que tu n'as pas fait cela – mais que d'un certain côté si. Et peut-être le sait-il, cette dualité qui combat en toi. Peut-être la voit-il. Il s'inquiète, te demande comment tu vas, et toi, tout ce que tu peux faire, c'est de hocher la tête, la gorge nouée.
Ton être entier déchiré.

Et tu te gèles lorsque sa manche essuie les traces salées de tes derniers pleurs. C'est un peu comme si le temps s'arrêtait, d'ailleurs. Ton regard qui se perd sur son visage, cherchant un indice, un signe. Un pardon, peut-être. Tout ce que tu veux, c'est encore dire son nom, car cela semble être la seule pensée logique qui s'offre à toi. Tu ne comprends même pas qu'il a tenté de te sourire, que cette grimace est peut-être pleine de sens; que ce n'est pas vraiment une grimace. Mais tu n'as pas le temps, pour ça. Tu n'as pas le temps, oh non. Ce n'est plus le tissu que tu sens sur ta peau, mais bel et bien ses doigts. Ses gestes sont si délicats que tu en restes muette, tétanisée. Tu as peur que, si par un quelconque malheur tu venais à bouger, tout cela disparaîtrait. Jasmin … car c'est la seule chose que tu te permets de dire alors que vos peaux sont en contact. Parce que tu ne sais quoi dire, même lorsque sa main s'éloigne, lorsqu'il ne vous reste plus que l'air comme proximité. Qu'il ne te reste plus que tes oreilles pour l'écouter, car tu es sans voix. Il te cloue de surprise et tu as, en quelque sorte, avoir l'impression de louper des étapes dans son esprit. Tu as l'impression que tu n'as jamais rien su, ou que tu ne sauras jamais rien. Mais, en cet instant, ce n'est pas grave. En cet instant, l'entendre dire cela te fait du bien, tout autant qu'un mal réveillé par ta culpabilité. Et même s'il te réconforte, tu ne peux pas t'empêcher de quémander plus à cause du doute. Tu ne peux pas t'empêcher de vouloir être sûre et certaine qu'il ne te ment pas, Jasmin. Mais c'est vrai, non ? Tu l'as toujours penser, en tout cas, persuadée que n'importe lequel de tes touchés pourrait le briser.
Et aujourd'hui, tu es effrayée.

Tu as dans tes gênes d'être humain cette peur de détruire le beau, de le rendre par inadvertance laid. Peut-être que tu n'aurais pas du l'agripper ainsi. Peut-être aurais-tu ne rien dire. Peut-être que bientôt, il te haïra. Peut-être te hait-il déjà. Et il a beau dire, peut-être te ment-il. Et tu n'en sais rien. Tu n'en as pas la moindre idée, pas la moindre preuve. Et pourtant, tu veux le croire, tout comme tu ne peux pas croire que ce qu'il vient de passer est sein pour lui. Et tu t'en veux tellement, Chidori, tu t'en veux tellement. Pourtant, tu enchaînes les actions stupides ce soir. C'est plus fort que toi, c'est plus fort que ta peur de lui faire du mal. C'est pour ça que ta main va récupérer la sienne dans un geste presque paniqué. Tu devrais avoir honte de ce que tu fais. Tu devrais être effrayée par ce qu'il risque de se passer. Ça te fait mal … non ? Et rapidement, tu te demandes quelle amie ferait ça. Quelle amie chercherait la preuve dans ce regard si profond où tu te perds. Parce que tu es ce genre d'amie là. Tu es cette amie là. Pire créature que la terre n'a jamais rencontré. La pire espèce, que certains diraient. Prends-tu plaisir à le faire souffrir ? Bien sûr que non; jamais. Cela te brise le cœur plus qu'autre chose. Cela te fait peut-être autant de mal qu'à lui. Et pourtant, tu ne t'arrêtes pas là. Tu te penches un peu, les excuses qui arrivent déjà. Je suis désolée, tu le sais ? Tu cherches dans son regard un signe, mais tu n'attends pas. Tu espères juste qu'il a su lire le regret dans tes yeux humides. Parce que tu regrettes ce que tu t'apprêtes à faire, oui. Pourtant, tu le fais. Après avoir pris une profonde inspiration, tu agis.

Tu effleures sa main de tes lèvres.

Pas plus que cela. Tu ne te permettrais pas plus que ce baise-main honteusement volé, car déjà, tes doigts s'éloignent de sa peau et tu te relèves un peu. Tu prends même le temps de reculer, pour lui laisser cette espace. Je suis … je suis désolée, vraiment désolée … Et ta voix se brise un peu, mais pas tes yeux. Tu n'as plus rien à pleurer, de toute façon, mais tout à te faire pardonner. Alors, tu enfouis ton visage contre l’oreiller, espérant presque pouvoir disparaître. S'il ne te pardonne pas cela, cette violation d'espace personnel, alors tu ne veux pas voir son regard de dégoût sur toi. Tu ne veux pas le voir, même si tu le mérites. Même si cela serait compréhensible et que ce serait peut-être la dernière chose que tu pourras voir de lui.
S'il s'en va.
S'il te laisse.

Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas si tu aimerais qu'il parte après que tu l'ai ainsi trompé, ou qu'il te reste. Pas pour sa promesse, en tout cas; car tu ne la mérites pas, mais parce que s'il est assez fou pour t'apprécier, alors peut-être le sera t-il assez pour t'excuser.



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Paint me a wish on a velvet sky ❧ Chidori
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