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30.01.2017 : Shinrin Yoku est de retour ! ♥ Un nouveau thème, l'ère Neoboros, refonte des prédéfinis... Venez découvrir notre màj !

contexteShinrin Yoku, institut de magie d'excellence, est prêt à vous accueillir ! Dans une période de crise où vous autres, Magis, êtes les cibles du virus M, Shinrin Yoku vous promet sécurité et encadrement au sein de son île à la pointe de la technologie magique. Vous y serez suivis au quotidien par un personnel compétent et expert dans son domaine - nous sommes après tout les pionniers de la recherche scientifique sur les Yajuus. Médecine magique, Forces spéciales, Métiers de l'art, les parcours proposés sont nombreux et vous assureront un emploi à la fin de vos études, le tout dans un environnement unique en son genre !
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Intrigue

Il y a peu encore, Neoboros était un nom qui faisait rêver de nombreuses personnes. Cet organisme nous avait laissé croire que le problème des Yajuus et du Virus M pourrait être résolu grâce à leurs médicaments. Cela aurait pu être une bonne chose. Mais il semblerait que tous les grands noms cachent leur secrets.

Un scandale.On ne s'est rendu compte de rien, alors que sous notre nez. Sous nos nez, les Magis disparaissaient, tous les jours. Nous n'avions plus aucune nouvelle des habitants de Shinrin Yoku. Ils n'avaient plus aucune nouvelle de nous.

Et désormais, Neoboros s'est emparé du pouvoir.

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(babe) “une ébauche lente à venir”
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Kinmokusei

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MessageSujet: (babe) “une ébauche lente à venir” Mar 12 Juil - 2:32
Une ébauche lente à venir

feat. babylone

c'est le silence qui résonne dans ton esprit, chidori.

C'est celui qui cogne contre tes pensées, qui te fait hésiter. Tu le sais et malgré cela tu ne fais rien pour t'en débarrasser. Il se colle à toi, s'accroche de tout son être. Tu le sens pesant et pourtant, ne dis rien. Il est trop tard désormais, cela fait bien trop d'année. Le soupire s'échappe de ta gorge alors que le bruit sourd du réveil résonne dans les lieux. C'est déjà la deuxième fois que le son retenti, sachant pertinemment que tu ne seras pas à l'heure. Il est étrange d'être toujours ici alors que tu es prête depuis trente minutes dorénavant. Trente longues minutes de silence à observer ce reflet qui ne ressemble en rien au tien.

Le bruit cesse enfin alors que tes doigts rencontrent le mécanisme. Ton corps se dresse dans toute sa fierté, femme de glace aux délicats gestes. Il est l'heure que tu ne peux plus fuir, châtiment prévu d'un commun accord. Il s'agit de suivre le plan, le votre. Il s'agit de continuer à mentir aux autres. Il s'agit d'un rien bien lourd à porter. Babylone doit probablement t'attendre à l'heure qu'il est, comme les autres fois. Aujourd'hui encore, tu aurais pu arriver bien avant lui, mais c'est ce silence qui résonne dans ton esprit, Chidori, qui te fait agir ainsi. Prendre du retard là où l'avance règne.

Ce n'est pas la distance qui pose un quelconque problème, car le fait d'habiter en ville est un réel avantage. Tu connais les recoins presque par cœur, car une île est bien étroite pour de si longues années, et celle-ci bien plus que les autres. Elle est belle, Shinrin Yoku, mais seulement d'apparences, non pas de faits. C'est ton enclave, ta cage. Le pêché des Magis réunis en un lieu. C'est douloureux.

Tu as le cœur lourd alors que tes pas sont si légers, gracieux. Tu as essayé d'être belle, afin de ne pas salir les apparences, lavant chaque passerelle de ton corps de cette terrible peinture noire avant de sortir. L'espoir de te débarrasser de toute souillure. Et malgré cela, tu étais prête avant. Mais pas pour lui. Car la chaleur te Babylone te brûle. L'homme parfait, comme il t'arrive d'entendre, le Salomon des temps modernes. Cela provoque des trémoussement dans tout ton corps, dégoutté par toi-même. Il y a une autre époque, tu étais comme cela.

Tes lèvres sont pincés dans un fin trait alors que tu arrives enfin. Tu sais qu'il est là, car on ne loupe pas Babylone. Babylone ne passe pas inaperçu, car Babylone s'élève. Et ainsi, tu devrais t’élever avec lui.

Mais tu te refuses cette joie, les pieds à terre. Tu te diriges vers lui, ne sachant pas. Car tout cela est si nouveau pour toi, mais lui semble savoir comment votre monde tourne. Tu ne sais pas comment agir, si ce n'est joliment. Tu ne sais pas quoi dire, si ce ne sont des mots d'amour vides de sens.

Et Babylone sait.

Il s'agit de votre accord, de votre choix. Il s'agit de ton erreur que tu ne regrettes pas encore. Il ne serait tarder, tu le sais. Pourtant, tu espères utiliser ces apparences encore, car lui comme toi ressentez le besoin de vous mettre en avant. Une mascarade d'excuses et d'idées. Une mise en scène monumentale. L'acteur principal est à quelques pas de toi, mais tu n'as rien d'une danseuse étoile.

Tes lèvres s'étirent dans ce que tu espères être un sourire retenu, afin que ton image ne soit guère radoucie par quelques regards qui pourraient, non, devraient vous voir.

— Babylone.

Et entre tes lèvres, le nom virevolte.

hrp; you're pretty honey (et le titre provenant de ... oh, Une Charogne de tu-sais-qui ♥️)
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Mar 12 Juil - 16:25
« Babylone »

Un frisson de plaisir lui parcourut l’échine, déferla le long de chaque vertèbre tandis qu’il dévoilait lentement ses iris mordorés. Plus que tout autre chose, qu’il aimait entendre son nom ; qu’on le scande encore et encore, qu’on le murmure, que ses syllabes roulent sur les langues, qu’on le fasse claquer dans l’air et qu’on le répète indéfiniment. Car, Babylone avait été mis en terre au cœur de ses propres côtes, assassiné de ses mains d’enfant et Babylone n’existait plus que dans –que pour – la reconnaissance d’autrui.

Babylone était un tableau, fait pour être admiré, et l’on s’émerveillait que la précision de ses traits, de ses formes, du produit final et superbe. Comme si Babylone avait toujours été ainsi : parfaitement achevé. On ne connaissait pas les coups de pinceaux furieux, les toiles éventrées, la peinture dégoulinante sur les doigts ensanglantés, les esquisses au fusain déchirées ou froissées de l’artiste oublié dans les méandres de son atelier pour enfin accoucher dans la douleur de son œuvre sorti des tréfonds de son âme.

Cela demandait un dévouement exclusif, une exactitude intangible et une rigueur exemplaire : tout devait être soigneusement étudié, minutieusement calculé et pas un morceau ne devait résulter d’un hasard opportun. Tout avait été planifié avec un soin tout particulier frôlant la régularité d’un métronome : des conditions du rendez-vous- du lieu, de l’heure, du jour à sa tenue aussi parfaite qu’à l’accoutumée. Babylone était un tableau et il venait d’en poser la dernière touche – aussi parfaite qu’il avait pu l’espérer. Comme toutes les œuvres, elle se devait à présent d’être exposée à la vue de tous, qu’on la caresse du regard avec envie sans pouvoir en détacher les yeux, que l’on admire, qu’on la sonde pour en découvrir tous les secrets et sans pourtant jamais pouvoir ne serait-ce que l’effleurer.

La partition était donnée, les portes du musée ouvertes, que la représentation commence.

« Chidori…je suis content de te voir. » souffla-t-il en un sourire timide et maladroit, avec la douceur des premiers émois puis, se redressa comme s’il avait fixé trop longtemps : « J’ai cru que tu ne viendrais jamais, as-tu eu un problème ? »

Il fronça ses sourcils en une expression inquiète, les lèvres pendantes, comme si cela avait de l’importance, comme s’il n’y avait eu qu’Elle, qu’Elle et seulement Elle dans les vagabondages sinueux de ses pensées. Et enfin, il entendit les chuchotements dans son dos et les regards brûlants de curiosité, enfin il sut que tous les dévisageaient avidement et que les nouvelles filaient au son des claviers de téléphone. Enfin, il pouvait exhiber sa toile aux yeux du monde ! Il sentit sa poitrine s’en gonfler de fierté.

Les mots lui brûlaient la gorge de reproches pour son impardonnable retard – on ne faisait pas attendre les rois- ou son approche gauche, presque guindée cependant sa propre performance atténuait son aigreur. Malgré un début poussif, le spectacle n’était pas encore terminé : heureusement, l’expérience de toute une vie pourrait rattraper les fausses notes de sa partenaire et les détails glissés avec nonchalances comme inopinés faire des acteurs les personnages. Tout ne semblait que tenir du détail. Il glissa ses doigts doucement près de son épaule, sans toutes fois la toucher en une retenue faussement timide, juste assez près pour donner l’illusion.

« Allons-y ? Veux-tu que je porte ton sac ? »
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Mer 13 Juil - 20:42
Une ébauche lente à venir

feat. babylone

— Chidori … je suis content de te voir.

Et cela fait mal. Cela sonne si vrai que tu sais ces mots faux. Le voici dans toute sa splendeur, Babylone, roi baratineur. Mais tu ne peux t'empêcher de sourire. Il ne s'agit pas d'être heureuse, mais de la beauté du portrait qui s'offre aux yeux admirateurs. Une femme se doit d'être heureuse quand son compagnon s'inquiète, alors tu te montres aussi heureuse que tu peux l'être.

— J'ai cru que tu ne viendrais jamais, as-tu eu un problème ?

Tu hoches délicatement la tête, te pinçant la lèvre pour te montrer remplie de plaisir. Une main frivole replace rapidement une mèche de cheveux derrière ton oreille, ainsi tu peux l'apercevoir mieux, cet homme de joie. Il te répugne, te retourne l'estomac. Insouciant homme, ton esprit le condamne déjà. Tu les condamnes tous, Chidori, car cette île se fera probablement infester par pire que la peste. Alors, tu les condamnes tous, si ce n'est toi avec. Quelques pas en sa direction te donnent l'impression que ton ventre perd sa chair. Cela fait mal à l'intérieur. Cette gentillesse est bien trop brutale.

— Allons-y ? Veux-tu que je porte ton sac ?

La galanterie que tu ne supportes plus, résonnant plus violemment que la stupidité. Pourtant, tu fais celle qui est charmée. Alors un petit rire s'échappe de toi, de ceux qui sont sots et niais, de ceux que tu hais. L'idée de lui faire porter ton sac bohème te traverse l'esprit, mais tu y tiens et refuse qu'il y touche. Ta tête se secoue négativement, délicatement.

— Pas besoin, mais c'est adorable.

Tu détestes ta voix à cet instant. Tu détestes sa présence à ses côtés. Tu te détestes, ô tu te hais. C'est la nausée violente qui remontera plus tard, Chidori. C'est de savoir que ces gens autour de vous observent ce spectacle comme s'il était vrai, qu'ils en parleront encore demain et les jours à venir. Vous êtes de si bons acteurs, paradant l'autre à la guise des envies de l'un. Tu es sa parure, collier subtil que l'on expose pour sa beauté.

Tu hésites à te rapprocher de lui, à ce que vos peaux se touchent. Ta main dans la sienne. Tes lèvres frôlant sa joue. Mais rien. Tu ne sais pas comment tout cela fonctionne, seule faille de ce panorama royal. Il doit te haïr pour cela, si haïr il sait comment. Car Babylone est parfait, sans faille. Babylone est douceur même, que la haine et la rage n'ont su pourrir. Et tu le jalouse, car cette simplicité d'esprit t’échappe désormais.

Babylone est roi dans cette cité. Tu as le rôle de reine, mais chaque roi aime plus l'amante que celle ornée de bague. Cela t'allège l'esprit, de savoir que tu n'es sienne que de corps, si ce n'est uniquement pour les peintures. Et les yeux vous dévorent. Cela te fait du bien. Les yeux vous dévorent et tu te sens plus vivante que déchirée.

Ton sourire disparaît, disparaissant pour laisser place à un air désolé. Tu te montres gênée, attristée. Et le mensonge tombe, claquant contre tes lèvres.

— Je suis désolée pour le retard, tu sais. Je ne voulais pas te faire attendre mais … le travail ne m'a pas laissé le choix. Je suis si désolée, Babe.

Le travail est une excuse, tout comme votre couple. C'est un tissu de mensonges auquel vous vous accrochez. Tes doigts blanchiraient presque à force de le retenir. Tu devrais lâcher prise, arrêter de faire semblant. Mais Babylone est roi et tu tu veux reine. Le regard du bas peuple compte plus que ton estime de toi, que tes mains salies par la peinture et l'encre qui noircissent ta peau. Noiraude de corps, noiraude de cœur. Tu ne t'es jamais sentie si laide que lorsque tu brilles aux yeux des autres, Chidori. Cette pensée te répugnes et tu ne peux pas t'empêcher de passer à autre chose. D’accélérer les faits, la rencontre. Tu te veux dans cette chambre, dans ce stupide hôtel.

— Mais oui, allons-y. J'ai vraiment hâte d'y être, tu sais

Tu te veux hors de l'île, à pouvoir être toi.
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Dim 17 Juil - 14:14
Les rideaux écarlates avaient défilé dans un long gémissement mécanique des courroies pour dévoiler les deux acteurs sur la scène se détachant dans la clarté des projecteurs. Les mots s’échangèrent comme les sourires du bout des lèvres et les œillades timides du coin des yeux en des répliques vide de sens parfaitement exécutés sous les regards silencieux des spectateurs. Ils s’accrochaient à leurs paroles, à la passion timide et maladroite dans leurs gestes hésitants. Tout semblait si naturel, si peu prémédité alors que même la plus infime courbure avait demandé un calcul minutieux pour que tout semble si vrai alors que tout n’était que si faux.

« Je suis désolée pour le retard, tu sais. Je ne voulais pas te faire attendre mais … le travail ne m'a pas laissé le choix. Je suis si désolée, Babe. »

Babylone esquissa un sourire tendre : elle serait parfaite. Chidori serait une marionnette idéale, elle n’était qu’une pierre brute pour l’instant, ternie mais, il la polirait, il la sculpterait et il la façonnerait comme on l’avait fait lui pour en faire une œuvre d’art. Il lui insufflerait la vie dans ses gestes froids, il lui donnerait les mots et l’intonation, il susciterait la passion du bas peuple pour cette princesse de glace et il l’érigerait en reine. Après tout le plus grand devoir d’une souveraine était de se montrer, d’être adulée et respectée comme elle était crainte, de s’élever au-dessus de la bassesse du commun tel une idole. De ses doigts habiles, il ferait de Chidori un chef d’œuvre, son plus beau tableau.

« Mais oui, allons-y. J'ai vraiment hâte d'y être, tu sais. »

Chidori transcenderait l’humanité pour prendre place à ses côtés, comme une énième parure qui voilerait sa chair mutilée.

« Ce n’est pas grave, l’important c’est que tu sois là, avec moi…»

Babylone glissa finalement ses doigts le long de son bras, effleurant à peine la peau nue, jusqu’à la main délicate qu’il saisit affectueusement mais, avec fermeté. Il laissa échapper un coup d’œil prudent presque embarrassé comme si son cœur d’homme frappait avec violence contre sa poitrine, que ses mains suintaient d’une sueur nerveuse, que son contact le retournait de l’intérieur en une décharge électrique, une tornade sentimentale ; faisant de lui un amoureux transi, un amant craignant d’être éconduit, un prétendant gêné par sa propre audace alors que Babylone n’avait jamais aimé que la perfection de son propre visage, qu’il se changeait en une fleur blanche délicate. Babylone s’était perdu dans son reflet, noyé dans son orgueil.

Babylone s’élança vers les arcades, entrainant sa poupée de cire avec lui, les doigts tendrement entremêlés. Comme un roi, comme une reine, ils se devaient de parader devant leurs sujets, de leur peindre la douceur de leurs vies privilégiées et l’éclat de leur bonheur ; de les laisser projeter leurs fantaisies et se nourrir de leurs fantasmes. Ainsi naissaient les plus grands, qui se mêlaient aux plus communs pour ne s’en démarquer que d’avantage, que pour accentuer leur grandeur sur les petites gens. Personne ne pouvait les ignorer, personne ne les ignorait à vrai dire : dans son dos, Babylone sentait avec bonheur la foule les scruter, les visages se retourner à leur passage.

« Par quoi veux-tu commencer Chido ? »

Il avait posé toute son attention sur elle, pour lui dévoiler une nouvelle fois un sourire bienveillant – que d’heures avait-il passé à le parfaire pour supprimer toute la laideur de son cœur en une façade lisse et brillante. Cependant, il se rapprocha lentement d’elle jusqu’à ce que leurs bras s’effleurent pour se pencher jusqu’à l’oreille de la jeune fille, les yeux à demi clos, les lèvres collées à son hélix. Il observait leur reflet dans la glace à l’entrée d’amants frivoles, de cette promesse murmurée, de ces mots doux échangés qui n’appartenaient qu’à eux seuls, beaux comme un tableau.

« Détends-toi Chidori, tu es parfaite. Ne lâche pas ma main et tout va bien se passer. Après tout, je suis à toi comme tu es à moi n’est-ce pas ? »
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Jeu 11 Aoû - 11:54
Une ébauche lente à venir

feat. babylone

— Ce n’est pas grave, l’important c’est que tu sois là, avec moi…

Tu retiens ton frémissement, l'infâme sentiment te dévorant de l'intérieur. Tu sais ces mots mensonges, princes des cœurs. Tu sais que si tu le pouvais, si tu le voulais, tu le pousserais à s'éloigner de toi, à te laisser. Te laisser vivre, respirer. Mais c'est toi qui t'étouffe, Chidori. Tu es celle qui t'étrangle dans ta propre couverture, à vouloir faire la grande dame plutôt que l'étudiante idéale. Le dégoût de soi, en soit. Vos mains qui s'attachent et qui se serrent. Alors, tu te sens obligée. Obligée de jouer à ce jeu infâme rempli de mensonges. Tu lèves la tête vers lui, vos yeux se croisant, s'attrapant. Tes fines lèvres se tordent un léger sourire, que tu espères gênée. Au fond, tu te sens comme le Joker, le visage écorché par tout cette scène. Mais l'acte n'est pas fini et le publique se doit d'être ravi de votre performance. C'est pour cette raison que tu te laisses guider par le roi du monde, que tu ne dis rien et que ta main ne se veut pas violente. Tu y as mis de la délicatesse, Chidori, ainsi que quelques doux sentiments qui ne sont à l'origine pas pour lui, mais pour toi-même.

— Par quoi veux-tu commencer Chido ?

Abréviation infâme, comme le reste de votre parade. Néanmoins, tu y es habituée. Tu te montres sous ton meilleur jour, comme d'habitude, afin que les gens te jalousent, qu'ils veuillent être à la place de ta vieille coquille vide et cassée. Tu lances quelques regards par-ci et là, vers ses personnes qui ne peuvent pas détacher le regard de vous. Et ton regard dit long. C'est toi qui est ici et non eux. C'est ta main qui est serrée dans la sienne et non pas la leur. C'est toi la reine et eux sont les gueux. Ils le savent tout comme tu le sais alors que le sourire sur le visage de Babylone apparaît. Il est le charme incarné, talentueux acteur qui te fait de l'ombre tout comme tu rayonnes bien plus à ses côtés. Peau contre peau, souffle contre oreille. Les mots résonnent entre vous, intime secret qui flotte dans l'air.

— Détends-toi Chidori, tu es parfaite. Ne lâche pas ma main et tout va bien se passer. Après tout, je suis à toi comme tu es à moi n’est-ce pas ?

Tu laisses échapper un rire cristallin, aussi faible que sa voix. Tu tournes ton visage vers lui, si doucement qu'on pourrait presque croire que tu es un de ces mimes que l'on trouve dans certaines villes. Il veut des promesses, des paroles d'appartenance. Ce n'est pas des mots d'amour qu'il réclame, juste de quoi prouver que tu es sienne tout comme il est tien, ainsi que vice-versas. Et ce n'est pas le cas, car tu n'es guère à lui. Situation puérile qui fait plus battre le cœur des spectateurs que le votre. Ils n'entendent pas vos messes basses, mais la façon dont vos gestes parlent laisse croire à de l'amour sincère, timide et partagée.

— Je suis à toi de la même manière que tu m'appartiens, Babe.

Car ni l'un ni l'autre ne vous appartenez vraiment. Ce n'est qu'une façade collant au décor, choix stratégique du metteur en scène. Les mots sont pensés, travaillés, afin que le publique soit persuadé que tout cela est vrai. Et tu es persuadée qu'il l'est. Ta main libre vient se poser sur l'autre avant bras du blond, avec un peu d'hésitation, suivant le mouvement de ton corps qui se décale pour lui faire face. Tu te mets sur la pointe des pieds, l'espoir de te rapprocher afin de partager un autre moment qui est plus aux autres qu'à vous. C'est dans un souffle que tu parles, dans un souffle que nul autre ne peut entendre.

— Fais-moi rêver, chéri. Montre-moi ô combien tu es doué.

La malice dans ton regard, le venin à peine audible dans le surnom affectif que tu lui donnes. Tu n'es pas très bornes d'arcade de toute façon, alors autant qu'ils choisissent son arme plutôt que toi. Tu es là pour l'applaudir, pour le féliciter, si ce n'est pour l'encourager face à une machine pré-programmée. Tu es là pour faire la belle, Chidori, c'est ta place dans votre relation, après tout.
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Jeu 25 Aoû - 13:36
« Je suis à toi de la même manière que tu m'appartiens, Babe. »

Un rictus de satisfaction jaillit aux commissures de ses lèvres brisant ses traits de statue parce qu’il savait qu’elle savait, malgré ses gestes timides et hésitants, autant que lui leur promesse respective, leur entente mutuelle pour étinceler avec plus de forces que l’astre solaire. Ils enluminaient la pièce toute entière, les yeux, les visages misérables, les tracas d’un quotidien anodin et routinier d’une morosité laide, grise, en plastique et en bitume. Ils étaient de parfaits produits de consommation exposés dans une vitrine resplendissante, des diamants taillés dans couffin de velours et elle le savait. Elle le savait et était enfin rentrée en scène sous ses longs cils de reine pour que l’on ne voit plus qu’Elle, que toutes les bouches ne scandent que son nom, qu’elle existe dans toutes les fantaisies, les chimères. Chidori éternelle, immuable, Chidori étincelante, rayonnante.

Et tout à lui, elle était aussi farouchement qu’elle puisse le nier;  derrière leurs rires d’enfants, Babylone tirait lentement les ficelles de sa gloire, de son prestige pour en faire une idole, une muse. Ses sourires et ses yeux doux, ses mots vides, tout lui appartenait car méticuleusement, il les façonnerait à son image.

Car lentement, Babylone se mourrait, Babylone disparaissait dans sa propre cage dorée et seule Chidori substituerait de son souvenir alors peut-être lui permettrait-elle d’atteindre l’immortalité qu’il avait tant contemplé. La perfection de Babylone vivrait à travers Chidori jusqu’à la dernière seconde, l’irrévocable soupire avant la chute dans les méandres de son humanité puribonde. Car Chidori serait son œuvre, son dernier coup de pinceau pour effleurer ne serait-ce que des yeux le divin, transcender son statut de mortel, abattre son dernier coup le plus superbe à la Mort.

« Fais-moi rêver, chéri. Montre-moi ô combien tu es doué. »

« Alors je te montrerai les étoiles. »

Ses yeux s’éclaircirent de malice tandis qu’il répondit à l’emporte-pièce cette réplique déjà toute faite. Du bout des lèvres, il déposa un baiser tendre sur les cheveux jais de son œuvre, juste l’espace d’un instant avant de se redresser car oh déjà cela était trop. C’était Babylone au sommet de son art, de leurs échanges furtifs et de leurs yeux qui disaient tout, de leur peau l’un contre l’autre, du souffle délicat de Chidori contre sa joue qui le faisait légèrement frémir comme un adolescent. Et dans ses yeux à elle, pour quelques heures seulement, il n’y aurait que lui Babylone, le roi des rois, le prince des princes, l’enfant né entre les tiges de tournesol ou peut-être le fils du soleil. Babylone si brillant, incandescent qu’il brûlerait tout, jusqu’au moindre lambeau de sentiment.

Juste pour elle, Babylone se devait de livrer une représentation si parfaite que personne, pas même-lui n’aurait su percer la vérité. Car elle le regardait et Babylone brillait, de toute son arrogance, de toute sa vanité d’être vu. Il déployait ses longues ailes pour s’envoler, s’élever au-dessus bien au-dessus de ceux qu’il fixait d’un œil dédaigneux car Babylone ô Babylone se sentait être le seul, l’unique. Pour un instant, il saisissait de ses doigts brisés l’absolution de sa propre existence.

Alors, il lui montrerait les étoiles et les astres, les confins de l’Univers, les trésors et les mystères de l’inconnu pour qu’ensemble, ils touchent à ce qu’aucun homme avant eux n’avait ne serait-ce imaginer.

« Pourquoi pas…un maimai ? » Il pointa du doigt le jeun de rythme puis, glissa dans sourire en lui tendant un jeton : «  C’est mon dernier. Je vais en chercher d’autres mais, essaye si tu veux. »
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Kinmokusei

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MessageSujet: Re: (babe) “une ébauche lente à venir” Mar 6 Sep - 23:13
Une ébauche lente à venir

feat. babylone

Tu penses plus que tu n'agis, car une simple erreur de comédienne et tout s'écroule. Il suffit d'un mauvais pas pour que la danseuse étoile soit blessée, brisée à vie. Et ça, tu sais très bien que Babylone ne le pardonnera pas. Car tu appartiens à son règne, à sa scène, docile actrice qui partage l'affiche. Il s'agit de ne pas dégrader la performance de l'autre, de laisser croire au monde que tout ceci est vrai. Il est vrai pour eux, pour ces gens que vous ne côtoyez pas. Alors, lorsque ses lèvres se déposent sur ta crinière noire, tu étires tes lèvres de manière délicate. Mensonge infâme. C'est le dégoût en toi, celui qui bouille et qui t'étouffes si fort à t'en asphyxier l'esprit.

Il fait son élégant, son bien élevé. Toutes ces petites choses pour un simple jeton. Pourtant, tu fais comme si tu étais touchée, mais à la place de le prendre, tu refermes sa main avec les tiennes, le regard plongé dans le sien. Tu refuses l'ultime présent, non pas par défi, mais par intelligence. Parce que tu ne sais pas jouer à ce genre de choses, Chidori, et que tu doutes que le monde est enfin prêt à te voir te ridiculiser là-dessus. Alors, tu fais semblant. Tu fais la tendre, celle qui est touchée. Tu prends cette petite voix, presque misérable, mais à la fois charmeuse.

— Je viens avec toi !

Tu y mets un peu de précipitation, pour le vrai. Tu montres que tu es désespérée de lui, pour lui, et que tu ne veux pas qu'il te laisse. Ou tout du moins, tu fais croire à ces gens qui vous observent. Tu masques tes défauts à travers un amour faux. Tu fais comme si c'était naturel d'attendre son petit ami, de ne pas prendre du plaisir toute seule. Mais ce n'est pas vrai, c'est juste pour l'image, tout cela. Une fois de plus, tu essaies de gonfler l'estime que les autres ont de toi. Tu le fais avec des gestes, des mots, mais aussi ces sentiments immondes que tu factices pour lui, Babylone, l'homme aux milles splendeurs de l'être de laideur.

— Je ne suis pas venue ici pour jouer, après tout, mais pour passer du temps avec toi.

Et c'est la vérité qui résonne. Il n'y a pas besoin de mensonges pour cela. Tu es là pour être vue en sa compagnie, non pas pour faire l'idiote. Car que serait une reine stupide, si ce n'est une manipulable personne ?



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(babe) “une ébauche lente à venir”
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